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⏳ lecture 11 min - Mis à jour en octobre 2026
Le mondial de l’auto approche à grands pas… Et avec ça une montagne de nouveaux modèles à découvrir ! De quoi régaler les férus d’automobile ! Chez Carbo, on s’est interrogés sur ce que ça pourrait donner en termes d’impact. Et pour ça, quoi de mieux comme exemple que l’emblématique marque française Alpine, qui mise sur l'électrique avec son dernier modèle, l’Alpine A390, sortie fin 2025 ? On a donc dégaîné la calculette (enfin, plutôt notre outil d'Analyse de Cycle de Vie) pour aller voir ce qui se cache vraiment derrière ce sportif 100 % électrique made in Dieppe. Batterie, aluminium, recharge, fin de vie… On décortique tout, poste par poste, pour vous donner une vision complète et chiffrée de son empreinte carbone !
Ce qu’il faut retenir de cette étude 📌
- L'Alpine A390 GT Électrique affiche une empreinte carbone de 21 691 kg de CO2e sur l'ensemble de son cycle de vie. Cela représente environ 108 g de CO2e/km sur 200 000 km.
- Les matériaux (batterie, aluminium, acier) dominent largement le bilan avec 60 % du total, loin devant la phase d'usage (30 %).
- La fabrication, réalisée intégralement sur 4 sites français, ne pèse que 4 % grâce à un mix électrique peu carboné.
- Le transport reste marginal (2 %) malgré des matières premières venues d'Asie.
- La fin de vie (5 %) révèle de bons taux de recyclage sur l'acier et l'aluminium, mais il existe une vraie marge de progrès sur les aimants NdFeB (5 % seulement).
Quelle est l'empreinte carbone totale de l'Alpine A390 ?
L'empreinte carbone de l'Alpine A390 GT Électrique atteint 21 691,164 kg de CO2e sur l'intégralité de son cycle de vie, calculée du berceau à la tombe. Cette valeur couvre l'extraction et la transformation des matériaux, la fabrication du véhicule, le transport amont et aval, 200 000 km d'utilisation sur route mixte, et la fin de vie (démontage et recyclage). Cette unité fonctionnelle de 200 000 km a été retenue pour rester cohérente avec la garantie batterie du véhicule (8 ans ou 160 000 km). Rapportée à la distance parcourue, cette empreinte carbone Alpine A390 représente environ 108 g de CO2e par kilomètre. L'incertitude globale de l'ACV est de ±7 % sur le résultat final.
L'étude se répartit en cinq postes très inégaux :
| Étape du cycle de vie | Émissions (kg CO₂e) | Part du total des émissions |
|---|---|---|
| Matériaux | 12 984,730 | 60% |
| Fabrication | 855,768 | 4% |
| Transports | 478,958 | 2% |
| Utilisation (200 000km) | 6 400,066 | 30% |
| Fin de vie | 971,642 | 5% |
| Total | 21 691,164 kgCO2e* |
*Les émissions de CO2e indiquées sont des estimations. Elles ont été calculées à partir des informations techniques rendues publiques en ligne par les fabricants.
Deux postes concentrent donc 90 % du total : les matériaux et l'usage. C'est une répartition typique des véhicules électriques premium. En effet, le poids de la batterie et de la carrosserie pèse davantage que sur un modèle plus léger.

Pourquoi les matériaux représentent-ils 60 % de l'empreinte carbone de l'Alpine A390 ?
Ce sont les matériaux qui ont la part la plus importante dans le bilan carbone produit de l'Alpine A390. En effet, le véhicule dispose d'une batterie volumineuse et d'une structure construite en aluminium.
La batterie lithium-ion NMC de 89 kWh pèse à elle seule environ 539 kg. Cela représente un quart de la masse totale du véhicule (2 124 kg à vide). Elle contient 80 kg d'oxyde NMC 811 pour la cathode, 57 kg de graphite pour l'anode et 41 kg d'électrolyte. L'extraction et le raffinage de ces matériaux sont particulièrement gourmands en carbone.
L'aluminium est quant à lui omniprésent dans le reste du véhicule, avec 290 kg pour la carrosserie et la structure, 70 kg pour les éléments extérieurs (portières, capot, hayon), 90 kg dans la structure du pack batterie, et 55 kg pour les quatre jantes forgées. Ce choix n'est pas anodin. En effet, produire de l'aluminium primaire nécessite une électrolyse très énergivore. Cela en fait généralement un métal plus carboné à la fabrication que l'acier à masse égale. Alpine mise malgré tout sur l'aluminium pour alléger le véhicule et lui octroyer une meilleure tenue sur route. L'acier reste toutefois présent, en particulier dans le châssis, la suspension et les renforts de sécurité de la carrosserie.
Enfin, des composites carbone et fibre de verre (CFRP et GFRP) s'ajoutent à l'équation pour les éléments structurels légers. Or, leur fabrication à haute température est, elle aussi, coûteuse en carbone et leur taux de recyclage reste aujourd'hui limité en fin de vie.

