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mis à jour en septembre 2021

La COP26 est-elle la conférence du changement ?

Jade Goumard
Sommaire

En cette fin d’année se tient la 26e conférence des parties, également appelée COP26. Elle fait suite à la COP25 de 2019, en Espagne, et porte avant tout sur la question du changement climatique. Just another big event ? Ou, au contraire, une réunion porteuse d’une nouvelle dynamique ? Carbo vous en dit plus sur cet événement !

Comprendre en 50 secondes les enjeux de la COP26.

Ce qu’il faut savoir sur la COP26

Quel est l’objectif de la COP26 ?

Accélérer la mise en place d’une trajectoire zéro émission pour 2050, voilà le but premier de cette discussion internationale. La limite des 1,5 °C peut être tenue si et seulement si, des mesures particulièrement ambitieuses sont prises de manière immédiate. 

Les infos pratiques

Où se déroule la COP26 ?

La métropole écossaise Glasgow accueille du 1er au 12 novembre 2021 la 26e conférence des Parties. C’est en effet le Royaume-Uni qui se chargera de la présidence du sommet, en partenariat avec l’Italie. Une réunion a été organisée au mois de juin 2021 pour préparer l’évènement. Durant 2 semaines, les ministres de l’Environnement et les représentants des 51 pays membres se sont réunis au Royaume-Uni, pour s’accorder sur les enjeux principaux. Ils négocient également le « résumé pour les décideurs », issu du rapport publié par le GIEC. Et ce, ligne par ligne. 

🖐 Ce résumé est la phase finale de l’évaluation qui associe les politiciens. Sous le contrôle des scientifiques (auteurs du texte), ils examinent et adoptent ligne par ligne la synthèse des rapports. De quoi conférer un caractère « universel » au document.

Le Royaume-Uni en mauvaise position

Avant la tenue de la COP26, la pression est montée à Londres, en particulier avec la publication de certaines études. Le Comité sur le changement climatique (CCC), un organisme indépendant, a publié une analyse 5 mois avant l’événement. Il indique le manque et la faiblesse des mesures prises par le gouvernement britannique pour limiter le réchauffement climatique.

Londres et la COP26

« Qu'il s'agisse du Nord ou du Sud, nous partageons tous la même planète et devons relever ensemble le défi des changements climatiques. »

Alok Sharma (président de la COP26)

L’étude de WWF et de Greenpeace indique également la difficulté du Royaume-Uni à prendre les décisions pour assurer la neutralité carbone d’ici à 2050 fixée par l’Accord de Paris. Plus précisément, la City « financerait » le double du CO2 émis par le Royaume-Uni. 

Quels sont les acteurs présents ?

L’ensemble des Etats signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le ministre britannique chargé des Entreprises, de l'Énergie et de la Croissance propre, Alok Sharma, préside l'événement. 

Depuis juin 2021, les participants peuvent s’inscrire pour participer à la COP26. L’ouverture anticipée des inscriptions a notamment pour but d’inciter les inscrits à se faire vacciner contre la Covid. Car, comme le souligne Alok Sharma,  « pour que les discussions de Glasgow soient réussies, il faut que des représentants de toutes les régions du monde soient physiquement assis autour de la même table ».

Lors de la COP16 à Cancún, un Comité d’adaptation (CA) a été créé afin de fournir un soutien et des conseils techniques aux Parties. Ce comité promeut donc la mise en œuvre d’actions renforcées pour l’adaptation, cohérente à la CCNUCC.

Le programme de la COP26

Les grandes thématiques abordées lors de cette discussion - et ce sur quoi le gouvernement britannique travaille actuellement - sont : 

  • Adaptation et résilience : ce point intègre l’idée que pour parvenir aux exigences fixées lors de la COP21, des politiques nationales adaptées à l’évolution du climat doivent être prises.
  • Nature : il faut coordonner les ambitions en matière d’environnement et de biodiversité, car l’un ne va pas sans l’autre. Le rapport d’évaluation de la biodiversité mondiale estime qu’un des principaux facteurs de la perte de la biodiversité est le réchauffement climatique. La COP15 sur la biodiversité qui a lieu en octobre 2021, n’est pas sans lien avec la COP26. 
  • Transition énergétique : l’utilisation progressive d’une énergie décarbonée est une question d’adaptation sectorielle. Pour être à la hauteur de l’ambition, il faut arriver à décarboner les secteurs de l’industrie lourde notamment. Deux axes sont nécessaires :
    - Réduire les GES durant la décennie 2020-2030
    - S’appuyer sur une dynamique politique, comme l’appel de Pékin en 2019 sur la conservation de la biodiversité. 
  • Transport routier propre : la décarbonisation du secteur du transport est également un sujet primordial de ce sommet. 
  • Finance : financer les pays du Sud, entamer des plans de relance « verts » et alléger la dette sont des solutions pour ne pas faire dérailler la COP26. La difficulté pour mobiliser 100 milliards de dollars est notoire. Or, l’ambition climatique dépend du soutien aux territoires en difficulté. 
Checklist COP26

COP26 : just another conference?

