Sommaire

30 minutes chrono pour décrypter le secteur de l'agroalimentaire et comprendre ses enjeux carbone, réglementaires et économiques.
🎯 Au programme de ce replay :
- Un zoom sectoriel avec chiffres clés et data visuelle
- L’essentiel de la veille réglementaire (obligations à connaître)
- Les aides publiques disponibles… ou qui touchent à leur fin
- Pourquoi réaliser son bilan carbone et une ACV carbone et où se situent les principaux impacts du secteur
L'essentiel en cinq chiffres
- 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont liées au système alimentaire.
- 11 % des émissions françaises proviennent du secteur agroalimentaire.
- 60 à 99 % des émissions d'une entreprise relèvent du scope 3, c'est-à-dire de ses achats, de son transport et de l'usage de ses produits.
- 40 à 70 % du score environnemental d'un produit alimentaire dépend de son impact climatique.
- 3 mois de collecte en moyenne pour un premier bilan carbone dans l'industrie, selon les statistiques Carbo.
Quel est le poids carbone du secteur agroalimentaire ?
Le système alimentaire représente environ 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et le secteur agroalimentaire 11 % des émissions françaises, selon les chiffres présentés par Carbo lors du webinar. Les produits d'origine animale issus de l'élevage portent à eux seuls 60 % des émissions liées à l'alimentation.
Plus des deux tiers de ces émissions naissent au stade de la production : déforestation, élevage, cultures et fertilisation des sols. Le tiers restant provient de la chaîne d'approvisionnement, qui couvre la transformation, le transport, la distribution, la consommation et les déchets.
Vue par branche d'activité, l'empreinte carbone de l'alimentation en France est dominée par l'agriculture, loin devant l'industrie agroalimentaire elle-même.
La lecture change lorsque l'on raisonne par biens et services plutôt que par branche : 53 % de l'empreinte carbone de l'alimentation sont alors portés par les produits des industries agroalimentaires. Un industriel achète la matière agricole qu'il transforme, et ses produits héritent des émissions de cette matière. C'est précisément ce qui place les achats au centre du bilan carbone agroalimentaire.
Les consommateurs ont, en parallèle, des attentes croissantes sur l'impact environnemental de ce qu'ils achètent. Dès lors, l'analyse produit par produit devient un sujet commercial autant que climatique.
Où se situent les principaux impacts carbone d'une entreprise agroalimentaire ?
Les principaux impacts se situent dans les achats et le scope 3, bien avant les consommations d'énergie des usines. Le scope 3 regroupe les émissions indirectes qu'une entreprise provoque sans les produire elle-même : matières premières et emballages achetés, transport amont et aval, équipements, usage et fin de vie des produits vendus. Il représente entre 60 et 99 % des émissions d'une entreprise.
Le baromètre du bilan carbone publié par Carbo en 2024, construit sur les données de plus de 1 000 clients, confirme cet ordre de grandeur. Dans le secteur industriel, qui inclut l'agroalimentaire, près de la moitié des émissions proviennent du poste « achats et support » : produits achetés, équipements et livraisons amont. Aucun autre grand secteur ne présente une part aussi élevée sur ce poste.
En pratique, les leviers de réduction les plus puissants se trouvent dans les recettes, le choix des ingrédients et la relation fournisseurs. Pour les actionner, l'analyse de cycle de vie (ACV) complète le bilan carbone : elle mesure l'impact d'un produit précis à chaque étape de sa vie, de l'extraction des matières premières à la production, au transport, à l'usage et à la fin de vie. L'ACV identifie ainsi l'étape où un changement de formulation ou de fournisseur produit le gain le plus net.
Les deux exercices obéissent à des référentiels distincts. Le bilan carbone d'une organisation suit la méthode Bilan Carbone® de l'Association pour la transition bas carbone (ABC) ou le GHG Protocol, standard international de comptabilité carbone. L'ACV s'appuie sur les normes ISO 14040 et ISO 14044, et l'empreinte carbone d'un produit sur la norme ISO 14067.