Quel est le poids de la phase d'utilisation dans l'empreinte carbone de l'Alpine A390 ?
La phase d'utilisation représente 30 % de l'empreinte carbone de l'Alpine A390, soit 6 400 kg de CO2e sur 200 000 km. Ce chiffre correspond quasi entièrement à l'énergie de recharge. En effet, avec une consommation WLTP moyenne de 19,7 kWh/100 km et environ 10 % de pertes de charge, le véhicule consomme au total près de 43 800 kWh sur l'ensemble de sa durée de vie.
Le mix électrique utilisé fait toute la différence. L'étude considère que 60 % du parc roule en France, avec 26 280 kWh rechargés sur un mix électrique majoritairement nucléaire, donc peu carboné. Les 40 % restants, rechargés hors de France (17 520 kWh), s'appuient sur un mix électrique européen moyen, davantage carboné. C'est cette différence de mix qui explique pourquoi la localisation de la recharge influence directement l'empreinte carbone d'un véhicule électrique comme l'A390.
L'entretien pèse très peu dans ce poste. En effet, sur 200 000 km, le véhicule nécessite quatre jeux de pneus Michelin remplacés tous les 40 000 km, deux jeux de plaquettes de frein (leur durée de vie est allongée à 100 000 km grâce au freinage régénératif), un jeu de disques à 150 000 km, et diverses vidanges de liquide de refroidissement. Ces éléments ne représentent qu'une fraction marginale des 6 400 kg de CO2e de la phase d'utilisation, largement dominée par l'énergie de recharge.

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Comment est fabriquée l'Alpine A390 et pourquoi la fabrication ne pèse que 4 % ?
La fabrication de l'Alpine A390 ne représente que 4 % de son empreinte carbone. Elle est, en effet, intégralement réalisée en France, sur un mix électrique peu carboné. Quatre sites français interviennent dans la chaîne :
- Verkor à Dunkerque fabrique les cellules de batterie NMC,
- ElectriCity à Douai assemble le pack batterie,
- l'usine Alpine/Renault de Cléon produit les trois moteurs électriques,
- la Manufacture Alpine Dieppe Jean Rédélé réalise la carrosserie, la peinture et l'assemblage final.
Cette fabrication consomme au total environ 7 065 kWh d'énergie, répartis entre électricité et gaz naturel selon les procédés. Le séchage des électrodes de batterie, par exemple, est un poste thermique gourmand en gaz. D'ailleurs, cet ancrage industriel français a valu à l'A390 GTS la qualification éco-score suite à l'arrêté du 15 juillet 2026.
💡 L'arrêté du 15 juillet 2026 actualise la liste officielle des voitures électriques qui atteignent l'éco-score minimal pour recevoir les aides publiques à l'achat ou à la location. C'est un dispositif qui évalue l'empreinte carbone complète du véhicule ainsi que la géographie de sa production.
Le transport pèse-t-il beaucoup dans le bilan carbone produit de l'Alpine A390 ?
Non, le transport ne représente que 2 % de l'empreinte carbone totale de l'Alpine A390, malgré des trajets transocéaniques sur certaines matières premières. C'est le cas du précurseur NMC (Corée), du graphite (Chine) et des aimants permanents NdFeB utilisés dans les moteurs arrière (Chine, qui concentre 95 % de la production mondiale). Ces composants sont acheminés par porte-conteneurs sur environ 18 000 km avant d'arriver sur les sites français. Le transport inter-sites reste en revanche très limité puisque les quatre usines (Dunkerque, Douai, Cléon, Dieppe) sont toutes situées en France. La distribution finale du véhicule fini varie ensuite selon le marché : 1 200 km par camion pour les 60 % de ventes en France, 3 500 km pour les 30 % vendues en Europe, et un mix camion-navire pour les 10 % de ventes internationales.

