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FAQ : l'essentiel à savoir sur la notation extra-financière
La notation extra-financière vise à évaluer les entreprises sur d’autres critères que ceux économiques. Contrairement aux agences de notation traditionnelles, ce sont les comportements sociaux et environnementaux qui sont évalués à travers les critères ESG, et non la solvabilité économique de la structure.
La notation financière peut être : déclarative ou sollicitée.
1. Elle permet aux entreprises de connaître leur positionnement en termes de gouvernance et de responsabilité sociale et environnementale.
2. La notation extra-financière est aussi extrêmement utile pour les investisseurs qui souhaitent connaître le niveau d’éco-responsabilité d'une entreprise avant d'investir.
Certaines agences extra-financières reprennent le système de notation par lettres (par exemple : AAA) ou par signes (+ ou –).
Oui, une bonne notation facilite l'émission de green bonds et l'attraction d'investisseurs ISR. La Taxonomie européenne devient le langage commun entre reporting et financement, avec des conditions préférentielles pour les entreprises alignées sur les objectifs de durabilité.
Nul besoin de travailler chez l'agence de notation Vigeo ou Moody’s, pour comprendre les principes de la notation extra-financière. Il suffit de lire cet article 😇. Le sujet prend de plus en plus de place dans les politiques RSE : en comprendre les bases peut donc se révéler particulièrement utile dans la gestion de votre entreprise et (ou) de votre portefeuille d'investissements. Sans transition, voici tout ce qu’il faut savoir pour maîtriser les fondamentaux de la notation extra-financière en quelques minutes.
Qu’est-ce que la notation extra-financière ?
La notation extra-financière vise à évaluer les entreprises sur d’autres critères que ceux économiques. Contrairement aux agences de notation traditionnelles, ce sont les comportements sociaux et environnementaux qui sont évalués, et non la solvabilité économique de la structure.
En résumé, cela permet d’évaluer un organisme sur sa responsabilité sociale, environnementale et sa gouvernance, à l’origine de 3 indicateurs clefs : les critères ESG.

Critères ESG
Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) rendent ainsi compte des agissements d’une société ou d’un secteur dans l'écologie, dans le droit du travail et dans la gouvernance. On retrouve donc les principes de développement durable.
🌱 Critère Environnemental : gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, prévention durable des risques liés à des catastrophes industrielles (marées noires, contamination des sols…)
✊ Critère Social : respect du droit des employés et du dialogue social dans la politique de management, de la parité et du nombre de personnes en situation de handicap, prévention des accidents du travail, formation du personnel
⚖ Critère de Gouvernance : lutte contre la corruption, respect de la transparence de la rémunération des dirigeants, relation entre les actionnaires, la direction et le conseil d’administration.
À quoi sert la notation extra-financière ?
La notation extra-financière s’adresse aux entreprises qui souhaitent connaître leur positionnement en termes de gouvernance et de responsabilité sociale et environnementale. Cette évaluation peut devenir un outil de performance et de communication très efficace. En effet, elle donne la possibilité aux structures de communiquer leurs engagements sur la voie de l’éthique et du durable.
Au service des entreprises à mission
La notation extra-financière peut prendre 2 formes : déclarative et sollicitée.
La notation déclarative
Elle se déroule sans que la société ait donné son accord. Cette notation est réalisée par une agence qui peut ensuite vendre ces données à des gestionnaires de fonds. Cela permet d’estimer la responsabilité sociale d’une entreprise avant de l’intégrer dans l’investissement socialement responsable (ISR).

