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Le label ISR en bref !
Le label ISR est un outil créé en 2016 et soutenu par le ministère de l'Économie et des Finances. Il permet à chacun, français et européens, de choisir des placements responsables et durables. Profondément réformé en mars 2024, il exclut désormais les entreprises liées aux énergies fossiles et applique des critères ESG plus stricts. Il permet donc de rendre plus visible les produits d'investissement socialement responsables pour les épargnants.
Les fonds d'investissement qui respectent les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Depuis la réforme de 2024, les fonds doivent également exclure les entreprises exploitant du charbon, des hydrocarbures non conventionnels, ou lançant de nouveaux projets fossiles.
Afnor Certification, Deloitte et EY France sont les trois organismes qui peuvent gérer le processus d'audit nécessaire à la labellisation d’un fonds.
Le label ISR est généraliste et couvre l'ensemble des critères ESG (environnement, social, gouvernance), tandis que le label Greenfin se concentre exclusivement sur la transition énergétique et écologique. Le Greenfin exclut totalement le nucléaire et les énergies fossiles, alors que le label ISR, depuis 2024, exclut les nouveaux projets fossiles mais peut inclure certaines entreprises historiques en transition.
Oui, les études montrent que les fonds ISR sont souvent plus résilients que les fonds traditionnels. Une étude Epsor de 2025 révèle qu'après la réforme, les fonds ISR ont amélioré leur score d'impact de 6 points et réduit leur empreinte carbone de 10%, sans compromettre leur performance financière.
Qu’est-ce que le label ISR ?
Si vous cherchez l’Institut Supérieur de Réflexologie, on vous attend plutôt du côté d’Ergué-Gabéric dans la banlieue quimperoise ! Sinon, vous êtes probablement là pour parler d’Investissement Socialement Responsable (ISR), et plus particulièrement du label ISR. Bonne nouvelle, vous êtes au bon endroit !
Définition
Le label ISR est un outil créé en 2016 et soutenu par le ministère de l’Économie et des Finances. Il permet à chacun, français et européens, de choisir des placements responsables et durables. À ce stade, c’est le seul label de ce type au sein de l’Union Européenne. En janvier 2026, le label ISR était le premier label de finance durable en Europe, avec plus de 1 000 fonds labellisés représentant plus de 800 milliards d'euros d'encours.
Attention néanmoins à ne pas confondre ISR et Impact Investing. Depuis la réforme de mars 2024, le label ISR a considérablement renforcé ses exigences : il exclut désormais les entreprises exploitant du charbon ou des hydrocarbures non conventionnels, ainsi que celles lançant de nouveaux projets d'exploration, d'exploitation ou de raffinage d'hydrocarbures. Toutefois, une société pétrolière historique sans nouveau projet fossile et présentant un plan de transition crédible peut encore être éligible. L'Impact Investing, quant à lui, exclut de financer toute entreprise ou tout secteur ayant des impacts négatifs sur la société et son environnement.
Le label ISR se distingue également du label Finansol qui permet de reconnaître les produits d’épargne de la finance solidaire des autres produits d’épargne.

Quel est le principal objectif du label ISR ?
Selon le site officiel, ce label ISR a pour objectif de « rendre plus visible les produits d’investissement socialement responsables pour les épargnants ». Concrètement, c’est le fruit d’une volonté claire des pouvoirs publics de promouvoir l’investissement socialement responsable sur une gamme étendue de produits financiers : épargne salariale, assurance-vie, PEA, SICAV, etc.
🖐 Bon à savoir : venu remplacer le label pour la transition énergétique et écologique pour le climat (TEEC) en 2019, le label Greenfin constitue une alternative aux labels ISR. Début 2025, 108 fonds ont obtenu ce label pour un encours de 35 milliards d'euros. Le label Greenfin a lui aussi évolué avec un nouveau référentiel entré en vigueur le 1er janvier 2025, intégrant notamment la taxonomie européenne et renforçant ses exclusions.
OPCVM, SCPI, OCPI...quels actifs concernés ?
Au lancement du label ISR, les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM, principalement des Sicav et des FCP) ont été priorisés. Désormais, ces labels peuvent aussi être délivrés à d’autres actifs, comme les fonds alternatifs (FIA).
