Sommaire

Nous sommes en 2026, et la fenêtre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C se referme rapidement. Selon le sixième rapport de synthèse du GIEC publié en mars 2023, nous atteindrons ce seuil critique dès le début des années 2030. Chaque année compte désormais dans la lutte contre le dérèglement climatique. C'est dans ce contexte d'urgence absolue que la SBTi (Science Based Target Initiative) accompagne les entreprises vers une transition bas-carbone fondée sur la science. Mais les « Science-based Targets », c'est quoi concrètement ? Et pourquoi avez-vous intérêt à les appliquer à votre entreprise ? Carbo vous explique tout.
Un peu de contexte
Les objectifs de l’Accord de Paris
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (ou GIEC) et les membres de l’Accord de Paris avaient pour objectif de comprendre les causes et conséquences du changement climatique pour mieux le maîtriser. Cela permettrait d’éviter les impacts les plus catastrophiques du changement climatique.

Le sixième rapport de synthèse du GIEC, publié en mars 2023, confirme l'urgence absolue d'agir. Sans changement de comportement radical, la planète se dirige vers un réchauffement de +3,2 °C d'ici 2100. Un chiffre bien éloigné de ceux fixés par les Accords de Paris de 2015. Le réchauffement climatique a déjà atteint 1,1°C par rapport à l'ère préindustrielle (période 2011-2020), et nous atteindrons le seuil critique de 1,5°C dès les années 2030-2035 si la trajectoire actuelle se poursuit.
Pour rappel, le réchauffement climatique est majoritairement dû à la multiplication des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère. Ces gaz agissent comme une couverture autour de la Terre et retiennent la chaleur du soleil.
Certes, le rythme des émissions de GES mondiales semble avoir ralenti ces dix dernières années. Elles sont passées de +2,3% par an entre 2000 et 2009 à +1,3% entre 2010 et 2019. Mais cette diminution n’est pas à confondre avec une réduction des émissions, bien au contraire !
Il n'y a jamais eu autant de GES dans l'atmosphère qu'aujourd'hui. Pour vous dire, près d'un cinquième des émissions de GES accumulées depuis 1850 ont été émises entre 2010 et 2019. C'est la raison pour laquelle réduire ses émissions de GES constitue une priorité absolue. Selon le GIEC, une fois la neutralité carbone en CO2 atteinte, les puits de carbone continueraient à absorber du CO2 et la concentration atmosphérique poursuivrait sa décrue - prouvant qu'il n'y a pas d'inertie climatique inévitable et que nos actions ont un impact direct et immédiat.
Le rôle des entreprises
Dans ce cadre, les entreprises ont un rôle vital à jouer. Elles peuvent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et elles peuvent construire une économie zéro émission fondée sur la science.
Pour limiter le réchauffement à + 1,5 °C, la fenêtre de tir se réduit dangereusement, nous dit le Giec. Le monde doit réduire les émissions annuelles de CO2 de 48 % d’ici à 2030. Il faut atteindre un niveau net nul d’ici à 2050.

Le rapport de synthèse du GIEC de 2023 rappelle que le pic des émissions aurait dû être atteint avant 2025 pour maintenir l'objectif de 1,5°C accessible. Nous sommes désormais dans cette phase critique où chaque réduction compte. Avec les engagements internationaux actuels, un tel objectif est « hors de portée ». Cela ne signifie pas qu'il est trop tard. Les mesures doivent être prises à des échelles plus réduites. D'où le rôle essentiel du secteur privé.
De nombreux ouvrages scientifiques montrent dans quelle mesure et à quelle vitesse les entreprises doivent réduire leurs émissions de GES. Ils dessinent une trajectoire claire à suivre de façon durable. Ces ouvrages fournissent des solutions concrètes et les guident sur la voie de la décarbonisation. D’où le projet du Science-based Target Initiative.
En guidant les entreprises pour définir une trajectoire fondée sur la science, la Science Based Target Initiative leur permet de lutter contre le changement climatique tout en saisissant les avantages et en renforçant leur compétitivité dans la transition vers une économie nette zéro.
🤔 Qu'est-ce que la certification SBTi ?
