




pax ingénierie est un bureau d'études Tout Corps d’État du secteur du bâtiment et des travaux publics. Poussée par des motivations réglementaires, business mais aussi pour son engagement environnemental déjà établi via un comité RSE, la société normande a réalisé son bilan carbone à deux reprises aux côtés de Carbo. La mesure de son impact carbone, loin d’être un coup d’épée dans l’eau, a été couplée avec le challenge Ma Petite Planète pour engager l’ensemble des collaborateur·rice·s dans la démarche. Nous interrogeons Céline Guillot, responsable administrative et membre du comité RSE, sur la manière dont l'entreprise s'y est prise et ce qui a fonctionné.
pax ingénierie est un bureau d’étude qui se compose de plusieurs cellules qualifiées pour réaliser l’entièreté d’un chantier (Structure, Economie de la Construction, Fluides, VRD). Concrètement, grâce à ses 25 collaborateur.ice.s, principalement des profils ingénieurs et dessinateurs-projeteurs, l’entreprise dimensionne et conçoit différents types de bâtiments. Elle opère principalement en Normandie et sur Paris et sa région avec une forte appétence pour les projets culturels (musées, médiathèques, conservatoires, etc).
Le secteur du bâtiment s’engage dans une transition vers la neutralité carbone, portée par les réglementations thermiques et par les maîtres d’ouvrage, qui intègrent désormais des pratiques durables (réemploi, gestion des déchets, chantiers à faibles nuisances) comme leviers de performance. Anticiper ces évolutions réglementaires et accompagner leur application permet de les transformer en opportunités concrètes, au service du développement durable.
La démarche RSE est désormais déterminante dans les appels d'offres. Mettre en place une démarche carbone structurée, appuyée par des données chiffrées et un plan d'action concret, permet de répondre avec des éléments tangibles là où d'autres bureaux d'études restent parfois sur des déclarations d'intention. Sur une note de 100, ce sont des points qui font la différence dans le classement d'une offre !
💡 La loi Climat et Résilience imposera, à partir du 21 août 2026, qu'au moins un critère environnemental soit pris en compte dans l'attribution des marchés publics en France.
En plus de rendre l’entreprise plus désirable sur les marchés publics et privés, un bilan carbone est désormais un argument supplémentaire dans la relation avec les établissements financiers. Un impact direct sur la note bancaire a également pesé dans la balance pour pax ingénierie. En effet, la démarche de décarbonation influence directement la note bancaire pour certaines enseignes, qui seraient alors plus aptes à débloquer des fonds en cas de besoin. C’est d’ailleurs suite à un échange entre le PDG et sa banquière que pax ingénierie a décidé de lancer une démarche de bilan carbone.
“Le fait d'avoir fait un bilan carbone de nous-mêmes, de l'avoir publié et de pouvoir donner les chiffres est vraiment un avantage concurrentiel”, Céline Guillot.
Avant même de réaliser son bilan carbone, la société avait déjà un comité RSE actif depuis quatre ans. L'idée a immédiatement fait sens avec la démarche RSE déjà engagée et le comité a adhéré tout de suite. C’est un exercice accessible, pas aussi poussé qu’une labellisation EcoVadis par exemple, jugée trop lourde pour une structure de 25 personnes selon Céline Guillot. La stratégie RSE a été calibrée sur ce qui était réellement soutenable à l’échelle de l'entreprise avec l’outil Carbo intuitif et éthique.
Le bilan carbone a mis en évidence deux postes émetteurs sur lesquels pax ingénierie pouvait le plus agir : le transport et l'alimentation.
Sur le transport, l'enjeu vient notamment des déplacements pour les visites et réceptions de chantier ainsi que les diagnostics en lien direct avec le client. Ce sont des étapes quasi systématiques dans le métier. Plusieurs actions concrètes en ont découlé :
Sur l'alimentation, l'entreprise a organisé un atelier avec un coach sportif et bien-être. Cet exercice a permis de mêler sensibilisation aux habitudes alimentaires et exercices simples pour l'équilibre physique et mental au travail. Elle a aussi mis en place les “paniers du lundi”, un partenariat avec une ferme bio locale qui livre chaque semaine des produits de saison aux collaborateur.ice.s. L'objectif est de les inciter à faire des plats maison.
Après avoir réalisé son bilan carbone avec Carbo, pax ingénierie ne s'est pas arrêté à la case diagnostic. En effet, un bilan carbone n'a de sens que s'il débouche sur un plan d'action concret. Et la mobilisation des équipes n’est pas toujours une mince affaire.