Un exemple concret : l’immobilier
Dans le secteur particulier de l’immobilier, on peut retrouver des fonds ISR dont le portefeuille est notamment composé de sociétés civiles de placement immobilier (SPCI) ou d'organismes de Placement Collectif Immobilier (OPCI). Dans ce secteur, selon le blog de la start-up Nalo, le label ISR vise notamment à « soutenir l’approche d’investissement dite best in progress, au travers de laquelle les sociétés de gestion s’engagent en particulier à réhabiliter d’anciens biens immobiliers pour améliorer leurs performances énergétiques. »

En France, la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte a imposé aux grandes entreprises de publier un reporting extra-financier - livrable que l'on retrouve généralement associé à une démarche RSE. Parallèlement, il a fallu donner aux investisseurs une grille simple d’analyse pour faciliter l’émergence de l’ISR. C’est dans ce contexte que les critères ESG entrent en jeu.
Quelles garanties apportent le label ISR ?
Une entreprise certifiée ISR est une entreprise qui répond à un certain nombre de règles, garantissant l'application de critères ESG. Depuis mars 2024, ces garanties ont été considérablement renforcées avec l'exclusion des énergies fossiles et l'obligation pour les fonds de démontrer leur alignement avec l'Accord de Paris.
Quels sont les critères ESG ?
Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), parfois appelés critères extra-financiers, sont des informations qui permettent « d’évaluer un acteur économique en dehors des critères financiers habituels que sont la rentabilité, le prix de l’action et les perspectives de croissance », selon la définition de l’AMF. On les utilise pour rendre compte des agissements d’une société ou d’un secteur dans le domaine du développement durable, notamment l'écologie, le droit du travail et la gouvernance. Les encours intégrant ces critères ESG dans leurs stratégies d'investissement ont considérablement augmenté ces dernières années, dépassant les 800 milliards d'euros en France début 2025.
🖐 Bon à savoir : Le label ISR peut ainsi être perçu comme une reconnaissance supplémentaire pour les fonds déjà « considérés» ESG.
Les 3 types de critères ESG
🌱 ENVIRONNEMENTAL : gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, prévention durable des risques liés à des catastrophes industrielles (marées noires, contamination des sols…). En bref, tout ce qui peut caractériser une société éco-responsable.
✊ SOCIAL : respect du droit des employés et du dialogue social dans la politique de management, de la parité et du nombre de personnes en situation de handicap, prévention des accidents du travail, formation du personnel
⚖ GOUVERNANCE : lutte contre la corruption, respect de la transparence de la rémunération des dirigeants, relation entre les actionnaires, la direction et le conseil d’administration.

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Comment est attribué le label ISR ?
Les organismes de certification
Tout fonds qui souhaite obtenir le label ISR doit adresser sa demande à un organisme agréé de certification. Il s’agit de lui fournir des éléments précisant la nature et la composition de son portefeuille.
Les acteurs accrédités ISR
À l'heure actuelle, trois organismes de certification sont accrédités ISR : Afnor Certification, Deloitte et EY France peuvent gérer le processus d’audit nécessaire à la labellisation d’un fonds. Un comité français d’accréditation (COFRAC) s’assure, quant à lui, de la qualité des services proposés par ces acteurs.

À ne pas confondre avec les agences de notation
Ces organismes n’ont rien à voir avec les agences de notation sociale et environnementale. Ces dernières évaluent les entreprises en fonction des critères ESG, on appelle cela la notation extra-financière. On en trouve de nombreuses, plus ou moins spécialisées sur un des trois critères, et avec des méthodologies encore très distinctes. Bien que la tendance soit l’harmonisation des pratiques, dans l’intérêt des investisseurs 🤝.
Comment obtenir le label ISR ?
