Sommaire

L’empreinte carbone est une mesure de la quantité de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres émissions de gaz à effet de serre émis par l'activité humaine dans l'atmosphère. Elle est généralement exprimée en tonnes de CO2 équivalent. Calculer l’empreinte carbone d’un secteur revient à estimer la quantité d’émissions de gaz à effet de serre produites par un secteur (agriculture, transport, industrie, etc) en une année. Cette estimation permet d'accélérer une prise de conscience globale, mieux saisir les enjeux de chaque secteur mais aussi comprendre où en est la France. Go !

Quels sont les secteurs les plus polluants à l’échelle globale ?
Répartition de l’empreinte carbone globale
L’empreinte carbone est un indicateur qui vise à mesurer l’impact d’une activité sur l’environnement, et plus particulièrement les émissions de gaz à effet de serre (GES) induites par cette activité. Elle sert notamment à évaluer la pression exercée par une activité sur le changement climatique.
Tous les secteurs participent de façon relative au changement climatique. Cependant, ils n’y contribuent pas tous de la même façon et à la même échelle. Tenter d’estimer l’impact environnemental de chaque secteur n’est pas toujours évident.
D'après les données du dernier rapport du GIEC (AR6, 2021-2023), les secteurs les plus polluants dans le monde sont les suivants :
- Production de chaleur et d'électricité (34%)
- Industrie (24%)
- Agriculture, foresterie et utilisation des sols (18-22%)
- Transports (15-16%)
- Construction (6%)
- Autres secteurs (résidentiel, tertiaire, etc.)
Ces chiffres sont bien sûr des estimations calculées à partir des moyennes par pays. Ils regroupent plusieurs groupes à la fois sous la même appellation. Par exemple, l’empreinte carbone du secteur de l’industrie regroupe celles de l’industrie agroalimentaire, plastique ou encore automobile.
Aussi, selon le pays, les secteurs les plus polluants ne sont pas toujours les mêmes. L'analyse de la répartition sectorielle des émissions carbone dans le monde, nous montre qu'en Chine, l'industrie et l'énergie sont les secteurs les plus polluants, soit près de 80% de leur bilan carbone. Alors qu'aux Etats-Unis, les transports ont une place plus importante (36% contre seulement 9% pour l'industrie).

Le contexte en détail
La réalité des émissions de gaz à effet de serre doit donc être analysée sur différentes échelles pour mieux appréhender la situation actuelle. Selon le Global Carbon Budget 2025 (publié en novembre 2025), les émissions mondiales de CO2 provenant des énergies fossiles atteignent un nouveau record en 2025 avec 38,1 milliards de tonnes (+1,1% par rapport à 2024). Les émissions totales (incluant la déforestation) s'élèvent à environ 42 Gt CO2eq.
Un contexte particulièrement alarmant : la concentration de CO2 dans l'atmosphère atteint 425,7 ppm en 2025, soit 52% au-dessus du niveau préindustriel. Le budget carbone restant pour limiter le réchauffement à +1,5°C n'est plus que de 170 Gt CO2, ce qui représente environ 4 ans d'émissions au rythme actuel. Sans action drastique, ce seuil sera dépassé avant 2030.
Cependant, quelques signaux positifs émergent : 35 pays sont parvenus à réduire leurs émissions tout en assurant leur croissance économique, soit deux fois plus qu'il y a dix ans. La Chine, premier émetteur mondial, montre des signes de plateau ou de légère baisse de ses émissions en 2024-2025, suggérant un pic imminent.