Que devient l'Alpine A390 en fin de vie ?
En fin de vie, l'Alpine A390 suit le circuit standard des véhicules électriques en Europe, encadré par la directive VHU 2000/53/CE : démontage en centre agréé, récupération des fluides, démontage de la batterie, broyage de la carrosserie et tri des matériaux. Ce poste représente 5 % de l'empreinte carbone totale du véhicule.
Les taux de recyclage varient fortement selon les matériaux. Les métaux les plus courants s'en sortent bien avec 90 % pour l'acier et 85 % pour l'aluminium et le cuivre par exemple. La batterie, elle, reste un point de vigilance. En effet, le matériau actif de la cathode (NMC 811) n'atteint que 50 % de recyclage, conformément aux objectifs actuels de la réglementation européenne sur les batteries (règlement 2023/1542, qui vise 65 % en 2025 et 70 % en 2030). Le cas le plus critique reste celui des aimants permanents NdFeB des moteurs arrière. Seulement 5 % sont recyclés aujourd'hui, alors que les filières spécialisées (comme HyProMag ou Cyclic Materials) sont encore en développement. Sur des terres rares stratégiques, ce chiffre est amené à évoluer vite dans les prochaines années.
L'avis de Carbo 💬
"Ce qui me frappe le plus dans cette ACV, ce n'est pas la présence d'une batterie de 89 kWh, on s'y attend sur un véhicule électrique premium. C'est plutôt le poids des matériaux dans le total de l'acv carbone : 60 %. C'est deux fois plus que la phase d'usage. On a longtemps raisonné "voiture électrique égale zéro émission", en oubliant tout ce qu'il faut extraire, raffiner et assembler avant que le véhicule ne roule un seul kilomètre.
Ce que montre aussi cette étude, c'est que la localisation de la fabrication compte énormément. En assemblant en France, sur un mix électrique peu carboné, Alpine limite la fabrication à seulement 4 % du bilan total. C'est un vrai levier, et il est trop souvent sous-estimé face au sujet de la motorisation.
Le point sur lequel je resterais vigilant, c'est le recyclage des aimants NdFeB. Seulement 5% est recyclé aujourd'hui. Ce n'est pas un problème propre à l'A390, c'est un chantier collectif pour toute la filière des véhicules électriques."
Julien Janson, co-fondateur de Carbo et spécialiste de l'analyse de cycle de vie carbone.
Pourquoi réaliser une ACV sur un produit comme l'Alpine A390 ?
Remplacer les impressions par des chiffres précis
L'Analyse de Cycle de Vie carbone permet un niveau de détail des émissions de carbone d'un produit ou d'un service ultra pertinent. Sans chiffres précis, les ordres de grandeur restent flous, et on ne sait pas vraiment où concentrer ses efforts. C'est tout l'intérêt d'une ACV ou bilan carbone produit. L’analyse permet de remplacer les impressions par des chiffres précis, poste par poste.

Les 4 avantages majeurs de l’Analyse de Cycle de Vie à retenir
- Prioriser les bons leviers : sans cette décomposition, une marque pourrait investir du temps et des ressources sur des postes marginaux en pensant bien faire, alors que l'essentiel des gains potentiels se trouve ailleurs. L'ACV permet d'orienter les efforts d'écoconception là où ils ont réellement un impact.
- Agir en amont, quand les marges de manœuvre existent encore : le choix des matériaux, des fournisseurs ou des procédés de fabrication se décide dès les premières phases de conception d'un véhicule. Une fois la chaîne de production figée, il est beaucoup plus difficile et coûteux de revenir en arrière. C'est précisément ce qui a permis à Alpine de limiter la fabrication à 4 % de son empreinte. La marque a choisi, dès le départ, un ancrage industriel français sur un mix électrique moins carboné que d’autres pays à l’échelle européenne.
- Anticiper le cadre réglementaire : les dispositifs comme l'éco-score, qui a valu à l'A390 GTS sa qualification suite à l'arrêté du 15 juillet 2026, montrent que la mesure précise de l'empreinte carbone n'est plus seulement un exercice volontaire. Elle devient un véritable critère de compétitivité commerciale, qui conditionne l'accès à certaines aides à l'achat et influence directement la décision de l'acheteur final.
- Communiquer sans s'exposer au greenwashing : annoncer qu'un véhicule électrique "n'émet rien" occulte tout ce qui se passe avant que la voiture ne roule. À l'inverse, publier une ACV complète, chiffrée et vérifiée par un tiers externe, permet de tenir un discours crédible, y compris sur les points encore perfectibles comme le recyclage des aimants NdFeB. C'est aussi ce que recherchent de plus en plus les clients, partenaires et investisseurs !

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Comment réduire l'empreinte carbone d'un véhicule comme l'Alpine A390 ?
La marge de progression la plus concrète pour Alpine se situe du côté des matériaux et de l'utilisation du produit.
Le premier levier consisterait à permettre aux utilisateurs d'utiliser le véhicule le plus longtemps possible. Plus la distance parcourue augmente, plus l'empreinte carbone de fabrication se dilue au kilomètre. Concrètement, cela pourrait passer par un engagement à garantir la disponibilité des pièces détachées (modules de batterie, éléments de carrosserie en aluminium) sur une durée plus longue, pour faciliter la réparation plutôt que le remplacement du véhicule.
Le choix des matériaux pourrait être un second axe de progrès pertinent. L'aluminium, omniprésent dans la structure de l'A390, est généralement produit à partir de bauxite via une électrolyse très énergivore. Augmenter la part d'aluminium recyclé, dit "de seconde fusion", permettrait de réduire nettement l'empreinte de ce poste, la production d'aluminium recyclé demandant moins d'énergie que celle de l'aluminium primaire.

Méthodologie de l'étude 🔍
Cette Analyse de Cycle de Vie carbone a été réalisée avec Carbo Produit, selon la méthode LCIA cutoff by allocation, IPCC 2021, GWP 100, en conformité avec la norme ISO 14067:2018. Les facteurs d'émission proviennent d'une base agrégeant plusieurs dizaines de sources, dont l'ADEME Base Empreinte / Base Carbone et Ecoinvent v3.9.
- Unité fonctionnelle : 1 véhicule Alpine A390 GT, assemblé à Dieppe (France), utilisé pendant 200 000 km sur route mixte, puis fin de vie (démontage et recyclage)
- Périmètre : du berceau à la tombe, incluant matériaux, fabrication sur 4 sites français, transport amont et aval, 200 000 km d'exploitation avec remplacement des pièces d'usure, et fin de vie
- Incertitude globale : ±7 %
- Date d'analyse : 19/08/2026 | Validité : 3 ans
📄 Télécharger l'analyse de cycle de vie complète de l'Alpine A390 (PDF)

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FAQ : tout sur l'empreinte carbone de l'Alpine A390
Elle est d'environ 108 g de CO2e par kilomètre, en divisant les 21 691 kg de CO2e du cycle de vie complet par les 200 000 km de l'unité fonctionnelle retenue dans l'étude.
La batterie de 89 kWh pèse environ 539 kg, soit un quart de la masse du véhicule. Elle mobilise des matériaux comme le NMC 811, le graphite ou le cuivre dont l'extraction et le raffinage sont très intensifs en carbone. C'est un poste structurellement lourd sur tout véhicule électrique.
Non, les versions électriques de l'Alpine A390 bénéficient d'une exonération totale du malus CO2 et du malus au poids en 2025, du fait de l'absence d'émissions de CO2 à l'usage.
Une ACV carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre d'un produit sur l'ensemble de son cycle de vie, du berceau à la tombe. Cela comprend l'extraction des matières premières, la fabrication, le transport, l'utilisation et la fin de vie. C'est la méthodologie utilisée dans cette étude sur l'Alpine A390, conforme à la norme ISO 14067:2018.
La fin de vie ne représente que 5 % de l'empreinte carbone totale de l'Alpine A390, avec des taux de recyclage élevés sur l'acier (90 %) et l'aluminium (85 %). Certains matériaux, comme les aimants NdFeB (5 % de recyclage seulement), ont en revanche encore une marge de progression importante.
Sources
- Analyse de cycle de vie carbone réalisée avec l'outil Carbo Produit
- Site officiel Alpine : https://www.alpinecars.fr/, consulté le 19/08/2026