Un fonds peut obtenir le label ISR en 4 étapes :
- Vérifier que son fonds est éligible au label ISR
- Déposer sa demande à un organisme de certification
- Vérifier que son fonds remplit les critères ESG
- S'inscrire sur la liste officielle des fonds labellisés ISR
Les informations sur toutes les conditions d'éligibilité sont disponibles sur le référentiel du label. La sélection se fait sur la base de 6 thèmes :
| THÈMES | DESCRIPTION |
|---|---|
| 1. OBJECTIFS GÉNÉRAUX | 👉 S'assurer que les objectifs financiers et extra-financiers sont clairs, correctement décrits aux investisseurs et bien intégrés dans la politique d’investissement |
| 2. ANALYSE & NOTATION | 👉 Vérifier la méthodologie d’analyse et de notation des critères ESG mise en œuvre par les entreprises du portefeuille |
| 3. DÉVELOPPEMENT | 👉 Prendre en compte les critères ESG dans la construction et la vie du portefeuille |
| 4. ENGAGEMENT | 👉 Analyser la politique d'engagement ESG vis-à-vis des sociétés du portefeuille (gouvernance) |
| 5. TRANSPARENCE | 👉 Évaluer le niveau de transparence de gestion du fonds |
| 6. DÉVELOPPEMENT DURABLE | 👉 Mesurer les impacts positifs de la gestion ESG sur le développement d’une économie responsable. |
Lorsqu’un fonds a été audité, l’organisme de certification réalise un rapport regroupant les (éventuels) manquements à ces 6 thématiques. Le rapport sert alors de référence pour la décision d’attribution du label ISR.
🖐 Bon à savoir : en cas de réponse positive, le label ISR est valable pour une durée (renouvelable) de trois ans. Des contrôles peuvent être mis en place pendant cette période, pour garantir le respect des exigences du label.
Pourquoi investir dans l’ISR ?
Label ISR : la performance financière au rendez-vous ?
Une étude menée par l'entreprise Epsor en 2025 montre qu'un an après l'entrée en vigueur du nouveau référentiel du label ISR, les fonds labellisés affichent une amélioration de leur score d'impact (+6 points), une baisse significative de leur exposition aux énergies fossiles non conventionnelles (de 49% à 14% des fonds concernés) et une réduction de 10% de leur empreinte carbone moyenne.
Ces résultats démontrent que le renforcement des exigences du label n'a pas nui à la performance des fonds, bien au contraire. Ce type d’investissements semble plus résilient. Cette résistance est une nouvelle preuve que le couple rendement-risque des fonds labellisés ISR est souvent plus élevé que la moyenne. A moyen terme, on peut espérer que la réalité du changement climatique - et donc de l’économie et des ressources à disposition dans le monde - rende les critères extra-financiers aussi importants que les financiers.
La réforme majeure de 2024 : un tournant décisif
Annoncée en novembre 2023 par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, la réforme du label ISR constitue la plus importante évolution depuis sa création en 2016. Entrée en vigueur le 1er mars 2024 pour les nouveaux fonds et le 1er janvier 2025 pour les fonds déjà labellisés, elle a profondément transformé le paysage de l'investissement socialement responsable en France.
Les nouvelles exigences du label ISR
La réforme introduit plusieurs changements majeurs :
- Exclusions sectorielles strictes : Les fonds ISR ne peuvent plus investir dans les entreprises qui exploitent du charbon thermique ou des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste, pétrole extra-lourd), ni dans celles qui lancent de nouveaux projets d'exploration, d'exploitation ou de raffinage d'hydrocarbures (pétrole ou gaz) lorsque ces activités dépassent 5% de leur chiffre d'affaires. Cette mesure exclut de facto les grandes entreprises pétrolières comme TotalEnergies, BP ou Eni.
- Renforcement du taux de sélectivité : Le taux de sélectivité passe de 20% à 30%. Concrètement, les gérants doivent désormais exclure les 30% des entreprises les moins bien notées sur le plan ESG, par secteur d'activité, contre 20% auparavant.
- Alignement avec l'Accord de Paris : Les fonds labellisés doivent désormais démontrer leur contribution à la lutte contre le changement climatique. À partir du 1er janvier 2026, au moins 15% des entreprises appartenant aux secteurs ayant le plus fort impact climatique devront présenter une trajectoire de transition alignée avec l'Accord de Paris, ce pourcentage ayant vocation à augmenter progressivement jusqu'à 20%.
- Double matérialité : Le concept de double matérialité est désormais systématiquement intégré dans la gestion des fonds labellisés, obligeant à considérer à la fois l'impact des risques ESG sur l'entreprise et l'impact de l'entreprise sur la société et l'environnement.
- Exclusions élargies : Au-delà du climat, le label intègre des exclusions sur le tabac, la violation des droits humains et les armes controversées.
L'impact de la réforme sur le marché
Cette réforme a eu des conséquences importantes sur le paysage de l'investissement responsable :
- Perte de labels : Environ 30% des fonds ont perdu leur labellisation lors de la transition vers le nouveau référentiel. Sur les quelque 1 340 fonds labellisés fin 2024, environ 403 n'ont pas pu ou n'ont pas souhaité se conformer aux nouvelles exigences.