Définir la SBTi (Science-based Target Initiative)
Lancée en juin 2015, l’initiative Science Based Targets (SBTi ou iSBT en français) est un projet conjoint du Carbon Disclosure Project (CDP), du Global Compact des Nations Unies, du World Ressource Institute (WRI) et du World Wildlife Fund (WWF). En 2023, la SBTi s'est constituée en organisation caritative indépendante au Royaume-Uni, avec environ 200 employés travaillant principalement à distance.

C’est un organisme de notation qui offre un label et une reconnaissance aux entreprises qui définissent un plan avec des objectifs sbt clairs et transparents pour réduire leur empreinte carbone. En définition, la Science Based Target Initiative est une démarche collective visant à accompagner les entreprises à réduire leur empreinte carbone et à optimiser leur utilisation des ressources.
Elle encourage les entreprises à définir des objectifs de réduction, targets ou cibles de réduction, des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des stratégies carbone alignées et cohérentes avec les recommandations faites par le GIEC.
Au cœur de la SBTi, on retrouve un groupe d’experts composé essentiellement de spécialistes de la responsabilité sociétale des entreprises (le Technical Advisory Group) qui fournit un appui technique à l’initiative. La validation des objectifs est désormais assurée par SBTi Services, une filiale commerciale créée en 2023, qui opère selon les standards définis par la SBTi.
Leur approche est assez simple. Elle consiste à mettre à disposition 3 éléments clés pour développer une stratégie cohérente autour des conseils des scientifiques :
- Un budget carbone établi sur la base de sources scientifiques
- Un scénario d’émissions du GIEC, ou de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie)
- Un choix d’allocation : convergence des émissions en intensité vers un niveau de référence du secteur, ou contraction des émissions en intensité ou en absolu
Comment fonctionne SBTi ?
Pour mener à bien cette mission, le groupe d’experts de la SBTi développe des outils, conseille, et fournit des éléments de communication aux entreprises pour rendre accessibles les connaissances scientifiques sur les sujets climatiques. C’est un vrai travail de vulgarisation de la connaissance scientifique.

Armés de ces éléments, les décideurs ont ensuite les moyens de proposer et d’appliquer des stratégies carbone cohérentes au sein de leur entreprise. Ces objectifs sont dans l’obligation de prendre en compte les scopes 1 et 2 du Green House Protocol (GHP), sous peine d’être invalidés par le collectif. En outre, le scope 3 doit également être considéré, s’il représente plus de 40 % des émissions totales de l’entreprise. Il est important de noter que le Scope 3 représente généralement 70 à 90% des émissions totales d'une entreprise, ce qui en fait un levier crucial pour une décarbonation réelle.
C’est d’ailleurs le principal partenaire de la campagne Business Ambition for 1.5°C, un appel urgent à l'action d'une coalition mondiale d'agences des Nations Unies, de chefs d'entreprise et d'industrie qui mobilise les entreprises pour fixer une trajectoire scientifique nets zéro en ligne avec un 1,5 degrés C avenir.
La SBTi développe également des standards sectoriels spécifiques pour adapter ses méthodologies aux particularités de chaque industrie. En 2025, de nouveaux pathways ont été publiés pour le secteur chimique (décembre 2025), un pilote a été lancé pour le secteur énergétique (décembre 2025), et un standard pour les institutions financières a été finalisé (juillet 2025). Par ailleurs, la SBTi a mis à jour en avril 2026 son Absolute Contraction Approach (ACA), la méthode de référence pour fixer les objectifs de réduction des scopes 1 et 2, afin d'améliorer la cohérence et la flexibilité d'implémentation pour les entreprises.
La neutralité carbone en France et dans le monde : un enjeu de long terme pour la SBTi
🚫 On évite le greenwashing ! 🚫
Point intéressant, la Science Based Target Initiative rompt avec les approches historiques visant la « neutralité carbone » des entreprises (PAS 2060, Carbon Neutral Protocol, etc.). Elle remet notamment en question l’achat de crédits carbone et leur efficacité.