L'avis de Béranger, expert carbone chez Carbo : "Dans l'agroalimentaire, un bilan carbone qui traite le scope 3 à la légère passe à côté de l'essentiel. Le scope 3 pèse entre 60 et 99 % des émissions : se concentrer sur l'énergie des sites revient à piloter une part marginale du problème. Mon conseil est d'accepter un premier exercice imparfait sur les achats plutôt qu'un calcul très précis sur un périmètre réduit. La qualité des données s'améliore d'une année sur l'autre, le périmètre, lui, doit être complet dès le départ."
Pourquoi réaliser un bilan carbone et une ACV carbone dans l'agroalimentaire ?
Un bilan carbone agroalimentaire répond à quatre besoins concrets : remporter des marchés, obtenir un label, maîtriser ses coûts et accéder à des financements plus favorables. La réglementation ne vient qu'en complément, puisqu'elle ne vise directement que les plus grandes structures.
Répondre aux appels d'offres et aux demandes clients. Les grands donneurs d'ordre exigent de plus en plus de leurs fournisseurs la preuve d'une démarche climat, et cette preuve passe le plus souvent par un bilan carbone réalisé. Les entreprises soumises au reporting extra-financier doivent rendre compte des émissions de leur chaîne de valeur : leurs exigences se répercutent mécaniquement sur les PME qui les approvisionnent.
Obtenir un label ou une certification. L'impact climatique compte pour 40 à 70 % du score environnemental des produits alimentaires. Le bilan carbone ne donne pas automatiquement droit à un label, car il reste une démarche déclarative. Il constitue en revanche le critère le plus fréquemment demandé pour en obtenir un, et le point de départ naturel d'une démarche RSE durable.
Maîtriser ses coûts et ses risques. Cartographier ses émissions revient à cartographier ses flux de matières, d'énergie et de transport. L'exercice fait apparaître des pistes d'économies et les dépendances fragiles de la chaîne d'approvisionnement.
Accéder à des financements bonifiés. Les principales banques françaises proposent des prêts indexés sur des critères de décarbonation, assortis de taux plus avantageux lorsque l'entreprise dispose d'un bilan carbone. Le sujet mérite d'être abordé avec son banquier avant tout investissement significatif.
L'ACV carbone répond, de son côté, à un besoin plus ciblé : comprendre l'impact d'un produit ou d'une gamme, une fois le bilan carbone de l'organisation réalisé ou mené simultanément. Elle fournit aussi la base chiffrée indispensable à toute communication environnementale sur un produit, et protège l'entreprise contre le risque de greenwashing.
Quelles obligations réglementaires concernent les entreprises agroalimentaires ?
En France, le bilan carbone est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole et de plus de 250 salariés en outre-mer, sur les scopes 1, 2 et 3. Les autres textes visent les très grandes entreprises ou restent volontaires, mais leurs effets descendent vers les fournisseurs.
| Dispositif | Entreprises concernées | Ce qu'il impose | Situation à date |
|---|---|---|---|
| Bilan d'émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) | Plus de 500 salariés en métropole, plus de 250 en outre-mer | Bilan sur les scopes 1, 2 et 3, mis à jour tous les quatre ans, avec un plan de transition | En vigueur |
| CSRD, directive européenne sur le reporting de durabilité | Plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de chiffre d'affaires depuis la directive Omnibus | Reporting extra-financier incluant les émissions de la chaîne de valeur | Directive (UE) 2026/470 en vigueur depuis le 18 mars 2026, transposition française attendue au plus tard le 19 mars 2027 |
| Affichage environnemental des produits alimentaires | Tous les metteurs sur le marché, sur base volontaire | Score environnemental calculé selon la méthode publique | Volontaire pour l'alimentaire à date |
| Encadrement des allégations environnementales | Toute entreprise qui communique sur ses produits | Allégations prouvées et précises ; allégations génériques et neutralité carbone fondée sur la compensation proscrites | Directive (UE) 2024/825, applicable à partir du 27 septembre 2026 |
Le relèvement des seuils de la CSRD ne dispense pas les PME de données climat. Les entreprises restées dans son périmètre rendent compte de leur chaîne de valeur et continuent d'interroger leurs fournisseurs, désormais dans les limites de la norme volontaire VSME, le standard simplifié destiné aux PME.
L'ACV, quant à elle, sert de justificatif chiffré à l'affichage environnemental comme à toute allégation produit. L'alimentaire, le textile et les cosmétiques concentrent aujourd'hui l'essentiel des demandes, et plusieurs grands groupes ont déjà intégré cette exigence dans leurs cahiers des charges.
Quelles aides publiques pour financer la décarbonation d'une entreprise agroalimentaire ?
Plusieurs dispositifs publics prennent en charge une part significative du coût d'un bilan carbone ou d'une stratégie de décarbonation, et certains arrivent à échéance fin 2026. Les conditions évoluent chaque année : elles sont à vérifier auprès de l'opérateur avant tout engagement.
| Dispositif | Pour qui | Ce qui est financé | Échéance |
|---|---|---|---|
| Diag Décarbon'Action (Bpifrance, ADEME) | Entreprises de moins de 500 salariés, au moins un an d'activité, sans bilan GES dans les cinq dernières années | Bilan carbone scopes 1, 2 et 3 et plan d'actions, subventionné à 40 %, soit 6 000 € HT de reste à charge | Dispositif ouvert |
| ACT Pas à Pas (ADEME) | Entreprises disposant d'un bilan GES de moins de deux ans | Construction de la stratégie bas carbone et du plan de transition, sur 12 à 18 mois | Financement via PACTE Industrie ou Mon parcours économies d'énergie |
| PACTE Industrie (ADEME, financé par les certificats d'économies d'énergie) | Sites industriels | Accompagnements techniques, dont ACT Pas à Pas | Programme prévu jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Prêts indexés sur la décarbonation | Toute entreprise, selon sa banque | Taux bonifiés conditionnés à la démarche carbone | Selon les établissements |
| Aides régionales | Variables selon la région | Diagnostics, études et investissements de décarbonation | Selon les régions |
Pour s'y retrouver, Carbo met à disposition deux outils gratuits recensant les aides publiques et subventions régionales : un simulateur d'aides qui identifie les dispositifs éligibles en quelques questions, et une boîte à outils complète qui détaille l'ensemble des aides disponibles.

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Le bilan carbone agroalimentaire commence par la collecte des données d'achats, là où se concentre l'essentiel des émissions. Carbo accompagne plus de 1 000 entreprises de toutes tailles avec une plateforme référencée par l'ADEME et l'ABC, conforme à la méthode Bilan Carbone® et au GHG Protocol, et un expert dédié à chaque étape. L'offre ACV carbone prend le relais pour mesurer l'impact d'un produit ou d'une gamme selon les normes ISO 14040 et 14044.

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FAQ : bilan carbone et agroalimentaire
Non, il ne l'est qu'au-delà de 500 salariés en métropole et de 250 en outre-mer. Une PME y est toutefois souvent conduite par ses clients, qui doivent rendre compte des émissions de leur chaîne de valeur.
Le bilan carbone mesure les émissions de l'ensemble d'une organisation sur une année. L'ACV mesure l'impact d'un produit précis sur tout son cycle de vie, de la matière première à la fin de vie.
Les achats de matières premières agricoles, intégrés au scope 3. La production agricole représente plus des deux tiers des émissions du système alimentaire.
Non, il reste volontaire à date. Une ACV permet néanmoins de justifier toute allégation environnementale, dont l'encadrement se renforce avec la directive européenne 2024/825.
Sources
- Carbo, replay du webinar Carbo Express agroalimentaire et baromètre du bilan carbone 2024
- Insee, empreinte carbone de l'alimentation par branche et par produit (chiffres présentés lors du webinar)
- Directive Omnibus CSRD (UE) 2026/470 : seuils et calendrier
- ADEME, démarche ACT Pas à Pas
- Bpifrance, Diag Décarbon'Action