La notation sollicitée
Dans ce cas-ci, l’organisme commande une notation extra-financière à l’agence. Le but est généralement d’évaluer son positionnement en termes de RSE et de rassurer les parties prenantes de la société. Libre à elle d’ensuite communiquer ou non sur ses performances. Dans tous les cas, aller au-delà de la notation financière classique ne peut être que bénéfique pour les entreprises. En plus de renforcer leur image de marque, cette évaluation permet de booster leur marque employeur. Elle peut également apporter une aide à la définition de la « raison d’être » de son entreprise.
De plus, une bonne notation extra-financière facilite l'accès au financement. Les entreprises bien notées bénéficient de meilleures conditions pour émettre des green bonds et attirer les investisseurs ESG, dans un contexte où la Taxonomie européenne s'impose comme le langage commun entre reporting et stratégie de financement.
⚠️ Attention au greenwashing : comme beaucoup d’autres démarches volontaires, la notation sollicitée peut être utilisée dans l’unique but de verdir l’image d’une entreprise.
Au service de l’investissement socialement responsable
Comme on l’a vu avec la forme déclarative, la notation extra-financière peut s’avérer extrêmement utile pour les investisseurs. Avant d’intégrer une entreprise dans son portefeuille, de plus en plus d’investisseurs souhaitent d’abord connaître son niveau d’éco-responsabilité.
Pour l’approche Best in Class par exemple, cette notation prend tout son sens puisque dans chaque secteur d’activité, seules les entreprises les plus responsables et éthiques sont sélectionnées par les sociétés de gestion. Bien que les notations extra-financières ne soient pas fiables à 100% (et nous y reviendrons), elles permettent tout de même de savoir si un fonds ISR respecte bien les bases du développement durable.
Malgré les turbulences récentes du marché ESG — avec un retrait de 8,6 milliards de dollars des fonds ESG au premier trimestre 2025 — les études démontrent que 88% des recherches confirment qu'une gestion rigoureuse des critères ESG améliore le rendement et réduit la volatilité. Le marché rejette l'ESG de façade, mais valorise l'ESG stratégique.
Les agences de notation extra-financière
Un leadership européen
Historiquement, les pays européens ont été les premiers à se positionner sur le marché de la notation extra-financière. Encore aujourd’hui et contrairement au secteur de la notation classique, l’Europe et ses agences de notation extra-financière dominent. On peut notamment citer Core Ratings et Trucost au Royaume-Uni, Vigeo Eiris et Ethifinance en France.

Cependant, le marché a connu une consolidation majeure ces dernières années. En 2019, Moody's avait racheté Vigeo Eiris, agence pionnière française de la notation extra-financière. Mais en juillet 2024, Moody's a annoncé l'arrêt de ses activités de notation ESG pour s'associer à MSCI, géant américain qui contrôle désormais près d'un tiers des parts de marché mondial. Cette concentration du secteur entre quelques acteurs américains (MSCI, S&P Global) et britanniques (LSEG) soulève des inquiétudes sur la souveraineté européenne en matière d'évaluation ESG.
Les principaux acteurs de la notation extra-financière
- MSCI (États-Unis) : Leader mondial avec environ 30% de parts de marché, spécialisé dans l'approche de matérialité financière
- Sustainalytics (Pays-Bas/Canada) : Acteur majeur, récemment acquis par Morningstar
- S&P Global (États-Unis) : Intègre les données de Trucost (racheté en 2016)
- LSEG/FTSE Russell (Royaume-Uni) : Fournisseur d'indices ESG
- Ethifinance (France) : Agence européenne spécialisée dans les PME et ETI, mettant l'accent sur la double matérialité
Face à cette domination anglo-saxonne axée sur la matérialité financière, les agences européennes comme Ethifinance défendent une approche de double matérialité (impact et risques financiers), en phase avec la réglementation européenne CSRD.
Les limites
Première remarque : il n'existe pas de référentiel commun à toutes les agences de notation extra-financière. Toutefois, depuis 2024, l'Union européenne a franchi un cap avec les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), élaborées par l'EFRAG. Ces normes établissent un cadre unifié pour le reporting de durabilité des entreprises européennes, imposant des indicateurs standardisés sur 12 thématiques (climat, pollution, biodiversité, conditions de travail, etc.). Cette harmonisation répond directement aux critiques sur le manque de comparabilité entre agences.
Cependant, hors d'Europe, la note attribuée aux entreprises peut encore fortement varier en fonction de l'agence choisie, ce qui remet en question la fiabilité de ces évaluations.
Une autre critique qui revient souvent est le manque de transparence. Beaucoup de clients se plaignent du manque de dialogue avec l’agence et du peu d’informations communiquées. Obtenir une note est une chose ; la comprendre en est une autre. Les agences disposent encore d’une certaine marge de manœuvre pour mieux communiquer sur leurs méthodes de calcul, et ainsi mieux expliquer les critères d’évaluation proposés.
Comment fonctionne la notation extra-financière ?
La collecte d’informations
L’agence de notation extra-financière collecte toutes les informations publiques sur la société évaluée (documents de référence, rapports annuels, informations publiées sur le site internet, etc). Elle peut également consulter l’entreprise via des questionnaires ou des rencontres.
La phase de sollicitation
Pour évaluer une société, il faut bien connaître son environnement. C’est pourquoi les agences sollicitent très souvent des parties prenantes (fournisseurs, clients, etc). Certaines agences collaborent aussi avec des ONG et syndicats pour croiser les informations obtenues auprès de plusieurs entreprises.

L’évaluation
Sur la base des critères ESG, les agences définissent des indicateurs plus spécifiques qui varient en fonction des organismes. On retrouve souvent la contribution à l’amélioration de la santé publique, la valorisation de la formation professionnelle, l’amélioration des conditions d’hygiène et de sécurité, la mise en place d’une politique de protection de l’environnement, la lutte contre la corruption, etc.
Les agences évaluent notamment :
- la politique de ressources humaines ;
- les relations avec les clients, les fournisseurs et les sous-traitants ;
- l’environnement ;
- le gouvernement d’entreprise.
83% des grandes entreprises françaises ont désormais publié un plan de transition climatique, contre 67% qui s'appuient sur les indicateurs de la Taxonomie européenne pour définir leurs investissements. Ces chiffres témoignent d'une maturité croissante en matière de reporting ESG.
étude KPMG Taxonomie 2025
Enfin, la société obtient une note qui (encore une fois) dépend de l'organisme d'évaluation. En 2024-2025, la société JCDecaux (spécialisée dans la publicité urbaine) a par exemple obtenu la note AAA auprès de MSCI, la note A auprès du CDP, et 11,9 (low risk) auprès de Sustainalytics. Les notes obtenues sont A-, AAA et 4,6/5. Il paraît difficile de comparer ces résultats à ceux d'entreprises du même secteur ayant réalisé une notation via une autre agence. Si on voit le verre à moitié plein, disons que cela permet d'avoir une bonne idée du niveau d'intégration du développement durable dans une société.
Le plan d’actions
Une fois la note obtenue, l'entreprise peut mettre en place un plan d'actions pour améliorer ses résultats. Depuis janvier 2024, ces politiques doivent être intégrées dans le rapport de durabilité conformément à la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui remplace l'ancienne DPEF. La CSRD impose des exigences beaucoup plus strictes : analyse de double matérialité obligatoire (évaluation des impacts de l'entreprise sur son environnement ET des risques/opportunités pour l'entreprise), reporting selon les normes ESRS, et vérification par un organisme tiers indépendant.
Le calendrier d'application de la CSRD est progressif :
- janvier 2025 pour les grandes entreprises déjà soumises à la NFRD
- janvier 2027 pour les autres grandes entreprises (>250 salariés)
- janvier 2029 pour les entreprises non européennes réalisant plus de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires en Europe.
Cette directive concerne environ 50 000 entreprises en Europe, soit quatre fois plus que la réglementation précédente
Pour obtenir de meilleurs résultats, retenez qu’améliorer va souvent de pair avec mesurer. Avec Carbo par exemple, vous pouvez facilement évaluer votre bilan carbone pour connaître les postes d’émissions les plus importants dans votre entreprise. Car oui, l’empreinte carbone constitue un indicateur environnemental de référence, très utile à toute notation extra-financière.

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Quel avenir pour la notation extra-financière ?
Piste 1 : une harmonisation des pratiques
On l'a vu, les différentes pratiques des agences peuvent poser problème. Et si ces méthodes convergeaient pour n'en former qu'une ? Il devient nécessaire d'unifier les critères pour parvenir à une notation reconnue, transparente et fiable. À plus petite échelle, on a déjà pu assister à une certaine harmonisation avec notamment l'adoption des normes ESRS en Europe depuis 2024.
L'Union européenne a franchi un cap décisif avec la CSRD et les normes ESRS, qui établissent pour la première fois un référentiel européen unifié et juridiquement contraignant. Ces normes imposent des indicateurs standardisés sur 12 thématiques (climat, pollution, biodiversité, eau, économie circulaire, conditions de travail, égalité, droits humains, etc.), favorisant la comparabilité entre entreprises. Le chemin vers une harmonisation mondiale semble encore assez long 😄, mais l'Europe montre la voie.
Piste 2 : une consolidation du marché
Cette seconde piste s'est largement concrétisée. Outre le rachat de Vigeo par Moody's en 2019 puis l'arrêt de cette activité ESG en 2024 : les géants américains ont largement pris le contrôle du marché. MSCI domine désormais avec près d'un tiers des parts de marché mondial, suivi par S&P Global et Morningstar (propriétaire de Sustainalytics). Cette concentration soulève des questions de souveraineté pour l'Europe, d'autant que ces acteurs privilégient une approche de matérialité financière, là où la réglementation européenne impose une double matérialité (impacts ET risques financiers).
Face à cette domination, les agences européennes comme Ethifinance tentent de se positionner comme alternative crédible, en phase avec les exigences réglementaires européennes. La demande existe : depuis l'annonce de Moody's, plusieurs investisseurs européens recherchent activement des partenaires locaux.
L’importance qu’accordent désormais les grands groupes à la notation extra-financière montre à quel point le sujet est devenu prépondérant. De là à assister à une fusion pure et simple des notations financière et extra-financière, il n’y a qu’un pas ! Et on en rêve chez Carbo 😉. Une chose est sûre : l’hypothèse n’a aujourd’hui plus rien de loufoque.








