La résilience écologique d’un écosystème expliquée en 3 exemples 

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màj en octobre 2023
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Plus de 17 millions d’hectares de forêt brûlés cet été au Canada générant des feux qui se sont répandus jusqu’aux Etats-Unis et en Europe… Une manière inquiétante d’introduire le concept de résilience écologique. Saisir ce qu’elle implique pour la biodiversité des espèces et la capacité et les fonctions d’un écosystème est plus que nécessaire dans un contexte de réchauffement climatique. Si elle est une merveilleuse fonction de la nature, il n’en reste pas moins que la résilience écologique est menacée.

Le pouvoir de la résilience écologique 

Définition simple en lien avec la perturbation d’un système

La résilience écologique renvoie à la capacité d’un système à retourner à son état initial à la suite d’un choc. Ainsi, le système peut être un milieu, un écosystème, une biodiversité, une population ou une biosphère, qui subirait une perturbation affectant son fonctionnement. 

La résilience intervient à la suite de cette perturbation, le système retrouverait ainsi son fonctionnement et sa structure initial.

Naissance du concept 

Le concept de résilience écologique apparaît sous les plumes du chercheur américain David Thilman dans les années 70 et 80. 

Ce dernier a étudié la biodiversité dans 207 prairies du Minnesota et a mesuré la productivité des parcelles en fonction de différentes combinaisons d’espèces végétales. Certaines ne contenaient qu’une seule espèce tandis que d’autres en possédaient plusieurs. 

En 1988, une sécheresse tombe sur la région et détruit les récoltes, générant trois milliards de pertes pour les agriculteurs. En analysant les dégâts produits, Thilman se rend compte que les parcelles qui avaient le moins subi d’impact étaient celles possédant la plus grande biodiversité.  

“ La productivité des parcelles composées d'une ou deux espèces de plantes est six fois moindre que celle des parcelles composées de 15 à 25 espèces. Aucun d’entre nous n’avait prévu un tel effet.” évoque Thilman. 

Ainsi, la biodiversité d’un écosystème définit sa capacité de résilience. Plus un écosystème possède une richesse en biodiversité, plus il est résilient. Et c’est ainsi qu’une importante loi de l’écologie est née : les espèces possèdent des rôles et fonctions complémentaires qui permettent à l’écosystème d’être équilibré.

La résilience des écosystèmes dépend de la diversité de sa faune et de sa flore. En effet, la diversité et la variété d’espèces renforcent l’équilibre de l’écosystème. Il peut ainsi avoir une meilleure capacité de résilience et d’adaptation face à une perturbation. 

résilience écologique écosystème

Les facteurs de perturbation d’un écosystème 

On retrouve ainsi deux facteurs de perturbation qui peuvent amener à la destruction d’un écosystème (plantes et espèces animales).

Les facteurs abiotiques des écosystèmes

Le facteur de perturbation abiotique signifie que la perturbation n’est pas liée à une intervention de l’homme ou d’êtres vivants. Par exemple, les tempêtes, les inondations, les éruptions volcaniques, les érosions, ou les tremblements de terre sont des facteurs abiotiques. 

Les facteurs biotiques des écosystèmes

Une perturbation biotique signifie qu’elle est liée à une action des hommes ou du vivant ; la pêche ou l’agriculture intensive, le déboisement et la coupe d’arbres, la chasse et la pêche ou encore le réchauffement climatique par exemple. 

La résilience écologique dans la loi sur la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience ? 

En France, la Loi Climat et Résilience issue des travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat a été publiée en 2021. Analysons le concept de résilience du point de vue de cette loi. 

La biodiversité et l’écosystème du littoral 

La Loi Climat et Résilience aborde l’adaptation des territoires aux évolutions du littoral. "Vivre avec la mer plutôt que contre elle" est désormais le mot d’ordre pour la gestion du littoral. 

🖐 En 2012, une Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) avait été mise en place afin de guider les acteurs du littoral vers une gestion plus durable qui prend en compte la résilience des territoires face au réchauffement climatique.

Le chapitre "Adapter les territoires aux effets du dérèglement climatique" de la Loi Climat et Résilience repose sur quatre priorités inscrites dans les codes de l’environnement et de l’urbanisme :

  • connaître l’évolution du recul du trait de côte ;
  • décliner les outils juridiques nécessaires pour gérer les biens existants particulièrement fragiles ;
  • encadrer le régime des nouvelles constructions ;
  • permettre la recomposition spatiale.

La résilience écologique des littoraux est en danger : "le phénomène de recul du trait de côte n'épargne aucune région côtière française” selon le gouvernement.

résilience écologique mer côtes

La forêt : quelle durabilité ? 

La forêt possède des fonctions importantes : la production de bois, de la biodiversité et la protection contre les risques naturels. Elle contribue à la protection de l’environnement et à la diversité des espèces. 

