Sommaire

Les critères ESG en bref !
Environnement, Social et Gouvernance.
Les critères ESG permettent d'évaluer la démarche RSE d'une entreprise. Au-delà du simple aspect économique, ces critères prennent en compte les impacts sociaux et environnementaux des activités.
Prendre en compte les critères ESG permet d'insérer les enjeux sociaux et environnementaux et de gouvernance dans sa gestion globale.
Non, en 2024 les fonds ESG offraient des performances comparables ou supérieures aux fonds traditionnels sur le long terme.
Le seul moyen pour un investisseur de comparer des critères ESG est de comparer l'objectif global des fonds. Il faut se référer aux fonds ISR et labels reconnus, comme l'ISR qui a renforcé ses exigences en 2024.
Les critères ESG concernent plutôt l'investissement alors que la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) concerne tous les acteurs économiques.
Introduction
En France, la directive CSRD a remplacé la loi de Transition Énergétique comme cadre principal du reporting extra-financier. Entrée en vigueur le 1er janvier 2024, elle impose aux grandes entreprises de publier un rapport de durabilité détaillé selon les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Elle concerne en particulier les banques, les assurances et les sociétés de gestion de toute taille. Il est aussi primordial de donner aux investisseurs une grille simple d'analyse pour faciliter l'investissement socialement responsable (ISR). C'est dans ce contexte que les critères ESG entrent en jeu : on vous explique sa signification.
Ces critères peuvent-ils devenir un pilier pour tous investissements responsables dans le cadre du développement durable futur ? Comment bien les choisir ? La performance financière de ce type de placements est-elle à la hauteur d’un investissement classique ? Carbo vous éclaire sur ce sigle devenu incontournable dans la finance durable.
🖐 Ne pas confondre finance durable et finance solidaire.

Quels sont les critères ESG ?
Définition simple
En une phrase, les critères ESG permettent d'évaluer la démarche RSE d'une entreprise. Au-delà du simple aspect économique, ces critères prennent en compte les impacts sociaux et environnementaux des activités.
ESG : signification
On ne parle pas ici d’une Ecole Supérieure de Gestion, mais bien d'un critère extra-financier, « permettant d’évaluer un acteur économique en dehors des critères financiers habituels que sont la rentabilité, le prix de l’action et les perspectives de croissance », selon la définition de l’AMF. Les critères ESG ont une toute autre signification que ceux traditionnels, et une portée plus éthique et durable pour les investisseurs soucieux de ces questions.
Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) rendent ainsi compte des agissements d'une société ou d'un secteur dans l'écologie, dans le droit du travail et dans la gouvernance. En 2024, les actifs mondiaux des fonds durables ont atteint près de 3,2 trillions de dollars. En Europe, les fonds durables représentent une part significative du marché des fonds européens dans son ensemble. Les ETF ISR, en particulier, connaissent une forte croissance : ils représentaient plus de 65% des flux nets européens vers les fonds durables en 2024 (contre 14% en 2019).
Quels sont les 3 piliers des critères ESG ?
Les trois critères ESG reposent sur de multiples données.
🌱 Critère Environnemental : gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, prévention durable des risques liés à des catastrophes industrielles (marées noires, contamination des sols…), impact carbone, mesure du bilan carbone complet (scopes 1, 2 et 3), alignement avec les objectifs de l'Accord de Paris
✊ Critère Social : respect du droit des employés et du dialogue social dans la politique de management, de la parité et du nombre de personnes en situation de handicap, prévention des accidents du travail, formation du personnel, conditions de travail tout au long de la chaîne de valeur, respect des droits humains
⚖ Critère de Gouvernance : lutte contre la corruption, respect de la transparence de la rémunération des dirigeants, relation entre les actionnaires, la direction et le conseil d'administration, diversité au sein des instances dirigeantes, éthique des affaires

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Pourquoi une entreprise devrait prendre en compte les critères ESG ?
La prise en compte des critères ESG permet d'insérer les enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance dans sa gestion globale. Ainsi, cette mesure peut non seulement accroître les performances d'une entreprise, mais également valoriser son image, notamment pour attirer des investisseurs. Une entreprise qui intègre les critères ESG dans sa démarche RSE revête une véritable signification auprès d'investisseurs potentiels. En effet, ces critères sont au cœur du processus de labellisation des fonds d’Investissement Socialement Responsable (ISR) : entre recherche de performance et orientation responsable de son épargne. Quels sont vos objectifs en matière de label ?
🖐 La directive CSRD, en vigueur depuis janvier 2024, a profondément transformé le paysage du reporting ESG en Europe. Elle impose des normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) détaillées et introduit le concept de double matérialité : les entreprises doivent analyser à la fois l'impact de leurs activités sur l'environnement et la société (inside-out), et l'impact des enjeux de durabilité sur leur performance financière (outside-in). Toutefois, en décembre 2025, l'accord provisoire "Omnibus I" a simplifié son application : le seuil a été relevé à 1000 salariés ET 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, réduisant d'environ 80% le nombre d'entreprises initialement concernées.
Comment bien choisir son portefeuille ESG ?
Choisir un portefeuille ESG qui correspond à vos valeurs - qui ait une signification - prendra du temps et pour cause, toutes les entreprises peuvent, si elles le désirent, appartenir à des fonds ESG... Cette « générosité » permet à une banque de proposer un produit responsable et durable, type ISR, qui comprend des sociétés dont les pratiques et engagements environnementaux et sociaux laissent à désirer.
Comment est-ce possible ? Voici trois éléments de réponse :
⚒ Une entreprise de l’industrie minière peut-elle s’inscrire dans une démarche de développement plus responsable ?
👉 Pas vraiment. Pourtant, elle peut tout à fait avoir une bonne note si l’ensemble des salaires de ses dirigeants est correctement renseigné. Le type d'activité est tout aussi important que l’entreprise elle-même dans le choix final.
🌎 Les critères ESG sont-ils les mêmes pour toutes les sociétés dans le monde ?
👉 Malheureusement, non. Ils dépendent des pays d'origine de l’entreprise, ce qui peut nuire quelque peu à la crédibilité de certains fonds. Un exemple : les fonds seront mieux notés aux États-Unis pour leur niveau de transparence des salaires que pour leurs actions et pratiques environnementales.
🤝 Les informations mises à disposition par les entreprises pour les fonds sont-elles certifiées par un tiers indépendant ?
👉 La situation évolue. Avec la CSRD, les rapports de durabilité doivent désormais être certifiés par un auditeur indépendant (OTI - Organisme Tiers Indépendant). Cette obligation de certification externe renforce considérablement la fiabilité des données ESG publiées et répond aux critiques sur le manque de contrôle.

Le seul moyen pour des investisseurs de comparer des critères ESG est... de comparer l’objectif global des fonds
Comment comparer différents fonds ISR ?
Comment alors s’y retrouver ? Le site spécialisé dans la finance durable Novafi n’y va pas par quatre chemins. « Le seul moyen pour un investisseur de comparer des critères ESG est de comparer l’objectif global des fonds ».
La question est alors plutôt « Est-ce que je souhaite investir dans des entreprises qui :
- respectent telles ou telles normes environnementales ou des entreprises qui ont un impact social fort ? » Ou
- qui ont une politique d’inclusion forte envers des minorités ? »
Classification des stratégies ISE
C’est encore flou ? Heureusement, il existe une classification des stratégies ISR qui hiérarchise les acteurs actifs dans leurs catégories respectives. Et vient aider les investisseurs à mieux comprendre l’objectif de chaque investissement potentiel :
| Stratégie ISR | Angle | Indicateurs majeurs |
| ✅ Investissement responsable | Retenir des entreprises engagées dans une démarche de développement durable | - Présence d'une démarche RSE - Part des produits / services responsables |
| ✅ Investissement Best-In-Class | Retenir les entreprises les mieux notées d'un point de vue ESG, par secteur d'activité | Spécifiques à l'activité (ex : sources d'énergie dans l'industrie) |
| ✅ Investissement Best-In-Universe | Retenir les entreprises les mieux notées d'un point de vue ESG, quelque soit le secteur | Performance globale ESG |
| ✅ Investissement fondé sur un label/norme | Retenir les entreprises qui respectent certains standards, normes ou labels | - Réalisation d'études d'impact - Respect des normes dans tout la chaîne de valeur |
| ✅ Intégration ESG | Asset Management : référence explicite des opportunités et risques environnementaux, sociaux et de gouvernance dans l'analyse financière "traditionnelle" | - Performance environnementale (ex : émissions de gaz à effet de serre) - Performance sociale (ex : formation des salariés) |
Le label ISR français a renforcé ses exigences en mars 2024 (version 3 du référentiel). Depuis cette date, les fonds ISR excluent obligatoirement les entreprises qui exploitent du charbon ou lancent de nouveaux projets d'exploration, d'exploitation ou de raffinage d'hydrocarbures.
De plus, à partir de 2026, 15% des portefeuilles des fonds ISR devront être investis dans des secteurs à fort impact avec des plans de transition alignés sur les Accords de Paris, un seuil qui sera progressivement relevé les années suivantes. Ces évolutions visent à lutter contre le greenwashing et à renforcer la crédibilité du label.
Performance : faut-il forcément choisir entre un investissement rentable ou durable ?
Des investissements plus résiliants
Les données de 2024 démontrent que les fonds labellisés ISR offrent des performances comparables, voire supérieures, aux fonds traditionnels. Depuis sa création en 2007, l'indice MSCI World ESG Leaders a enregistré un rendement annualisé de 7,1%, contre 7% pour l'indice généraliste MSCI World. Le CAC ESG surperforme le CAC classique de 1,3% depuis sa création en 2011. Dans le secteur immobilier, certaines SCPI ISR affichent des taux de distribution très compétitifs sur 2023 : Epsilon 360° (6,25%), Log In (6,21%), Transition Europe (8,16%), et Épargne Pierre Europe (6,26%).
Une étude menée par le Forum pour l'Investissement Responsable et l'École Polytechnique démontre que cette performance s'explique par plusieurs facteurs : les entreprises intégrant des critères ESG sont mieux préparées pour affronter les réglementations environnementales futures et les changements climatiques, elles présentent une meilleure gestion des risques, et elles bénéficient d'une moindre volatilité. Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, les frais de gestion des fonds ISR sont souvent inférieurs à ceux des fonds traditionnels, ce qui améliore la rentabilité nette pour les investisseurs.
A moyen terme, et même si la prise de conscience des principaux fonds de pension américains reste proche du néant, on peut espérer que la réalité du changement climatique (et donc de l’économie et des ressources à disposition dans le monde) rende les critères extra-financiers aussi importants que les financiers. La portée des critères ESG et leur signification devraient dans l'idéal, supplanter ceux économiques.
Si le marché accorde aujourd'hui une prime à la durabilité, il pourrait demain donner un handicap à ceux qui ne s'en soucient pas.
LES ÉCHOS
Les critères ESG au service d’un développement (vraiment) durable ?
Il devient risqué de financer certains domaines d'activité en raison de la réglementation et l'épuisement des ressources.
Quelques industries, comme les sables bitumineux au Canada, ont déjà commencé à souffrir d'exclusions de la part de fonds d'investissement. On peut aisément imaginer que cette liste, notamment du côté des principales compagnies pétrolières, va rapidement s'agrandir. D'ailleurs, avec la version 3 du label ISR (mars 2024), les fonds labellisés excluent désormais systématiquement les entreprises qui exploitent du charbon ou lancent de nouveaux projets d'exploration, d'exploitation ou de raffinage d'hydrocarbures. Cette exclusion obligatoire marque un durcissement significatif des critères.
Pour Les Echos, « ceux qui ne jouent pas le jeu risquent de s'en mordre bientôt les doigts. Si le marché accorde aujourd'hui une prime à la durabilité, il pourrait demain donner un handicap à ceux qui ne s'en soucient pas. »
Critères ESG : quels enjeux pour les petites et moyennes entreprises ?
Les grandes entreprises ne seront pas les seules à devoir s’engager à respecter les critères ESG. Les startups, PME / ETI ont tout intérêt à anticiper dès maintenant le moment où les sociétés de gestion (de type capital-risque) vont imposer cette grille d'analyse dans leur processus de sélection. Mesurer son impact carbone est donc une bonne solution pour rendre son entreprise intéressante en matière de pratiques financières. À vous le bilan carbone !
La directive Omnibus
Avec la directive Omnibus de décembre 2025, les seuils de la CSRD ont été considérablement rehaussés : seules les entreprises de plus de 1000 salariés ET 450 millions d'euros de chiffre d'affaires (ou 25 millions d'euros de bilan) restent soumises au reporting obligatoire. Cette simplification réduit d'environ 80% le nombre d'entreprises initialement concernées. Toutefois, les PME non soumises à la CSRD subissent des pressions indirectes : les grandes entreprises continuent d'exiger des données ESG de leurs fournisseurs, et les financeurs (banques, fonds d'investissement) demandent ce type d'informations.
La norme VSME
Pour accompagner ces PME, l'EFRAG a publié en décembre 2024 la norme VSME (Voluntary Standards for SMEs), un cadre de reporting volontaire simplifié comprenant environ 200 données (contre plusieurs milliers pour les ESRS complets). Ce référentiel devrait s'imposer comme le standard de facto dans les années à venir pour les PME souhaitant démontrer leur engagement ESG sans supporter la charge complète du reporting CSRD.
Le BEGES
De plus, dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone engagée par la France, les obligations en matière de bilan carbone se renforcent. Le BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) est obligatoire tous les 4 ans pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM-COM). Les sanctions ont été durcies par la loi sur l'industrie verte de 2023 : l'amende maximale est désormais de 10 000€ (contre 1 500€ auparavant) et 20 000€ en cas de récidive. De plus, depuis juin 2024, l'obtention d'aides publiques pour la transition énergétique et écologique est conditionnée à la réalisation et publication du BEGES.
💡 Bien que le cadre réglementaire se soit assoupli avec la directive Omnibus, l'intégration de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance reste un atout stratégique pour toutes les entreprises. Celles qui anticipent volontairement ces enjeux se positionnent favorablement pour répondre aux appels d'offres, attirer des investisseurs sensibles à l'ESG, et bénéficier d'un avantage concurrentiel croissant.
Conclusion
Mais que ce soit pour respecter la loi, attirer un fonds plus responsable, obtenir un label ou s’engager activement dans la transition écologique, chez Carbo on reste persuadé d’une chose. Plus les entreprises s’y intéresseront, plus les critères ESG pourront être simplifiés et démocratisés.








