Lecture 9 min
màj novembre 2021

Le dernier rapport du GIEC expliqué en 7 points

Anaïs Fleury
Sommaire

Vous êtes passés à côté du rapport du GIEC ou n’avez simplement pas le courage de parcourir ces 3 000 pages  ? 🤓 Pas de panique, nous passons en revue le dernier rapport d’évaluation, fruit d’un travail scientifique de 7 années.  ! Et si nous n’avons pas mis sept ans pour écrire cet article, nous déchiffrons pour vous ce rapport en sept points clés pour mieux comprendre les enjeux d’aujourd’hui et de demain. 🙃

Contexte du rapport du GIEC 📖

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) fait l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques concernant le changement climatique. Créé en 1988, le GIEC est une association de pays dans laquelle les personnes physiques siègent en représentant un pays. 

changement climatique définition

Ainsi, aujourd’hui, il existe 6 rapports d’évaluation accompagnés de rapports spéciaux tel que le rapport 1.5 degré, commandé par les gouvernements lors des Accords de Paris en 2015.

🖐Contrairement à ce que l’on peut croire, le GIEC ne fait pas de recommandations à proprement dites, il fait uniquement des projections. 

Ce dernier rapport d’évaluation du GIEC

Le GIEC est composé de 3 groupes de travail : 

  • le groupe I s’intéresse aux bases physiques du climat : passés, présents et futurs. Ainsi, il développe plusieurs scénarios variant selon les émissions de gaz à effet de serre. 
  • le groupe II travaille sur la vulnérabilité des sociétés humaines, les conséquences du changement climatique et les scénarios d’adaptation.
  • quant au dernier groupe, c’est l’atténuation du changement climatique. 

Le rapport sorti en août 2021 rend les conclusions du groupe I de travail. Rendez-vous en février 2022 pour la sortie du travail du groupe II et en mars 2022 pour celui du groupe III.

La première partie du sixième rapport a été publiée le 9 août 2021 et est composée de 3949 pages (on ne vous ment pas!). 234 scientifiques de 66 pays ont contribué, sur la base de plus de 14 000 études scientifiques. 

Des chiffres qui donnent le tournis, d’autant plus qu’il en existe trois versions :

💡 S’il y en a un à lire en plus de cet article évidemment, c’est bien le premier car c’est le plus petit des trois ! 

Le GIEC fournit des informations associées à un niveau de confiance et un niveau de probabilité :

- qualitatif : la confiance (very low, low, medium, high and very high)

- quantitatif : la probabilité (virtually certain, extremely likely, very likely, likely, more likely than not, about as likely as not, unlikely, very unlikely, extremely unlikely, exceptionally unlikely)

1.  « L’action humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et la terre » 🌎

C’est le point A.1 du rapport d’évaluation et il est « sans équivoque » : la responsabilité humaine provoque « des changements rapides dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et la biosphère ».

Qu’est ce que cela signifie concrètement dans le rapport du GIEC ? 

Jusqu’ici, il était « extrêmement probable » que l’action anthropique influe sur le réchauffement climatique. Désormais il est sans équivoque. Le dernier rapport souligne par ailleurs, que la concentration en gaz carbonique augmente depuis environ 1750. 

Les concentrations sont de : 

  • 410 ppm de dioxyde de carbone (CO2) / an (2011)
  • 1866 ppb de méthane (CH4) (2011) et
  • 332 ppb d’oxyde de nitreux (N20) (2019). 

Du jamais vu depuis deux millions d’années. 

L’influence humaine a réchauffé le climat à un rythme sans précédent depuis au moins les 2000 dernières années.

d’après le GIEC

Climat & rapport du GIEC : une augmentation des températures liées aux gaz à effet de serre 

Les gaz à effet de serre ont donc contribué « certainement » à un réchauffement de 1 à 2°C. Quant aux aérosols, ils ont contribué à un refroidissement de 0 à 0,8°C. Pour les facteurs naturels, c’est -0,1 °C à 0,1°C.

2. « L’ampleur des changements climatiques sont sans précédent... » 🤒

...de plusieurs siècles à plusieurs milliers d’années. Notre planète subit des changements climatiques inégalés et inédits dans l’histoire. En effet, chacune des quatre décennies a été successivement plus chaude que toutes les précédentes depuis 1850. 

rapport giec : protection environnement

Et l’année 2019 détient le triste record du le taux de concentrations atmosphériques de CO2 plus élevées qu'à tout autre moment, du jamais vu depuis au moins deux millions d’années (« high confidence »).

Et le climat, c’est grave, docteur ?