Carbo a ainsi présenté le challenge Ma Petite Planète à pax ingénierie pour faire vivre le plan d'action fixé. Concrètement, MPP est une plateforme de défis écologiques à vivre en entreprise. Le challenge fonctionne par équipes, avec des défis écologiques à relever sur une période de 3 semaines. À chaque challenge relevé, l'association mesure l'empreinte carbone, l'eau, les déchets et le temps de formation générés. Cela permet aux entreprises de valoriser des résultats chiffrés.
"Le but pour la direction et le comité RSE était de sensibiliser davantage les collaborateurs et de le faire de façon fun." Céline Guillot
Chez pax ingénierie, les défis proposés ont fait directement écho aux deux leviers identifiés par le bilan carbone : diminuer son impact carbone en faisant du covoiturage ou bien encore en faisant une semaine végétarienne.
Céline Guillot, membre du comité RSE, a piloté l’exercice de comptabilité carbone de A à Z. Pour une entreprise à l’échelle de pax ingénierie, le bilan carbone peut aller très vite. En temps cumulé, un seul jour a suffi à l’entreprise pour organiser la collecte de données !
Les collaborateur.ice.s, préalablement sensibilisé.e.s à l’impact de faire un bilan carbone, ont répondu présent. Le questionnaire de Carbo, qui recense de manière anonyme l'impact carbone de chaque collaborateur.rice.s, a été complété par 100 % d'entre eux. Leur engagement ne s'est pas arrêté au bilan carbone. Lors du lancement du challenge Ma Petite Planète, une méthode simple et directe a porté ses fruits pour fédérer les équipes.
Un sondage préalable a permis d'identifier les collaborateur.ice.s intéressé.e.s. Céline a ensuite pu relancer directement ses collègues ayant répondu positivement, pour les accompagner jusqu'à l'inscription. Une approche de proximité, facilitée par la taille de la structure, a été privilégiée pour éviter tout sentiment de pressing.
10 collaborateur.ice.s sur 25, soit 40 %, se sont inscrits dès cette première édition, un bon taux d'engagement pour ce type de démarche. D’autant plus que le challenge a suscité la curiosité d'autres employé.e.s, au départ plus réticents, qui se sont finalement prêté.e.s au jeu !
Le challenge et le bilan carbone ont été complémentaires. D’une part, le bilan carbone a permis d’identifier les postes d'émissions les plus émetteurs et de fixer les priorités d’action. D’autre part, le challenge Ma Petite Planète a fait vivre le plan d'action en donnant des idées d'actions ludiques très concrètes pour réduire l’impact carbone des employé.e.s.
Le changement le plus visible, selon l'entreprise, concerne les habitudes alimentaires. C'est notamment le défi "1 semaine végétarienne" qui a déclenché l'engagement de plusieurs collaborateur.ice.s à manger végétarien plus régulièrement ou à se mettre au flexitarisme, un prolongement direct du levier alimentation identifié dans le bilan carbone.
Un des déclics les plus marquants a aussi porté sur la liste des équipements électroniques et électriques possédés par chacun. Plusieurs collaborateur.ice.s ont découvert qu'ils en avaient bien plus qu'ils ne le pensaient, sans forcément tous les utiliser. L'anecdote la plus emblématique reste celle d'un collègue qui a arrêté de compter ses outils électriques après en avoir recensé plus de 200.
Au-delà des chiffres, le challenge a créé du lien entre les cellules et les fonctions support qui ne travaillent pas forcément ensemble au quotidien, ces dernières étant parfois plus isolées dans l'organisation des projets.
Enfin, ces résultats ont permis de réduire considérablement l'impact carbone de l'entreprise dès leur deuxième bilan carbone avec une baisse de -20 tCO2e entre l'exercice 2023 et 2024 malgré une hausse des effectifs.

Pourquoi faire un bilan carbone chez Carbo ET le challenge MPP ? Céline nous donne les trois avantages de la démarche :
Non, pas systématiquement. L'obligation légale (Bilan GES réglementaire) ne concerne que les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DROM) ainsi que certains acteurs publics. Mais la démarche reste pertinente à titre volontaire. Elle permet de répondre aux exigences environnementales croissantes des appels d'offres et des maîtres d'ouvrage.
La construction est le 5ᵉ secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France. Des réglementations comme la RE2020 ou la RT2012 imposent déjà des seuils de performance environnementale. Elles poussent les bureaux d'études à intégrer ces critères dès la conception.
Contrairement à une entreprise de construction côté maîtrise d’ouvrage, un bureau d'études n'émet pas directement sur les chantiers qu'il conçoit. Ses postes d'émissions principaux sont plutôt liés aux déplacements professionnels.
Oui, de plus en plus. Certains établissements financiers intègrent désormais la trajectoire de décarbonation dans leur notation des entreprises, ce qui peut influencer les conditions d'octroi de crédit.