Pour la SBTi, le net zéro est avant tout un horizon long-terme. Il ne peut être atteint qu’au prix de réductions drastiques des émissions de GES dans toute la chaîne de valeur. Les trajectoires de décarbonation à suivre doivent être compatibles avec un réchauffement bien en-dessous de 2°C, voire de 1,5°C.
Selon leurs recommandations, l’utilisation de l’argument “neutre en carbone” est donc à éviter pour les entreprises.

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Distinction entre réduction, évitement et séquestration
Autre progrès de taille : la SBTi fait bien la différence entre la réduction d’émissions, l’évitement d’émissions et la séquestration carbone.

Cela peut paraître évident, tant ces grandeurs sont très différentes d’un point de vue physique, mais il faut bien comprendre que cela n’a jamais été le cas dans les démarches classiques de neutralité et de compensation carbone.
Il est rare de voir une claire distinction entre crédits carbone d’évitement ou de séquestration. Pire, les offsets sont également vus comme des alternatives à la réduction des entreprises pour atteindre les objectifs de net zéro…
La position ferme de la SBTi : les réductions d'abord, toujours
À l’inverse, la SBTi considère qu’une entreprise est “net zéro” si et seulement si elle équilibre ses émissions et ses puits de carbone, et ce sur le long terme. Le groupe ne propose aucune trajectoire pour la séquestration carbone donc pas de trajectoire à court terme.
Cette position a été réaffirmée en avril 2024 suite à une controverse sur les certificats environnementaux (EACs) pour le Scope 3 : le Board de la SBTi a clairement maintenu que les réductions doivent primer, toujours, sur tout mécanisme de compensation.
OER et neutralisation finale : le nouveau cadre de la version 2
La version 2 du Corporate Net-Zero Standard, dont la publication est attendue en 2026 et qui sera obligatoire pour tout nouvel objectif à partir du 1ᵉʳ janvier 2028, intègre finalement un nouveau cadre : l'OER (Ongoing Emissions Responsibility), qui remplace le concept de BVCM. Ce mécanisme invite les entreprises à prendre progressivement en charge leurs émissions résiduelles via des crédits de haute qualité jusqu'en 2035, puis exclusivement via des removals durables à partir de 2035, avec une montée en charge jusqu'à l'année cible de neutralité. Les réductions dans la chaîne de valeur restent non négociables et prioritaires.
La SBTi distingue également deux mécanismes complémentaires mais distincts :
- OER (Ongoing Emissions Responsibility) : mécanisme de responsabilisation progressive des entreprises sur leurs émissions résiduelles pendant la transition. Les entreprises doivent couvrir une part croissante de leurs émissions annuelles en combinant divers leviers (crédits d'évitement, solutions fondées sur la nature, ou financements climatiques). Les absorptions (removals) haute durabilité y sont introduites de manière incrémentale à partir de 2035, pour atteindre une couverture totale à l'année cible de neutralité.
- Neutralisation finale des émissions incompressibles : une fois l'objectif net-zéro atteint, les émissions résiduelles (~10 % des émissions initiales) doivent être neutralisées exclusivement via des absorptions haute durabilité (biochar, altération accélérée des roches, capture directe de CO₂ dans l'air), excluant les crédits forestiers de courte durée.
💡 Pour plus d’informations, retrouvez notre article sur la compensation carbone des entreprises
Pourquoi SBTi ? Quels avantages pour votre entreprise ?
Rejoindre le mouvement initié par la Science Based Target Initiative est un avantage certain pour votre entreprise. Et ce pour plusieurs raisons.
💪 Pour contribuer à l’effort collectif contre le réchauffement climatique
Un mouvement mondial qui franchit le cap des 10 000 entreprises
Plus de 10 000 entreprises dans le monde ont désormais des objectifs validés par la SBTi pour une transition vers une économie nette zéro, un cap symbolique franchi dès janvier 2026. Au total, plus de 12 000 entreprises ont soit validé, soit pris l'engagement de définir des objectifs scientifiques d'ici la fin 2025. (données SBTi Trend Tracker 2025, publié en avril 2026).