- Adaptation réussie : Au 1er janvier 2025, environ 940 fonds ont déclaré avoir adopté le nouveau référentiel et conservent ainsi le label ISR, soit 70% des fonds labellisés fin 2024. Ce chiffre est remonté à 1 008 fonds au 31 août 2025.
- Sociétés de gestion : 174 sociétés de gestion, représentant 90% de celles qui avaient au moins un fonds labellisé en 2024, ont réussi à adapter leurs pratiques et continuent à proposer des fonds ISR.
Cette réforme, bien que stricte, était devenue nécessaire pour restaurer la crédibilité du label. En effet, selon une étude d'Epsor de 2023, 88% des fonds ISR investissaient dans au moins une entreprise des énergies fossiles, et 49% étaient exposés aux activités d'extraction de pétrole et de gaz non conventionnel. Le premier cas de sanction pour greenwashing par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), avec l'épinglage de la société Primonial en juin 2024, a également souligné l'urgence d'un cadre plus rigoureux.

Un label en développement
Un label qui retrouve sa crédibilité
Après plusieurs années de critiques concernant son manque de rigueur, le label ISR a regagné en crédibilité grâce à la réforme de 2024. Les critiques faites à l'encontre de ce label concernaient principalement l'absence de contrainte en termes d'exclusion dans les choix d'investissement (tabac, énergies fossiles, etc.) - un problème désormais résolu.
De plus, le label ISR s'inscrit désormais dans un cadre réglementaire européen cohérent, avec notamment le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) qui classe les fonds en articles 6, 8 ou 9 selon leur niveau d'ambition ESG, et la taxonomie européenne qui définit les activités économiques considérées comme durables.
Un positionnement européen renforcé
À l'échelle européenne, le label ISR conserve sa position de leader. Selon le panorama des labels européens 2025 établi par Novethic, on compte près de 1 500 fonds labellisés au 31 décembre 2024 pour un encours de 751 milliards d'euros. Le label ISR français arrive en tête, suivi par le label belge Towards Sustainability (468 fonds pour 375 milliards d'euros) et le label luxembourgeois LuxFlag (124 fonds pour 71 milliards d'euros).
Une dynamique encouragée par la loi Pacte
Le succès et la dynamique du label, notamment encouragé par la loi Pacte de mai 2019, se poursuivent. Cette loi a notamment imposé aux assureurs de proposer au moins un fonds labellisé ISR, Greenfin ou solidaire dans leurs contrats d'assurance-vie multisupport, orientant ainsi l'épargne vers des placements plus responsables.
🖐 Le label ISR est devenu une référence de la finance durable en Europe. Au 31 août 2025, 1 008 fonds sont labellisés ISR en France, représentant un encours total de plus de 800 milliards d'euros.
L'Inspection générale des finances (IGF) continue de suivre l'évolution du label et d'émettre des recommandations pour son amélioration continue. La prochaine étape pourrait être l'introduction d'un label à niveaux, comme proposé par le Forum pour l'Investissement Responsable (FIR), permettant de distinguer différents degrés d'ambition ESG.
Une démarche avant tout citoyenne
L’investissement ISR reste avant tout une démarche citoyenne de taille : contribuer au développement de projets qui ont du sens pour l’environnement et le social.
En effet, il semble chaque jour un peu plus risqué de financer des secteurs d'activité « non responsables ». Pourquoi ? Tout simplement parce que la réglementation (d'abord) et l'épuisement des ressources (ensuite) les contraignent toujours plus. Pour Les Echos, les entreprises « qui ne jouent pas le jeu risquent de s'en mordre bientôt les doigts. Si le marché accorde aujourd'hui une prime à la durabilité, il pourrait demain donner un handicap à ceux qui ne s'en soucient pas. »
🖐 Bon à savoir : au Canada, les industries du gaz de schiste et des sables bitumineux ont déjà commencé à souffrir d'exclusions de la part de fonds d’investissement. Une liste qui devrait rapidement s’agrandir.
Mais que ce soit pour respecter la loi, obtenir le label ISR ou s’engager activement dans la transition écologique, chacun gagne aujourd’hui à s’intéresser au sujet. Les enjeux de demain nécessitent de nouvelles solutions. Et l'ISR en est une, sans aucun doute.








