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Les projets de compensation carbone fleurissent avec pour tête d’affiche : la plantation d’arbres, en forêt ou ailleurs. Les différents acteurs qui luttent contre le réchauffement climatique peuvent contribuer à la préservation de l’environnement par la reforestation, un des moyens pour absorber le CO2 (gaz carbonique). Quels mécanismes sont à l'œuvre ? Quel rôle peut avoir la compensation carbone pour la neutralité collective ? Comment un arbre capte et absorbe le CO2 ?
Le lien entre un arbre et le CO2 émis
Un « puits de carbone » a la capacité d’être un réservoircaptant et stockant le carbone présent dans l’atmosphère. Ce dernier est naturel ; les océans, les terres agricoles ou les forêts en sont un exemple.
Aujourd’hui, les forêts représentent le deuxième plus grand puits de carbone de la Terre ; le premier étant les océans. Avec le réchauffement climatique qui se fait ressentir par tout le monde, montre qu'il faut agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et les forêts apparaissent comme des solutions viables afin d’absorber les GES émis autour du monde.

Explication scientifique
L’explication scientifique réside dans la photosynthèse qui permet aux arbres mais aussi aux autres plantes, de stocker le CO2. Du grec φῶς phōs, qui signifie lumière et de σύνθεσις sýnthesis, la « combinaison », la photosynthèse est un processus en plusieurs étapes.
Tout d’abord, les racines absorbent l’eau et les sels minéraux ce qui constitue la sève brute de la plante. Cette sève se déplace jusqu’aux feuilles où elles absorbent le dioxyde de carbone ainsi que la lumière. Ensuite, les feuilles rejettent de l’oxygène et changent l’eau et le CO2 en glucose. Le glucose, ce sucre, nourrit ainsi l’arbre et lui fournit de l’énergie.
En plus de l’énergie fournie, la photosynthèse permet aussi de produire le matériau nécessaire à la constitution du bois, de l’écorce, des racines, des feuilles ou des aiguilles, bref de tout ce qui constitue un arbre. Enfin, le sous-produit de la photosynthèse est l’oxygène.
Photosynthèse : CO2 + eau + lumière du soleil → sucre + oxygène

🖐 Le processus inverse de la photosynthèse s’appelle la respiration ; ce sont les cellules qui brûlent une partie du glucose avec l’oxygène. Le CO2 et l’eau sont produits de cette façon ce qui permet de fabriquer l’énergie nécessaire aux autres substances vitales de l’arbre. Du CO2 se libère ensuite dans l’environnement.
Respiration : Sucre + oxygène → CO2 + eau + énergie
Quels sont les paramètres qui influent sur le CO2 absorbé ?
Zoom sur ce phénomène de captation du CO2 présent dans l’atmosphère, bénéfique pour le climat.
Arbre & CO2 : quelle capacité de stockage pour quelles espèces ?
Tous les arbres n’ont pas la même capacité de stockage de CO2. En effet, plusieurs critères tels que l’espèce (chêne, maronier, ..), l’âge, la taille, le climat ou encore le sol entrent en jeu. Enfin, la durée de vie fait aussi varier la capacité de stockage, de captation et d’absorption, ainsi que son niveau de croissance (croissance rapide ou longue).
🖐 Il est compliqué d’estimer réellement le taux d’absorption et le taux de captation d’un arbre ; certaines espèces poussent vite et peuvent ainsi absorber rapidement du CO2 dès leur plus jeune âge, ce qui n’est pas le cas de toutes les espèces. D’autres sont plus résistantes aux maladies par exemple et donc vivent plus longtemps ce qui leur permet d’absorber du CO2 sur une plus longue durée que des arbres plus fragiles.
Les diverses études sur le sujet montrent qu’un arbre nouvellement planté stocke entre 10 et 50 kg de CO2 par an, et pour la plupart des arbres la moyenne se situe autour de 20 à 35 kg de CO2 par an.
Arbre & CO2 : quelle méthode de calcul ?