Parmi les entreprises avec objectifs validés, plus de 2 300 ont des objectifs complets incluant à la fois des cibles near-term et net-zero. La croissance est spectaculaire : le nombre d'entreprises avec objectifs validés a progressé de 40 % en 2025, et les objectifs net-zéro ont augmenté de 61 %.
L'Asie, nouveau moteur de la décarbonation mondiale
L'Asie est devenue la région la plus dynamique, avec une croissance de 53 % du nombre d'entreprises validées en 2025, avec 1216 nouvelles entités. Cette dynamique lui a permis de rattraper le niveau européen avec 1209 entreprises validées sur la même période. Les secteurs de la santé, des technologies de l'information et des matériaux sont en tête de cette expansion géographique.
En 2026, ces entreprises représentent plus de 40 % de la capitalisation boursière mondiale. Compte tenu de l'ampleur de leur capital et de leurs émissions, leur décarbonation peut entraîner des changements significatifs dans les émissions mondiales.
Des entreprises de toutes tailles déjà engagées, en France et à l'international
Des entreprises françaises reconnues sont déjà engagées :
- Bonduelle s'engage à réduire de 68% ses émissions de GES (scopes 1 et 2) d'ici 2035 par rapport à 2020
- Auchan vise 100% d'électricité renouvelable d'ici 2030
- Carrefour s'engage à réduire de 29% les émissions de son scope 3 liées aux biens et services achetés d'ici 2030
- Danone a fixé un objectif de non-déforestation pour 2025
- Fnac Darty souhaite que 80% de ses fournisseurs (en émissions) aient défini des objectifs SBTi d'ici 2026
- Des ETI et grandes entreprises internationales comme ING, Lenovo ou Schneider Electric figurent également parmi les entreprises avec des objectifs validés. La démarche concerne donc bel et bien toutes les tailles d'organisations !

À retenir : la lutte contre le réchauffement climatique a besoin de chaque entreprise. Le développement durable est un effort collectif !
🚀 Pour renforcer son image de marque et booster sa marque employeur
Votre démarche SBTi et vos objectifs net zéro peuvent s’inscrire dans une démarche plus globale pour respecter les bonnes pratiques RSE.
Selon une étude dévoilée par le JDD en Novembre 2019 et menée dans 30 pays, plus de la moitié des personnes interrogées affirment avoir déjà changé leur façon de vivre et de consommer : tri des déchets, achat de fruits et légumes de saison, utilisation réduite de la climatisation et du chauffage… S’engager auprès de la SBTi, c’est être cohérent avec l’intérêt ainsi que la demande partagées par les consommateurs.
Mais c’est aussi le cas du côté de vos employés. Du point de vue de votre communication interne, il faut savoir que de plus en plus de salariés recherchent des entreprises avec des activités dites “à impact” ou à minima des environnements de travail respectant les bonnes pratiques RSE.
Un rapport de la SBTi publié en novembre 2025 confirme ces bénéfices de manière empirique. Parmi les 171 entreprises ayant des objectifs SBTi validés depuis plus de 2 ans :
- 95% rapportent un impact positif sur leur réputation
- 90% constatent un renforcement de leur ambition climatique
- 86% observent une accélération de leur décarbonation
- 67% renforcent leur compétitivité sectorielle
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⚖️ Pour anticiper la loi
Ce que la réglementation française impose déjà
En France, le bilan GES est aujourd’hui obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 500 salariés tous les 4 ans. Depuis le 1er janvier 2023, le Scope 3 est devenu obligatoire dans le bilan GES réglementaire (décret n° 2022-982 de juillet 2022), marquant un tournant majeur dans la prise en compte des émissions indirectes.
Si la réglementation française reste relativement souple comparée aux recommandations de la Science Based Target Initiative, la tendance est cependant au durcissement rapide.