Le rapport souligne que : 

  • la hausse du niveau de la mer s’est accélérée et est trois fois plus rapide aujourd’hui que pendant la période 1901-1971 ; 
  • Le réchauffement des océans est plus rapide au cours du siècle dernier que depuis environ 11 000 ans (medium) ;
  • la concentration en CO2 est la plus élevée depuis au moins 2 millions d’années ;
  • les calottes glaciaires fondent de plus en plus, (6x plus vite au Groënland entre 2010 et 2019 comparé à la décennie précédente) ; 
  • La température globale de surface à augmenté plus vite depuis 1970 que depuis tout autre période précédente depuis au moins 2000 ans (high confidence) ; 
  • En 2011-2020, la superficie moyenne annuelle de la glace en Arctique à atteint son niveau le plus bas depuis au moins 1850. 

Le rapport confirme des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents ?

Le changement climatique s’accompagne d’une hausse de la fréquence et/ou de l’intensité des évènements climatiques extrêmes : 

  • Il est pratiquement certain que les chaleurs extrêmes et vagues de chaleurs sont plus fréquentes et intenses dans la plupart des régions terrestres depuis les années 1950.
  • La fréquence et l’intensité des épisodes de fortes précipitations ont augmenté depuis les années 50 (high confidence).

🖐 On attribue à la plupart des événements climatiques extrêmes une influence d’origine humaine. En tout cas, l’action humaine aurait « probablement » augmenté les chances d’occurrence. Et ce, depuis les années 50. 

3. « L’influence humaine est le principal facteur de réchauffement… » 🏭

Il est incontestable que les activités humaines sont à l'origine du changement climatique, qui rend les phénomènes climatiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses, plus fréquents et plus graves.

d'après le giec

🖐 Depuis la publication du 1er rapport du GIEC en 1990, 1000 milliards de tonnes de CO2 ont été émises. C’est presque la moitié de nos émissions depuis le début de toute l’ère industrielle.

En plus d’être le principal facteur de réchauffement, les activités anthropiques ont réchauffé le climat à un rythme sans précédent depuis au moins 2000 ans. Cela signifie qu’il y a intensification des changements climatiques accompagnées d’une généralisation affectant toutes les régions habitées. 

Le GIEC interroge la responsabilité de l'homme sur le réchauffement global de la planète 

A l’origine, l’effet de serre. Phénomène naturel, la surface de la Terre renvoie une partie de son rayonnement vers l’espace. Et les gaz à effet de serre interviennent ici : ils agissent comme un piège sur une partie de la réverbération des rayons du soleil sur la Terre. Cela fait que les rayonnements infrarouges ne sont pas renvoyés vers l’espace. Ils sont désormais stockés dans une couche de gaz située à basse atmosphère.

Et c’est cela qui réchauffe la planète, car les gaz eux sont renvoyés.

🖐 Sans l’effet de serre, la température moyenne sur Terre serait de - 18 °C au lieu de + 14 °C !

Or, les activités humaines ont déréglé ce mécanisme. En effet, l’industrialisation, la déforestation, l’agriculture intensive et l’augmentation de la population impactent et accélèrent, en libérant des GES, notre planète. Le plus abondant est le dioxyde de carbone (CO2) que l’on retrouve lors de la combustion d’énergies fossiles (pétrole ou charbon) ainsi que le méthane, en deuxième position. 

4. « Le changement climatique d’origine humaine affecte de nombreux phénomènes dans toutes les régions de la planète » 🏠

Le GIEC a publié un atlas interactif permettant de visualiser l’avenir climatique selon la température ou les précipitations. C’est une petite avancée puisque jusqu’ici il n’y avait pas d’évaluation faite par région. Désormais, on peut obtenir de l’évaluation des informations par régions. 

La figure ci-dessous représente les températures extrêmes sur les terres émergées, les précipitations, les sécheresses agricoles, avec ou sans influence humaine et d’après les scénarios futurs.

figure rapport giec

Rapport du GIEC : les phénomènes météorologiques et climatiques...

On l’a vu précédemment, il est plus certain que l’influence humaine a sa part de responsabilité dans les changements observés et les phénomènes extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations, sécheresses et cyclones tropicaux).

La petite nouveauté de ce rapport du GIEC ? On observe une augmentation des événements extrêmes des ouragans. Jusqu’ici, les changements étaient considérés comme incertains mais désormais, les phénomènes météorologiques extrêmes, lorsqu’ils s’aggravent, peuvent être mesurés dans le monde entier.