On vous l’a dit plus haut, cela dépend de plusieurs facteurs et du cycle de vie de l’arbre. Ce qui entraîne des calculs donnant des résultats différents. Nous allons nous baser sur les calculs effectués par Ecotree qui tente de déterminer la quantité de CO2 émise par une forêt.
La première étape dans la méthode de calcul consiste à définir la masse sèche de l’arbre. Cette dernière correspond à la masse de bois, moins la masse d’eau contenue dans le bois. Une fois la masse sèche obtenue, on divise ce chiffre car "un peu moins de la moitié de la matière sèche de l’arbre se constitue de carbone.”(Ecotree)

On obtient donc le calcul et les chiffres suivants :
Un kilogramme de bois sec contiendrait 475 grammes de carbone. Et pour identifier combien de CO2 est absorbé dans 1 kg de carbone, Ecotree donne l’équivalence en kg de CO2 : 1 kg de carbone = 3,67kg de co2.
Donc un arbre de 1000 kg, avec une humidité de 100%, composé de 500 kg d’eau et de 500 kg de bois sec. L'arbre aura ainsi 237,5 kg de carbone et pourra absorber 871 kg de CO2.
Ainsi, Ecotree obtient le chiffre de 25 kg de CO2 absorbé pour un arbre d’une tonne. On a estimé que l’arbre avait 35 ans et qu’il contenait 100% d’eau.
🖐 D’après l’ONF, un hêtre de 150 ans mesure 30 mètres de haut et 80 cm de diamètre au pied et pèse autour de 10 tonnes (sans compter les racines en terres).
Arbre & CO2 : les bienfaits des arbres par types de forêt
Plus d'une méthode existe pour évaluer le taux de CO2 absorbé par un arbre et selon le type de forêt. Voici deux tableaux issus des calculs des entreprises climate.selectra et Ecotree.
| Type de forêt | CO2 absorbé par hectare (en tonne) |
| Forêt de conifères (cyprès, cèdre, pin...) | 2,4 T de CO2/an |
| Forêt de feuillus (bouleau, châtaignier, chêne, érable…) | 4,6 T de CO2/an |
| Forêt mixte (composée de conifères et de feuillus) | 4,9 T de CO2/an |
| Absorption CO2 | Âge | |
| Pin maritime | 0,3 tonne | 35 à 40 ans |
| Chêne Sessile | 0,8 tonne | 50 à 55 ans |
| Douglas | 0,6 tonne | Futaie irrégulière |
Arbre CO2 et compensation carbone ?
Tout au long de sa vie, un arbre absorbe et rejette du CO2 dans l’environnement, à condition qu’on ne prélève pas plus dans une forêt que ce qu’elle est capable de produire. En planter permet de compenser la pollution générée par le stockage de CO2 : l’arbre a besoin de CO2 pour pousser.
Arbre & CO2 : combien d’arbres nécessaires pour compenser notre empreinte carbone ?
En France, les forêts séquestrent aux alentours de 20% de nos émissions de gaz à effet de serre. Tout comme le montre le dernier rapport du GIEC, le taux de CO2 dans l’atmosphère a constamment augmenté. Et si nous plantons tous des arbres, cela résoudrait-il le réchauffement climatique ? La question est complexe.
Tout d’abord, il faut sa voir que l’empreinte carbone varie selon les continents dans le monde et selon les pays. En moyenne :
- un habitant du moyen orient émet 30 tonnes de CO₂ par an ;
- un américain au-dessus de 15 tonnes ;
- un européen, environ 10 tonnes.
Comptez 11.2 tCO2e en moyenne (chiffre de 2018, du Ministère de la Transition Écologique)
On l’a vu, en moyenne, un arbre est capable de stocker entre 20 et 35 kg de CO₂ par an. Si l’on prend la haute moyenne (35kg), alors nous devons planter 360 arbres par français et chaque année. Et pour la totalité de l’empreinte des français, cela représente 24 milliards d’arbres, soit 38% du sol en France à recouvrir ! Nous n'avons pas plusieurs Terres à disposition.
Chaque jour, un français émet en CO2 environ la totalité de ce qu’un arbre est capable de stocker en un an en émission carbone.