CSRD et Omnibus : un calendrier revu
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), entrée en vigueur en janvier 2024, bouleverse le paysage du reporting carbone. Suite à la directive "Stop the Clock" (Directive UE 2025/794, publiée le 16 avril 2025 et transposée en France par la loi DDADUE du 30 avril 2025), puis à la directive Omnibus (Directive UE 2026/470, entrée en vigueur le 18 mars 2026), le calendrier et le périmètre de la CSRD ont été profondément revus. L'application se fait désormais comme suit :
- Vague 1 : les grandes entreprises déjà soumises à la NFRD (cotées de plus de 500 salariés) ont publié leur premier rapport CSRD début 2025, portant sur l'exercice 2024. Les États membres peuvent, sur option, dispenser dès les exercices 2025 et 2026 celles qui ne dépassent pas les nouveaux seuils Omnibus (1 000 salariés et 450 M€ de CA).
- Vague 2 : grandes entreprises dépassant les seuils de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires : reporting obligatoire à partir de 2028 (sur l'exercice 2027).
Les PME cotées sont totalement exemptées par la directive Omnibus. La directive Omnibus réduit, par ailleurs, de plus de 80 % le périmètre initial de la CSRD, ramenant le nombre d'entreprises directement concernées d'environ 50 000 à environ 10 000 dans l'UE. Les États membres ont jusqu'au 19 mars 2027 pour transposer ces nouvelles dispositions en droit national. À noter que les normes ESRS sont également allégées, passant d'environ 1 100 à 320 points de données obligatoires.
Convergence entre CSRD et BEGES
Les entreprises soumises à la CSRD peuvent être dispensées du BEGES français si leur rapport de durabilité contient les informations équivalentes, montrant une convergence des exigences européennes et nationales.
La Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) s'est par le passé penchée sur le dossier dans son volet "Produire et travailler" pour étendre le périmètre du bilan, le rendre obligatoire pour toutes les entreprises, PME comprises, et imposer une amende progressive. Bien que ces propositions n'aient pas été intégralement adoptées, la CSRD va dans ce sens en élargissant progressivement le périmètre des entreprises concernées.

GUIDE PDF
Tout ce qu'il faut s'avoir pour vous conformer à la CSRD.
📈 Pour construire un avantage concurrentiel
Il vous coûtera moins cher d’agir pour le climat que de payer les conséquences du réchauffement climatique. Améliorer votre efficacité énergétique va ainsi vous détourner des énergies fossiles dont les prix sont volatils. Cela vous permet de réaliser des économies à long terme.
D'une part, figurer parmi les entreprises pionnières du mouvement de la lutte pour le climat vous permet aussi d'entrer de façon privilégiée sur le marché d’une économie plus verte. C’est ainsi un avantage concurrentiel fort et durable pour votre entreprise.
D'autre part, votre entreprise est tout de suite plus intéressante. Et ce à la fois pour les investisseurs et pour les banques orientés vers la durabilité. Dans le cas où vous êtes fournisseur, c'est également le cas pour les entreprises qui souhaitent réduire leurs émissions, quel que soit le scope, tout au long de leur chaîne d'approvisionnement.
De plus, les données d'impact de la SBTi le confirment :
80 % des entreprises avec objectifs SBTi constatent un impact positif sur l'alignement avec les exigences de leurs clients et fournisseurs. Par ailleurs, 76 % des organisations observent un renforcement de la confiance des investisseurs. David Kennedy, CEO de la SBTi depuis janvier 2025, le résume ainsi : les entreprises disposent aujourd'hui d'un business case clair pour fixer des objectifs scientifiques. Une action climatique ambitieuse renforce la compétitivité, la confiance des investisseurs et la croissance long-terme.
Pour conclure, et comme le souligne la SBTi elle-même, cela ne renforce pas seulement la crédibilité de votre entreprise. La démarche vous confère aussi un avantage de taille pour accéder aux financements. Elle vous permet de donner confiance à vos clients et d'en acquérir de nouveaux, mais aussi d'anticiper des changements réglementaires de plus en plus exigeants.
Engager son entreprise auprès de la SBTi en 4 étapes ✅
1/ Signer et envoyer sa lettre d’engagement à la SBTi
Pour rejoindre le mouvement initié par la Science Based Target Initiative, il faut tout d’abord procéder à la signature d’une lettre d'engagement. Elle indique que votre entreprise se fixera des objectifs SBT pour réduire ses émissions de GES en faveur des recommandations scientifiques.