On reconnaît que la forêt est un important puits de carbone et une source de bois nécessaire pour le secteur forestier, c'est pourquoi elle a sa place dans la Loi Climat et Résilience. Ainsi, on reconnaît deux enjeux : l’enjeu de la protection de l’environnement et l’enjeu économique. 


La stratégie nationale biodiversité 2030 intègre également les enjeux de protection des forêts.

La résilience a ses limites : la capacité des écosystèmes

Un concept pour bien saisir les limites de la résilience écologique c’est l’effet de seuil. Ce dernier désigne le moment où après avoir subi plusieurs perturbations et chocs, le système bascule.

Tout système n’a pas le même degré de résilience. Par exemple, une forêt dont on coupe tous les arbres mettra du temps à revenir à son état initial. Ces points de bascule sont parfois des points de non retour : les perturbations sont alors irréversibles. 

résilience écologique effet de seuil

Le degré de résilience dépend également de conditions variables selon les populations, les écosystèmes, les territoires et la diversité des espèces. L’état de l’écosystème est également important au sens où sa résilience en découle. En effet, plus son état est bon, plus sa résilience et sa capacité à encaisser les chocs le seront aussi.

L’enjeu de préserver notre environnement et nos écosystèmes

Ménager la résilience écologique est indispensable aujourd’hui afin que nos écosystèmes puissent survivre. Tout l’enjeu est ainsi de préserver notre environnement face aux perturbations diverses : activités humaines polluantes, réchauffement climatique, déforestation massive… 

Renforcer la résilience de nos écosystèmes est primordial pour pérenniser notre avenir et celui des autres êtres vivants. 


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3 exemples concrets de résilience écologique 

Aujourd’hui, la résilience écologique est une des solutions face au changement climatique.

Réaménagement et réhabilitation sont au cœur de certains projets qui visent à réintroduire des espèces, insectes comme animaux dans des milieux autrefois aménagés, industrialisés ou adaptés pour l’homme. 

Le plan de réhabilitation des friches industrielles en France

En France, on débloque un fonds de 650 M€ pour 2021 et 2022 pour financer différents projets de réhabilitation de friches industrielles. Aujourd’hui, on en compte 2400 ce qui représente un enjeu important pour l’aménagement et la réhabilitation durable.

Réhabiliter les friches industrielles est une façon de maîtriser l’étalement urbain, la destruction d’espaces naturels à des fins de construction. Ce “fonds friche” vise la reconversion de différents lieux comme les usines, les anciens sites industriels qu’il faut dépolluer. 

Le parc Frédéric-Back dans le quartier Saint-Michel à Montréal 

Ce parc est issu d’un projet de réhabilitation environnementale d’une ancienne carrière de calcaire ayant servi ensuite de lieu d’enfouissement de matières résiduelles. Considéré comme un des “plus grands espaces verts de Montréal” selon le site de la ville, désormais l’espace inclut des loisirs, d’activités sportives, culturelles ou éducatives.

Le projet a également valorisé des matériaux tels que : 10 000 tonnes de copeaux de bois, récupérés lors d’élagage. Par ailleurs, on plante plus de 500 arbres, ainsi que 17 800 arbustes et vivaces, afin de créer un écosystème. 

On installe des sphères blanches qui sont le lieu de décomposition des 40 millions de tonnes de déchets du site. Il y a ainsi production de biogaz et de liquide, le lixiviat. Les sphères blanches permettent de recouvrir les puits de captage de ce biogaz. 

“Sous le sol, pas moins de 200 puits de captage, reliés par un réseau de 17 kilomètres, permettent de pomper le biogaz jusqu’à une centrale où il est utilisé pour produire de l’électricité.  Le design unique des sphères a par ailleurs remporté le Grand prix du design 2018 dans la catégorie Mobilier urbain” précise le site de la ville. 

Une micro-forêt dans la ville ? 

L’installation de mini forêt composée de jeunes arbres, basée sur une méthode du botaniste japonais Akira Miyawaki des années 1970, promet une résilience écologique forte dans des zones urbaines. Végétaliser un espace en le transformant en mini forêt restaure ainsi un écosystème qui deviendrait autonome au bout de trois ans. Les arbres doivent respecter la règle d’une plantation de 3 arbres par mètre carré. 


L'association Bloom Forest a été la première à implanter une micro forêt selon cette méthode. On a ajouté 1200 plantes à Porte de Montreuil en 2018 grâce au budget participatif de la ville de Paris. 

Mise en garde cependant, la méthode fait débat. En effet, l’efficacité réelle de cette mini forêt est nuancée par le manque d’études et de fondement scientifique ou encore la nécessité d’adapter les espèces en fonction du climat, du terrain et de toutes conditions locales.

📚 L’association les Urbaculteurs a mis en place différentes ressources sur le sujet pour aider à la “résilience urbaine” afin que l’urbanisme intègre l’agriculture urbaine, le stockage du carbone et la biodiversité. 

Anaïs Fleury
Il y a deux ans stagiaire chez Carbo en tant que Content Manager, Anaïs continue de contribuer au blog et au média comme freelance SEO et journaliste !
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