Sommaire

20 minutes chrono pour décrypter le secteur du transport et comprendre ses enjeux carbone, réglementaires et économiques.
🎯 Au programme de ce replay :
- Un zoom sectoriel avec chiffres clés et data visuelle
- L’essentiel de la veille réglementaire (obligations à connaître)
- Les aides publiques disponibles… ou qui touchent à leur fin
- Pourquoi réaliser son bilan carbone et où se situent les principaux impacts du secteur
L’essentiel en 4 points
- Le transport est le premier secteur émetteur en France : 34 % des émissions nationales en 2024, dont 94 % pour le seul transport routier.
- Dans le bilan carbone d’une entreprise, le transport se répartit entre le scope 1 (carburant de la flotte) et le scope 3 (déplacements professionnels, trajets domicile-travail, fret amont et livraisons aval).
- Le bilan carbone est obligatoire au-delà de 500 salariés, et tout prestataire de transport doit déjà informer ses clients des émissions de chaque prestation.
- Le Diag Décarbon’Action de Bpifrance ramène le coût d’un bilan carbone complet à 6 000 € HT de reste à charge pour les entreprises de moins de 500 salariés.
Animé par Hugo Saint-Martin, spécialiste bilan carbone chez Carbo, ce Carbo Express fait le point sur le bilan carbone du transport : ce que pèse le secteur, où il apparaît dans les émissions d’une entreprise, ce que la réglementation impose et comment financer la démarche.
Quel est le poids du transport dans les émissions de gaz à effet de serre en France ?
Le transport est la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France, avec 34 % du total national en 2024, soit 124,9 millions de tonnes équivalent CO2 (MtCO2e), hors transport international aérien et maritime. Dans la catégorie du transport, le transport routier concentre à lui seul 94 % des émissions du secteur.
Le transport se distingue aussi par sa trajectoire. Là où l’industrie et le bâtiment ont nettement réduit leurs émissions depuis 1990, celles du transport routier sont restées quasiment stables (+1 % entre 1990 et 2024), portées par l’évolution des habitudes de déplacement sur trente ans.
Ce que les données révèlent, c’est la répartition de cet impact. Les véhicules particuliers en représentent la plus grande part, suivis par le transport de marchandises (poids lourds et véhicules utilitaires de livraison). Le maritime, l’aérien domestique et le ferroviaire restent minoritaires dans le total.
Dès lors, aucune organisation n’échappe au sujet. Toute entreprise déplace des personnes ou des marchandises, ce qui fait du transport un poste présent dans chaque bilan carbone, quel que soit le secteur d’activité.
Comment le transport apparaît-il dans le bilan carbone d’une entreprise ?
Le transport se répartit principalement entre le scope 1 et le scope 3 du bilan carbone. Le bilan carbone est une méthode de comptabilité des émissions de gaz à effet de serre d’une organisation sur un exercice écoulé, créée par l’ADEME et aujourd’hui portée par l’Association pour la transition bas carbone (ABC). Carbo réalise ses bilans conformément à cette méthode, qui classe les émissions en trois scopes.
| Scope | Ce qu’il couvre | Exemple lié au transport |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes issues de la combustion d’énergies fossiles par l’entreprise | Carburant des véhicules de fonction et de la flotte |
| Scope 2 | Émissions liées à l’électricité consommée | Recharge sur site d’une flotte électrique |
| Scope 3 | Émissions indirectes, en amont et en aval de l’activité | Déplacements professionnels, domicile-travail, fret, livraisons clients |
Le scope 3 est, en moyenne, le plus lourd des trois : il représente le plus souvent la grande majorité des émissions d’une entreprise. Il regroupe quatre postes directement liés au transport :
- les déplacements professionnels, en véhicule d’entreprise, en transport en commun ou en avion ;
- les trajets domicile-travail des collaborateurs ;
- le transport de marchandises en amont, décisif pour les activités d’achat-revente et l’industrie ;
- les livraisons aux clients, en aval.
En complément, le scope 3 intègre les achats de matières, de produits et de services (banque, assurance, logiciels) ainsi que la gestion des déchets d’activité.
L’avis de Hugo Saint-Martin, spécialiste bilan carbone chez Carbo
"Je ne conseille jamais à une entreprise de moins se déplacer ou d’arrêter de livrer : le transport fait partie de son activité, et le nier ne mène nulle part. Ce que je recommande, c’est de le mesurer finement, poste par poste. Une flotte, des trajets domicile-travail et des livraisons clients n’appellent pas les mêmes leviers. Tant que ces trois postes restent mélangés dans une seule ligne « déplacements », aucun plan de réduction sérieux ne peut être construit."
Quelles obligations réglementaires concernent le transport et le bilan carbone ?
Deux obligations s’appliquent directement : le bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) pour les entreprises de plus de 500 salariés, et l’information GES sur chaque prestation de transport.
Le BEGES réglementaire. Au-delà de 500 salariés en métropole, la réalisation d’un bilan des émissions est obligatoire, et son absence expose à une amende administrative. Cette obligation pousse de nombreuses entreprises à structurer leur démarche.
L’information GES des prestations de transport. Depuis 2013, l’article L1431-3 du Code des transports impose à toute personne qui commercialise ou organise une prestation de transport de personnes, de marchandises ou de déménagement d’informer son client des émissions de gaz à effet de serre de cette prestation. Chaque client dispose ainsi d’une donnée chiffrée à intégrer dans son propre bilan carbone, quelle que soit sa place dans la chaîne de valeur.
Les exigences des donneurs d’ordre. Au-delà du cadre légal, la pression vient de plus en plus des clients. Une enseigne de grande distribution qui calcule son propre bilan carbone demande à ses fournisseurs leurs données d’émissions, transport compris, pour fiabiliser son scope 3.
Pourquoi réaliser son bilan carbone quand le transport pèse dans son activité ?
Le bilan carbone répond à des exigences légales et commerciales, et il produit des retours concrets pour l’entreprise. Dans les faits, les organisations accompagnées par Carbo combinent le plus souvent plusieurs de ces motivations.
- Accéder aux marchés : de nombreux appels d’offres et référencements clients exigent désormais des données carbone.
- Se différencier : démontrer un engagement mesuré face aux concurrents du même secteur.
- Préparer une labellisation : le bilan carbone constitue une base solide pour viser un label comme Lucie ou une évaluation RSE.
- Mobiliser les équipes : l’engagement environnemental pèse de plus en plus dans l’attractivité et la fidélisation des collaborateurs.
À l’inverse d’une démarche purement déclarative, le bilan carbone du transport débouche sur un plan de réduction chiffré, poste par poste, qui donne une base de décision pour la flotte, la politique de déplacements ou l’organisation des livraisons.
Quelles aides publiques pour financer un bilan carbone ?
Le Diag Décarbon’Action de Bpifrance est aujourd’hui le principal dispositif national pour financer un premier bilan carbone, complété selon les territoires par des aides régionales.
| Dispositif | Porteur | Prise en charge | Statut |
|---|---|---|---|
| Diag Décarbon’Action | Bpifrance et ADEME | 40 % d’un forfait de 10 000 € HT, soit 6 000 € HT de reste à charge | Ouvert |
| Aides régionales | Régions | Variable selon la région | Selon les territoires |
Le Diag Décarbon’Action s’adresse aux entreprises de moins de 500 salariés, ayant au moins un an d’activité et n’ayant pas réalisé de bilan GES au cours des cinq dernières années. Carbo est référencé sur ce dispositif.
Les aides régionales, enfin, varient fortement d’un territoire à l’autre. Des dispositifs existent notamment en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France.

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Le bilan carbone commence par un état des lieux de vos postes de transport et de votre éligibilité aux aides. La grande majorité des entreprises accompagnées par Carbo réalisent leur tout premier bilan carbone : la démarche repose sur une plateforme qui structure la collecte des données et sur un accompagnement humain qui fait monter vos équipes en compétence.
Pour étudier vos enjeux transport et les aides mobilisables dans votre région, les experts bilan carbone de Carbo vous accompagnent dès le cadrage de la démarche.
FAQ : bilan carbone et transport
Le transport représente 34 % des émissions de gaz à effet de serre en France en 2024, ce qui en fait le premier secteur émetteur. Le transport routier pèse 94 % de ce total.
Les trajets domicile-travail des collaborateurs sont comptés dans le scope 3, au titre des émissions indirectes liées à l’activité de l’entreprise.
Le carburant brûlé par les véhicules détenus ou contrôlés par l’entreprise relève du scope 1. Les déplacements en taxi, en train ou en avion relèvent du scope 3.
Oui. L’article L1431-3 du Code des transports oblige tout organisateur ou vendeur d’une prestation de transport de personnes, de marchandises ou de déménagement à informer son client des émissions de gaz à effet de serre de cette prestation.
Le forfait s’élève à 10 000 € HT, dont 40 % pris en charge par Bpifrance, soit un reste à charge de 6 000 € HT pour les entreprises éligibles de moins de 500 salariés.
Sources : SDES, Chiffres clés du climat et Transports et environnement en France, état des connaissances en 2025 ; Citepa ; Légifrance, article L1431-3 du Code des transports ; Bpifrance, Diag Décarbon’Action.