Il existe différents types de lettre d’engagement, au choix. Premièrement celle pour les PME (moins de 500 salariés) ou celle pour les grandes entreprises et groupes Il existe également la Business Ambition for 1.5 °C. C’est plus une formalité administrative qu’un engagement formel. Le sérieux arrive plus tard.

2/ Quels sont les objectifs SBTi ?
Deux ans pour définir vos cibles : les règles du jeu
Si ce n’est pas déjà fait, votre entreprise dispose d’un délai de deux ans pour vous fixer un ou des objectifs clairs à respecter pour s’engager avec la SBTi. On vous relancera 6 mois avant la deadline en cas de retard.
L'objectif doit être en cohérence avec les critères de définition SBT. Depuis le 14 avril 2026, les entreprises doivent obligatoirement se référer à la version Near-Term Criteria V5.3.1 (pour les objectifs à court terme). Néanmoins, pour les objectifs de neutralité long terme, le Corporate Net-Zero Standard V1.3.1 est le plus adapté. Un passage global vers la version 2.0 est également en cours de déploiement. Vous devez aussi expliciter dans votre lettre d'engagement l'année où votre entreprise compte atteindre sa neutralité carbone.
💡 Ressources utiles : Les outils et guides de la SBTi sont régulièrement mis à jour. Consultez le site officiel de la SBTi pour accéder aux dernières versions du Corporate Net-Zero Standard (la V2.0 est attendue en 2026 et sera obligatoire pour tout nouvel objectif à partir de 2028), du Target Validation Protocol, et des guides sectoriels spécifiques (chimie, énergie, bois et fibres, etc.).
Révision quinquennale et principe du "mieux possible"
De plus, la SBTi a introduit un mécanisme de révision obligatoire des objectifs tous les cinq ans à compter de leur validation. Les entreprises dont les objectifs arrivent à échéance de révision doivent les soumettre à un examen. Si nécessaire, ils doivent également les mettre à jour conformément aux derniers standards en vigueur. Une tolérance est, toutefois, admise pour les entreprises qui ne parviendraient pas à atteindre intégralement leurs objectifs. En effet, la SBTi appuie dans son rapport stratégique 2026-2030, que ces cibles sont fixées selon le principe du "mieux possible". Cela vaut en particulier pour les émissions de scope 3, par nature plus complexes à maîtriser.
Interopérabilité avec les autres grands cadres de référence
La SBTi veille également à son interopérabilité avec les autres grands cadres de référence : normes comptables internationales, SME Climate Hub (coalition We Mean Business), RE100 pour les énergies renouvelables, norme ISO « zéro émission nette » en cours d'élaboration, systèmes de certificats d'attributs environnementaux,... C'est un atout réel pour les entreprises qui jonglent déjà avec plusieurs référentiels RSE et qui souhaitent éviter la redondance des reportings.
Construire son plan de réduction : budget carbone, bilan GES et trajectoire
Avant d’établir ces objectifs, vous avez besoin de connaître quels sont les principaux leviers d'action de votre entreprise. Le budget carbone et le scénario d’émission permettent, ensemble, de déterminer la quantité maximale que l’entreprise concernée peut encore émettre tout en respectant ses objectifs.
Une fois ce montant déterminé, l’entreprise doit ensuite évaluer son bilan d’émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, elle crée un plan cohérent pour réduire ses émissions en accord avec l’objectif qu’elle s’est fixé, c’est-à-dire en dessous du budget carbone restant à l’entreprise. Cela peut prendre un temps considérable sans formation bilan carbone adéquate. Parfois, cela demande même des moyens supplémentaires lorsque vous choisissez de l’externaliser.
Heureusement, c'est là que Carbo intervient. Ainsi, on vous propose une plateforme de calcul du bilan carbone avec une interface simple à prendre en main. Le tout accompagné d’un guide pas à pas qui vous donne une trajectoire bas-carbone et plan d’actions. Estimez plus facilement vos émissions sur les différents pôles de votre activité.
Carbo propose une fonctionnalité trajectoire bas-carbone et plan d’actions. C'est une projection personnalisée alignée sur les objectifs des Accords de Paris. Anticipez et améliorez votre impact avec des scénarios adaptés à votre entreprise. Atteignez vos objectifs grâce à un plan d'actions de réduction sur mesure, lié à vos bilans carbone. Vous avez le contrôle total. Chaque action contribue à votre trajectoire bas-carbone avec des conseils pratiques pour guider votre transition.
Les aides disponibles pour financer votre démarche
Des aides publiques existent pour alléger cet investissement : le Diag Décarbon'Action pour les TPE/PME, le Prêt Vert de Bpifrance (de 50 000€ à 5 millions d'euros sur 2 à 10 ans) ou encore le Prêt Industrie Verte pour la décarbonation industrielle. De plus, pour les ETI et grandes entreprises, les dispositifs de France 2030 ou les financements verts proposés par les grandes banques dans le cadre de leur propre engagement SBTi sont également disponibles.

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3/ Valider ses objectifs auprès de la SBTi
Une fois l'objectif élaboré, l'entreprise doit dorénavant remplir le Target Submission Form (plus de 500 salariés) / Target Setting Letter for SMEs (PME moins de 500 salariés). Ensuite, il faut envoyer le formulaire complété à SBTi Services via leur plateforme en ligne.
Si l’objectif est approuvé, l’entreprise en est ensuite informée. Une mention sera également faite sur le site de la SBTi ainsi que dans les futures communications des membres et partenaires de l’initiative.
La Science Based Target Initiative réclame aux entreprises d’actualiser leur progression annuellement en publiant leurs émissions de GES. Cela leur permet de conserver le label. En France, les régulations contraignent en effet à réaliser un bilan GES réglementaire seulement tous les 3 à 4 ans. Toutefois, avec l'arrivée de la CSRD, les entreprises concernées devront désormais produire un reporting annuel complet de leurs émissions. Et cela en s'alignant sur les exigences de transparence de la SBTi.
🖐 Cette étape est soumise à des frais selon la taille de l'entreprise (consultez le site de SBTi Services pour les tarifs actualisés). Voir le Target Submission Form and guidance.
4/ Communiquer et rester transparent sur ses objectifs
Dernière étape lorsque vous validez votre objectif : communiquez, communiquez, et… communiquez ! 🔊

Vous l’avez compris, la transparence est clé lorsque vous collaborez avec la SBTi. En plus de mettre en avant l’initiative, votre entreprise participe activement à la sensibilisation vis-à-vis de l’urgence climatique. En rejoignant le mouvement, votre entreprise peut devenir un véritable vecteur de changement. Elle peut concrétiser son engagement sur tous les fronts.
Selon la Science Based Target Initiative, l'initiative continue d'attirer les plus grandes entreprises mondiales de tous les secteurs. Le mouvement est en marche alors n'attendez plus !
FAQ : tout sur la SBTi
L’initiative Science Based Targets (SBTi ou iSBT en français) est un projet qui offre un label et une reconnaissance aux entreprises qui définissent un plan avec des objectifs sbt clairs et transparents pour réduire leur empreinte carbone.
1/ Pour contribuer à l’effort collectif contre le réchauffement climatique
2/ Pour renforcer son image de marque et booster sa marque employeur
3/ Pour anticiper la loi
4/ Pour construire un avantage concurrentiel
1/ Signer et envoyer sa lettre d’engagement à la SBTi
2/ Définir des objectifs qui respectent les critères de la SBTi
3/ Valider ses objectif auprès de la SBTi
4/ Communiquer et rester transparent sur ses objectifs
Le bilan carbone réglementaire (BEGES) est une obligation légale française tous les 4 ans. La SBTi est une démarche volontaire internationale qui va plus loin : elle fixe des objectifs de réduction validés scientifiquement et exige un reporting annuel transparent.
Selon les données d'impact de la SBTi publiées en 2025 : 91 % des entreprises avec des objectifs validés déclarent un impact positif global sur leur activité, 95 % rapportent un effet positif sur leur réputation, 80 % sur la cohésion stratégique, et 76 % citent un renforcement de la confiance des investisseurs. Un avantage compétitif désormais démontré à grande échelle.








