Festival d'Avignon : 5 pièces à voir pour booster son moral

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màj en juillet 2024

La 78ème édition du Festival d’Avignon se tient jusqu’au 21 juillet, dans un contexte on ne peut plus particulier. Décalé à cause des Jeux Olympiques, le festival s’ouvre dans l’incertitude des élections législatives et leur impact sur l’écologie et le monde de la culture. Le directeur très engagé du IN, Tiago Rodrigues, l’a martelé : quels que soient les résultats, il fera de sa programmation un espace de résistance. Au programme des trois semaines, 1 666 pièces dans le OFF, 35 dans le IN, des débats, des expositions... Carbo a sélectionné 5 spectacles pour penser – et panser – le monde qui vient.

Terminal (L’État du Monde) - théâtre

© Estelle Valente
© Estelle Valente

Ne vous fiez pas à son titre définitif, cette création franco-portugaise d’1h30 signée Inês Barahona et Miguel Fragata nous demande avec espoir si la crise climatique n’était pas avant tout une crise de l’imagination. Sur scène, six personnages, deux musiciens et quatre comédien·nes se croisent dans une atmosphère rappelant l’univers de Samuel Beckett. Au milieu du plateau, une immense racine occupe l’espace, engloutissant les objets qui l'entourent. Une chanteuse guide la troupe au fil de ses questionnements car ici, le terminal est autant une point d’arrivée que de départ. Les deux auteurs de la pièce ont pour particularité de penser un théâtre de terrain, issu de recherches où ils écoutent « sur un sujet donné, de grands spécialistes, et monsieur et madame Tout-le-Monde ». Ce spectacle est d’ailleurs le deuxième volet d’un diptyque entamé en 2021 avec L’État du monde (Un dur réveil), à destination du jeune public, qui interrogeait les relations entre des petits gestes du quotidien et leurs conséquences sur le climat à travers plusieurs récits d’enfants. En 2024, Terminal s’adresse aux adultes avec toute la philosophie qui infuse le travail de ses créateurs.

Du 15 au 21 juillet, au Cloître des Célestins à 22h00. Infos.

Tropique du Képone - danse

© Eloise Legay

Connaissez-vous le scandale du chlordécone, ce pesticide depuis longtemps identifié comme hautement toxique et pourtant utilisé jusqu’en 1993 en Martinique et en Guadeloupe? Le 29 février dernier, l’Assemblée nationale a voté la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans cette pollution. Une mince consolation pour une affaire qui impacte toujours, trente ans après, des milliers de personnes, entre explosion des cancers et contamination de la biodiversité locale. Les chorégraphes Marlène Myrtil et Myriam Soulanges, originaires de ces territoires sacrifiés nous invitent à vivre le choc de ces empoisonnements sur les corps et les imaginaires. Pour leur deuxième création commune, après Principe de précaution en 2014, le duo se revendique à nouveau de l’esprit afro-futuriste en conjuguant leur espoir pour l’avenir à l’indignation via des archives radiophoniques, textuelles, télévisées et des articles scientifiques.

Du 10 au 14 juillet, Chapelle du Verbe Incarné à 11h45. Infos.

Kermesse - théâtre

Le monde s’écroule alors dansons. Dansons… la chenille. La convocation des souvenirs nichés dans ces huit lettres en crispera certains et certaines, les autres se laisseront tenter par les 2h20 de ce spectacle absurde dans lequel 18 comédiens envoient constamment valser le quatrième mur. Le public est mis à contribution pour explorer nos peurs du ridicule : « Qui l’eût cru ? La chenille serait un sujet politique, sociologique et écologique. C’est une danse où des gens qui ne se connaissent pas, se prennent par les épaules, regardent dans le même sens et deviennent un peuple ». Sur scène, tout démarre par la préparation d’une performance queue leu-leu où les acteurs expriment leur point de vue. Chenille or not chenille ? Les échanges tournent au pugilat foutraque et mêlent des références antinomiques de la Bande à Basile au Masque et la Plume, en passant par Philippe Katerine, Pina Bausch, Jean Anouilh et Les Choristes. Alors, la chenille sauvera-t-elle le monde ? À tout du moins, elle décrochera quelques rires. 

Du 4 au 21 juillet, La Manufacture à 20h20. Infos.

Une ombre vorace - théâtre itinérant

Une ombre vorace, photo de répétition © Sebastián Arpesella

La pièce s’inspire de la vie du fils d’un mythique alpiniste français, Jean-Pierre Vidal, disparu lors de son ascension de l’Annapurna au Népal et qui choisit 30 ans plus tard de refaire ce chemin fatal. Un réalisateur décide alors d’adapter cette histoire au cinéma et c’est le début d’une juxtaposition du réel avec la fiction. D’un côté, les monologues de l’acteur choisi pour incarner le père décédé, et de l’autre, ceux du fils, lui, bien vivant et porteur d’un lourd héritage. En 1h30, le dramaturge argentin Mariano Pensotti explore les liens familiaux et confronte les tensions entre l’intime et le commun qui remontent au fur et à mesure de l'ascension ; un écho à la montagne rappelant les corps ensevelis à la surface à cause de la fonte des glaces. Dans cette création à la fois métaphorique et proche du faux-documentaire, la scénographie est volontairement modeste pour s’adapter au changement quotidien de lieu de représentation. Comme l’explique l’auteur : « Il est très important de bien réfléchir à ce que signifie créer une pièce pour les villages, une pièce qui n’est pas vouée uniquement à une diffusion dans les grandes villes ». Une balade aux sommets au cœur de la Provence.

Du 2 au 20 juillet, dans les environs d’Avignon à 20h00. Infos.

Fata Merda - arts du cirque

« La puanteur âcre de notre finitude n’en finira pas de nous émerveiller ». Voici comment les deux autrices et comédiennes présentent leur pièce sur le site du festival Off. Mathilde Courcol-Rozès et Claire Faugouin-Vié, dont le nom de troupe évocateur n'est autre que Tout n'est pas perdu, sont des clowns modernes, inspirées par la performance, le drag et le stand-up sans oublier l’héritage du genre. Dans Fata Merda, le duo propose une expérience de magie divinatoire pour conjurer l’apocalypse. Ces deux fées au nez rouge ont un secret : elles lisent l’avenir dans les déchets. Il y a de quoi faire ! Face à l’ambiance fataliste de notre époque, elles délivrent une prophétie trash et salvatrice sur les rebuts de nos sociétés dans un décor fait de récup’. Mais malgré toutes leurs bonnes intentions, rien ne se passe comme prévu et celles qui se voulaient sauveuses se transforment en oiseaux de malheurs burlesques. Une troupe 100% féminine de l’écriture, à la mise en scène, jusqu’à l’ingénierie. 

Du 6 au 21 juillet, Chapelle des Antonins//LA FACTORY à 22h30. Infos.

Alexia Luquet
Journaliste indépendante et réalisatrice vidéo, le travail d’Alexia Luquet pose depuis huit ans son regard aux croisements de l’art, du social et de la planète, avec un œil - critique - sur l’innovation. Ses reportages l’ont emmenée vers des territoires peu couverts en Europe et d’autres plus lointains au Bangladesh et à Hong Kong. Elle consacre également du temps à enseigner l’éducation aux médias et à l’information.
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