...dans toutes les régions du monde

Toutes les régions sont touchées ; mais subissent le réchauffement climatique de façon différenciée. Par ailleurs, les régions peuvent avoir des événements climatiques extrêmes combinés ou non. Et les conséquences diffèrent selon la région. 

5. «  Il n’y a pas de retour en arrière possible pour certains changements climatiques…» 🔙

Ce n’est pas en réduisant nos émissions de GES que tous les changements climatiques s’arrêteront. A cause de l’inertie du climat, nous subissons les changements climatiques liés aux émissions d'il y a 20 ans, c'est-à-dire que quoique nous fassions aujourd'hui les changements climatiques des 20 prochaines années sont irrémédiables. Le rapport évoque donc des événements irréversibles tels que : 

  • La libération par dégel du carbone contenu dans le pergélisol sur une période de plus de 1000 ans ;
  • le niveau global des mers : même si nous réduisons dès maintenant nos émissions, le niveau de la mer va monter et atteindre +15 à +30 cm. Et cette hausse sera au moins jusqu’en 2050. 
  • les changements dans les océans ainsi que les calottes glaciaires. Les premiers vont continuer de se réchauffer tandis que les seconds vont fondre encore pour quelques années, décennies voire millénaires…Ce qui se passe maintenant aura des répercussions encore dans +1000 ans.
Lutter contre le changement climatique

Attention, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire et que le monde va s’effondrer. On peut tout de même ralentir ces changements climatiques. 

6. « Certains changements pourraient être ralentis et d’autres arrêtés en limitant le réchauffement… » 🤚

Il est encore possible de ralentir tous ces changements en limitant les émissions cumulées de CO2. Réduire les émissions de gaz à effet de serre permettrait d’une part d’améliorer la qualité de l’air et d’autre part, limiter les effets du réchauffement climatique. 

Ainsi, les émissions de GES doivent globalement être réduites.

Le GIEC étudie 5 trajectoires d’émissions (socio-economic pathways). Dans tous les scénarios, nous pourrions atteindre les 1,5°C d’ici 20 ans. Et nous resterons au-dessus de +1,5°C jusqu’à la fin du siècle. Et le résultat de ces scénarios concerne quatre échelles temporelles : court terme (2021-2040), moyen terme (2041-2060) et le long terme (2081-2100) par rapport à 1850-1900 (sauf indications contraires).

🖐 Début d’année prochaine sera publié le rapport d’évaluation du GIEC du 3eme groupe de travail. Il portera sur les différents scénarios. Quant au groupe 2, il produira en début d’année prochaine son rapport d’évaluation qui abordera notamment la question de la justice climatique

Ce qui varie dans ces scénarios ? Les émissions en fonction des hypothèses socio-économiques, de la présence de contrôle de la pollution de l’air ou non, et de politiques d’atténuations des changements climatiques par exemple.

rapport giec figure

7. « Le climat que nous connaîtrons à l'avenir dépend des décisions que nous prenons maintenant. » ▶️

Si certains glaciers vont encore fondre pendant des décennies et ce, quelque soit notre action, tout n’est pas gris non plus. Le pléonasme est là : les émissions passées sont passées, et on ne peut plus rien y faire. 

Limiter le réchauffement doit être une priorité d’aujourd’hui et non de demain pour atténuer d’une part la montée du niveau des mers par exemple ou bien encore les vagues de chaleur. C’est donc hic et nunc que nous devons agir pour le climat ; moins on agit, moins on pourra limiter la casse. 

Pour atteindre les objectifs de réduction, vous avez la possibilité de lutter contre le réchauffement climatique, citoyen.ne ou entreprise en diminuant votre empreinte carbone. Les solutions de Carbo vous permettent de mesurer votre impact. Ainsi, vous pouvez connaître les points d’amélioration possibles : diagnostiquer pour savoir où vous avez mal ! Nul besoin d’attendre la décision des Grands : les moyens d’agir se trouvent déjà entre vos mains.

Tu es un as de l’environnement et du réchauffement climatique ? Super, on t’a concocté un (chouette) quizz sur l’environnement ! 

Quizz Environnement

Découvrez notre Quizz Environnement pour mieux comprendre le réchauffement climatique.

Anaïs Fleury
Content Manager chez Carbo
Découvrez l'impact carbone de votre vie quotidienne et de votre entreprise avec Carbo !
Découvrir Carbo
Carbo ebook

Vous devriez aussi aimer

Logo Carbo Bilan Carbone Entreprise
Version beta

Engagez vous dès aujourd'hui avec Carbo.

Votre allié pour maîtriser votre impact carbone
cross linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram