Sape de lutte : le vêtement au service de l’écologie

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màj en mars 2024

Si pour beaucoup, la mode et l’écologie ne font pas bon ménage, ce projet pourrait faire changer les mentalités. Car chez Sape de lutte, l’atelier de sérigraphie du mouvement Alternatiba Paris, des bénévoles upcyclent des vêtements usagés, en y imprimant des illustrations aussi drôles que politiques. Reportage.

Sape de lutte est installé à Césure, aka l’ancien campus de Sorbonne-Nouvelle Censier. Récupéré par Plateau Urbain et Yes We Camp, ce tiers lieu accueille plus de 190 acteurs de l’économie locale et solidaire : projets militants, médias, ateliers d’art… Il faut circuler un certain temps entre les couloirs et les escaliers avant d’arriver à l’atelier de sérigraphie d’Alternatiba Paris.

Sérigraphie et seconde main

C’est dans une salle de cours reconvertie que Sape de lutte prend vie. L’atelier est ordonné mais dégage une ambiance joyeuse. S’il est connu pour sa sérigraphie et l’upcycling de vêtements, les bénévoles y peignent aussi de nombreuses bannières et pancartes pour les actions d’Alternatiba Paris. Clem Converset-Doré , porte-parole du mouvement, et Marie-christine Tran Phong, activiste, nous font visiter.

On remarque rapidement l’imposant carrousel orange, instrument clé de la sérigraphie. Pour cette technique d’impression en direct, un écran -sorte de pochoir- est réalisé, selon le motif que les activistes souhaitent imprimer, puis est installé sur le carrousel. Le vêtement ou le papier qui va recevoir l'encre y est également fixé, et l’encre est appliquée.

Les habits customisés sont -évidemment- de seconde main. Une fois par mois, les bénévoles se rendent au Relais Val de Seine et passent la journée à sélectionner des pièces. Ils ont de quoi faire, car l’organisation récupère 25 tonnes de vêtements par jour, mais ont parfois du mal à trouver des vêtements adaptés au projet. Car avec l’essor du chinage et le développement des boutiques du Relais, les plus belles pièces partent vite. Le défi est accepté de bonne grâce par Marie-Christine : « Tant mieux ! Car quelque part, ça veut dire que la seconde main se démocratise ».

Le vêtement : un médium politique

Chaque vêtement est orné d’une illustration créée par des artistes bénévoles engagé·es au sein du mouvement. Souvent drôles et toujours esthétiques, ces créations ont un but engagé. Elles permettent notamment de créer une complicité parmi les membres du mouvement. « On est un certain nombre d’activistes à porter les T-shirts de sérigraphie, ça crée un sentiment de cohésion. » confirme Clem. 

Outre cette connivence, « le but est aussi de dépasser notre cercle et notre communauté tout en faisant passer des messages écologistes, féministes… » Elle présente par exemple un T-shirt affichant des icônes « vintage » qui n'existent plus : des jeux Diddle, une console mais aussi plusieurs espèces disparues, comme le crapaud doré. Notre œil est attiré par un joli motif ACAB : All Cats Are Badass (bien sûr), ou un très réaliste Bernard Gozillarnaud, où le patron de LVMH écrase joyeusement une ville.

Des slogans célèbres sont également repris, comme la fameuse phrase de Chico Mendes : « L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage ». En affichant ces messages efficaces sur des vêtements qui vont circuler dans l’espace public, l’équipe de Sape de lutte met en place une stratégie complémentaire des actions de désobéissance civile, ou de la communication militante plus traditionnelle.

Financer la lutte par la mode

Les créations sont généralement à prix libre dans l’atelier et sur les événements Alternatiba Paris, mais aussi à prix fixe dans la boutique Emmaüs de Césure, accessible au public. Sape de lutte y a installé des portants en septembre et le succès est au rendez-vous.

Car le mouvement, qui dépend des dons du public et de la Fondation Européenne pour le Climat, voit aussi la vente de ces vêtements et affiches comme un auto-financement. Sape de lutte réalise aussi des commandes pour des organisations, comme une brasserie au menu local ou Green Team Pharma, une association d’étudiant·es en pharmacie engagé·es pour l'écologie. Dans tous les cas, il faut que leurs valeurs se rejoignent. Marie-Christine conclut en riant : « On a failli bosser avec Total, ils payent bien ! »

Claire Roussel
Claire est une journaliste indépendante spécialisée dans la mode durable et les questions féministes. Elle a collaboré avec des médias comme Tapage, Gaze, NYLON et Marie Claire et produit le podcast Couture Apparente.
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