D'après ekwateur
Carbo comme point de départ des entreprise pour compenser leur empreinte carbone
Compenser son empreinte pour la réduire permet de contribuer à la neutralité collective à travers des projets de reboisement de forêt en France comme à l’étranger. Cela veut donc dire financer volontairement un ou des projets écologiques dont l’activité permet d’éviter tout ou une partie de ses émissions de GES.
Etape 1 : Calculer ses émissions de GES
La première étape avant de soutenir de tels projet est de connaitre son impact en terme d'émissions.Il existe de nombreux outils de calcul du bilan carbone libres d’accès sur le net, proposés par des entreprises ou associations comme la Fondation GoodPlanet, l’outil Nos Gestes Climat (porté par l’ADEME et l’Association pour la transition bas-carbone).
100% fondés sur un questionnaire et à destination des particuliers, ces outils peuvent être fastidieux.
Carbo de son côté accompagne les entreprises dans la réalisation de bilan carbone certifié et suivant la méthode Bilan Carbone l'ADEME. L’innovation ? A partir de vos dépenses financières, vous pouvez suivre et mesurer plus précisément quelles émissions de gaz à effet de serre vous aurez par la suite à compenser.
Étape 2 : Contribuer à la neutralité carbone
Avec des entreprises comme Pur Projet, vous pouvez choisir parmi plusieurs projets écologiques. Rejoignez donc le rang des optimistes en privilégiant la qualité, l'engagement et le suivi Carbo pour les entreprises !
Le fait à retenir :
Un arbre doit absorber 3,67g de CO₂ pour produire un gramme de carbone. La plantation d’arbre remplit donc ce rôle de compensation, mais seulement en parallèle d’une réduction des émissions. Justement, nous vous proposons une liste d’actions concrètes à mettre en place à la fois au quotidien mais aussi au sein de votre entreprise.
FAQ : l'essentiel sur le sujet
Un arbre capte le CO2 grâce à la photosynthèse. Ses feuilles absorbent le dioxyde de carbone et la lumière, tandis que ses racines puisent l'eau du sol. Cette réaction chimique produit du glucose pour nourrir l'arbre et de l'oxygène, rejeté dans l'atmosphère. Le CO2 est ainsi transformé et stocké dans le bois, l'écorce, les racines et les feuilles.
Un arbre nouvellement planté stocke entre 10 et 50 kg de CO2 par an selon son espèce et son environnement. La moyenne se situe autour de 20 à 35 kg de CO2 par an. Cette capacité varie tout au long de sa vie et dépend de nombreux facteurs comme sa vitesse de croissance et sa longévité.
Plusieurs critères déterminent la quantité de CO2 qu'un arbre peut stocker : son espèce, son âge, sa taille, le climat local et la qualité du sol. Sa durée de vie et son rythme de croissance jouent également un rôle. Certains arbres poussent vite et absorbent rapidement du CO2, d'autres vivent plus longtemps et accumulent davantage de carbone sur la durée.
Non, la capacité d'absorption varie selon le type de forêt. Les forêts mixtes sont les plus efficaces avec 4,9 tonnes de CO2 par hectare et par an, suivies des forêts de feuillus avec 4,6 tonnes. Les forêts de conifères absorbent environ 2,4 tonnes par hectare et par an. En France, les forêts séquestrent environ 20% de nos émissions nationales de gaz à effet de serre.
Avec une empreinte carbone moyenne de 8,2 tonnes de CO2 par an en 2024, un Français devrait planter environ 280 arbres chaque année pour compenser ses émissions. Cela représenterait plus de 19 milliards d'arbres pour toute la France, soit une surface impossible à mobiliser. Cette réalité démontre l'urgence de réduire nos émissions à la source plutôt que de tout miser sur la plantation.
Non, planter des arbres ne remplace pas la réduction des émissions. La compensation carbone par la reforestation doit accompagner une vraie stratégie de décarbonation. Pour les entreprises, la première étape consiste à réaliser un bilan carbone pour identifier leurs principaux postes émetteurs, puis mettre en place un plan d'actions concret. La compensation vient ensuite compléter ces efforts vers la neutralité carbone collective.