La petite histoire

Comment en est-on arrivé là ? 

Tous les 10 ans ont lieu ce qu’on appelle les Sommets de la Terre. La première a eu lieu à Stockholm en 1972 : c’est la première prise de conscience globale sur le sujet de la protection de l’environnement. A ce même moment sont créés le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), puis le GIEC (1988). 

🖐 Le PNUE coordonne les politiques prises par les NU dans ce domaine, et aide les gouvernements à développer leurs politiques environnementales. 

Au 3e Sommet en 1992, la cause anthropique de l’augmentation des températures est affirmée et la CCNUCC créée. Entrée en vigueur en 1994 et ratifiée en 2015 par 195 nations, cette convention repose sur 3 axes majeurs :

  • Principe de précaution : même en l’absence de certitude scientifique, il faut prendre des mesures pour prévenir de potentiels dommages.
  • Principe de responsabilités communes mais différenciées : tout le monde est concerné par le réchauffement global mais n’est pas responsable de la même manière. Ce principe pose la distinction entre pays en développement et développés.
  • Principe du droit au développement : les territoires les plus pauvres doivent pouvoir accéder aux ressources nécessaires pour se développer.

Les Parties, se retrouvent donc une fois par an pour :

  • Fixer des accords sur la baisse des émissions anthropiques ;
  • Évaluer l'évolution des engagements et l’application de la CCNUCC.
Comment parvenir à un accord mondial ? 

Pour ratifier un accord, il faut embarquer au moins 55 États membres, et que ces signataires portent ensemble plus de 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre

Les résultats clefs des précédentes conférences 

Toutes les conférences des Parties n’ont pas connu un succès égal. 

La COP3 en 1997 a donné naissance au Protocole de Kyoto - dont le succès reste. Beaucoup d’espoir portait sur la COP15 de Copenhague. Seules quelques promesses sont prises comme celles d’énergies renouvelables et de ne pas dépasser une augmentation des températures globales de plus de 2 °C. Ce n’est qu’en 2015 que des décisions et des mesures plus contraignantes sont enfin prises. C’est évidemment la fameuse et la réputée COP21, avec la ratification de l’Accord par 195 nations et qui établit les objectifs suivants : 

  • Réduire la production de gaz à effet de serre et augmenter l’utilisation des sources d’énergie renouvelable. Mais les énergies fossiles n’ont pas été vraiment mentionnées, ce qui a été fortement critiqué par Attac notamment. 
  • Maintenir l’évolution de la température globale de la Terre en-dessous de 2 °C (en s’efforçant de la limiter à 1,5°C). L’unique problème est que ce sont les Parties qui définissent leurs objectifs
  • Examiner tous les cinq ans la progression 
  • S’appuyer sur le principe de “responsabilité commune mais différenciée” : les pays du Nord ont une responsabilité historique plus forte. Ils ont atteint plus vite un fort niveau de développement et d’industrialisation, contrairement à ceux du Sud.
COP26 : frise des évènements à retenir

Et le GIEC dans tout ça ?

Qui en fait partie ?

Le groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) est composé de scientifiques internationaux et de délégués représentant les 195 pays membres (appelés parties). Des sessions plénières sont organisées 1 à 2 fois par an et réunissent tous les membres, afin de délibérer sur les questions importantes. Chaque membre dispose d’une voix. Durant la 42e réunion en 2015, les membres du bureau ont été élus pour un cycle de 5 à 7 ans - durée qui équivaut à l’établissement d’un rapport d’évaluation. Le bureau se compose de 36 membres :

  • Un président : l’économiste et professeur sud-coréen Hoesung Lee, préside depuis le 6 octobre 2015 ;
  • 3 vice-présidents : Ko Barrett (Etats-Unis), Thelma Krug (Brésil) et Youba Sokona (Mali) ;
  • Les bureaux des 3 groupes de travail :
    • Un bureau qui étudie les aspects scientifiques du changement climatique ;
    • Un autre qui étudie les conséquences, la vulnérabilité (soit la gestion des risques) et l’adaptation (c’est-à-dire les stratégies et les mesures prises) ;
    • Un dernier bureau qui étudie l’atténuation du changement climatique. Ce sont les actions prises pour réduire la production humaine de GES ;
  • 2 co-présidents de l’équipe spéciale, qui fait les inventaires nationaux des GES. 

Et...que fait le GIEC ? 

Le groupe aide les politiciens à prendre des mesures contre l’augmentation des températures globales. Les membres reprennent des milliers d’études pour en dégager les grandes orientations. Tous les 5 à 7 ans, ils publient une synthèse des recherches et des études effectuées par les scientifiques du monde entier. Le but est donc de parvenir à un consensus au sein de la communauté scientifique internationale, pour aider au bon déroulement des discussions. 

Etudier des rapports du GIEC

La prochaine étude devrait être publiée courant février 2022, et s’annonce plus inquiétante que les précédentes. « C'est une véritable sonnette d'alarme, une vraie incitation à agir à travers la redéfinition de nos modes de vie et de consommation » déclarait Aurore Mathieu de Réseau Action Climat. Cette évaluation ne doit pas être considérée de manière pessimiste et uniquement catastrophiste, mais comme une injonction qui pousse à agir dès maintenant ! 

Pourquoi les COP ? 

Depuis le milieu du XIXème siècle, les températures ont augmenté en moyenne de 1,1 °C. Les retombées sont certainement irrémédiables. « Même à 1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s’adapter ». Il faut donc une concertation mondiale afin d’enrayer la dangereuse trajectoire prise par nos activités humaines. Les scénarios et prévisions alarmants des rapports de 2007 et 2014 le confirment. Une montée de 10 à 80 cm de niveau de la mer est à prévoir d’ici 2100, si l’on n’agit pas. 

Que peut-on espérer de la COP26 ?

Les enjeux de la COP26 à l’échelle mondiale

À chaque événement, un nouvel espoir d’une évolution émerge. Mais depuis les discussions de  2015, les aspirations sont déçues. Avec l’atténuation de la crise sanitaire, la sensibilisation accrue du public à l’environnement et sans oublier la réintégration des États-Unis, les attentes pèsent sur la COP26. Suite à la COP25, les États signataires se sont engagés à présenter leurs projets pour réduire les émissions de CO2. L’Union européenne a déjà préparé sa stratégie. Les Vingt-Sept s’engagent à réduire leur production de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030 (en reprenant les données de 1990). Ce pacte vert ou Green New Deal, présenté au moment de la conférence, vise à atteindre une neutralité carbone collective d’ici 2050. 

Mais globalement, les avancées sont faibles depuis la COP21. Très peu de pays ont rendu leur plan climat. C’est pourquoi la COP26 à Glasgow est si importante. Une belle occasion de revenir sur les points essentiels de l’Accord de Paris, et de mettre en place des actions concrètes et plus ambitieuses pour réduire les GES. 

"Nous ne sommes pas en bonne voie pour respecter l'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +1,5 °C."

Patricia Espinosa
(responsable climat à l’ONU)

Les enjeux de la COP26 pour la France

Désignée co-présidente du Fonds vert pour le climat, la France est un des pays qui émet le moins de CO2. Bien que cela fasse débat, c’est avant tout dû à son électricité d’origine nucléaire : la part française ne représente que 0,9% des émissions dans le monde. Des mesures sont prises en parallèle : la réglementation environnementale 2020 par exemple, vise la performance énergétique et la baisse de la consommation des bâtiments neufs. Les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, qui ont permis d’avancer sur différents sujets. Ou encore la très décriée loi Climat et Résilience adoptée le 20 juillet dernier. Elle s’inscrit dans les engagements de l’Accord de Paris et dans le plan de relance porté par le gouvernement.

Ces avancées en France sont notables. Mais elles ne suffisent pas. 

Accord

Continuons d’engager nos citoyens et nos entreprises !

Pour atteindre les buts fixés par les grands textes et les grands accords mondiaux, il faut que le plus grand nombre se sente concerné. Et se sentir concerné, c’est avant tout agir au quotidien. VOUS avez la possibilité d’agir en diminuant votre empreinte carbone individuelle. Que vous soyez citoyen ou une entreprise, les solutions de Carbo vous permettent de mesurer votre impact et de connaître les points d’amélioration possibles. Nul besoin d’attendre la décision des Grands : les moyens d’agir se trouvent déjà entre vos mains.

Jade Goumard
Content Manager chez carbo
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