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Empreinte carbone du secteur de l’énergie
Les émissions liées aux énergies fossiles
Le secteur de la production d'énergie contribue à 34% de l'empreinte carbone globale. Dans le monde, les énergies fossiles sont encore majoritaires. En 2025, elles représentent environ 86% du mix énergétique mondial selon le Global Carbon Budget 2025, avec un nouveau record d'émissions de CO2 provenant de leur combustion : 38,1 Gt en 2025.
Le charbon, dont les émissions semblaient avoir atteint un pic en 2014, sont reparties à la hausse depuis 2020. Le pétrole a retrouvé son niveau d'avant la pandémie de Covid-19, et le gaz s'en rapproche également.
Pour rappel, une énergie est fossile car elle repose sur l’utilisation d’une source d’énergie finie, c’est-à-dire en quantité limitée. Or, l’épuisement des ressources dites fossiles est un sujet de plus en plus préoccupant. Sans oublier que la combustion d’énergies fossiles est émettrice de gaz à effet de serre.
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Une transition énergétique nécessaire
Face à ces divers enjeux, une transition énergétique vers des énergies renouvelables est l'un des axes principaux de la transition écologique, comme mis en avant par les Accords de Paris. Et les signaux positifs se multiplient : en 2024, pour la première fois, 40% de la production électrique mondiale provient de sources décarbonées (renouvelables et nucléaire). De plus, les capacités installées en éolien et solaire ont progressé de +16% en 2024.
Le bilan carbone des énergies renouvelables n’est pas nul. Leurs émissions de gaz à effet de serre sont le plus souvent liées à leur fabrication. C’est ce que l’on observe lorsqu’on dresse le bilan carbone du photovoltaïque, par exemple, où la production des panneaux est réalisée dans des usines qui fonctionnent aux énergies fossiles.
Cependant, l’empreinte carbone des énergies renouvelables reste largement inférieure à celle des énergies fossiles. Selon l’ADEME, l’une des énergies renouvelables les plus polluantes, la biomasse, est estimée à 38 gCO2e/KWh. Tandis que le gaz naturel, l’énergie fossile la moins polluante, est estimé à 443 gCO2e/KWh. C’est 10 fois plus !
🖐 Pour viser une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, il est possible de choisir des fournisseurs qui proposent des offres vertes. L’électricité verte est celle qui est produite grâce à des énergies renouvelables. En faisant ce choix, vous bénéficiez d’une énergie propre et produite généralement localement.
Que vous soyez une TPE, une PME, une ETI ou un groupe multi-entités, cette démarche peut s'inscrire dans votre stratégie de décarbonation.
Empreinte carbone du secteur de l’agriculture
La production agricole mondiale a considérablement augmenté depuis 1960. Or, l'empreinte carbone du secteur de l'agriculture représente 18 à 22% des émissions de gaz à effet de serre mondiales selon le périmètre considéré (avec ou sans déforestation et changement d'usage des sols). En France, selon le baromètre prévisionnel du Citepa (janvier 2026), l'agriculture représente environ 20% des émissions territoriales et devrait connaître une baisse de -1,8% en 2025, principalement grâce à la réduction du cheptel bovin. Ces émissions sont issues à 48% de l'élevage, à 41% des cultures et à 11% des machines agricoles.
Il est important de noter que 87% des émissions de méthane en France proviennent de l'agriculture. Plus précisément, l'élevage est responsable de 68% des émissions nationales de CH4 et 48% des émissions agricoles mondiales, tandis que les cultures représentent 80% des émissions nationales de N2O et 41% des émissions agricoles mondiales.

📖 Exemple dans l'agriculture: Découvrez comment Agreenculture accélère sa démarche environnementale.
Les enjeux du secteur de l'agriculture
Le chemin vers une agriculture plus durable se distingue par deux axes principaux :
- Diminuer l’agriculture intensive, soit l’utilisation d’intrants chimiques, l’exploitation excessive de terres arables et la surproduction ;
- Privilégier l’agriculture biologique, soit une agriculture plus respectueuse des cycles naturels.
Pour les entreprises agricoles de toutes tailles, qu'il s'agisse d'exploitations familiales, de coopératives (PME/ETI) ou de grands groupes agroalimentaires (multi-entités), la réduction des émissions passe notamment par l'optimisation de l'élevage, la gestion des effluents, l'amélioration des pratiques culturales et la réduction de l'usage des engrais azotés.
Cette démarche est nécessaire car le secteur agricole est aussi l’un des plus impactés par le changement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre, les atteintes à la biodiversité ainsi que la pollution de l’eau, de l’air et des sols ont en effet un impact économique.
💡 Le méthane, qui provient des pets et rots des bovins (encore l’élevage) participe 28 fois plus au réchauffement climatique qu'au dioxyde de carbone. Le protoxyde d’azote participe 310 fois plus au réchauffement climatique que le CO2.
Empreinte carbone du secteur de l’industrie
Comme expliqué précédemment, l’estimation d’une empreinte carbone pour le secteur de l’industrie est complexe. En effet, ce secteur se recoupe lui-même en plusieurs catégories d’industries qui ne polluent pas au même titre. Au niveau mondial, l'industrie représente 24% des émissions directes de GES (selon le GIEC AR6), voire 34% en incluant les émissions indirectes.
En France, l'industrie manufacturière se distingue par une performance remarquable en 2025. Selon le baromètre du Citepa (janvier 2026), le secteur devrait enregistrer une baisse de -3,4% de ses émissions en 2025, la plus importante de tous les secteurs. Cette réduction s'explique principalement par la diminution continue de l'activité dans les sous-secteurs de la chimie, de la production de ciment et de la métallurgie. Depuis 1990, l'intensité carbone de l'industrie française a baissé de 64%, notamment grâce à la réduction spectaculaire des émissions de protoxyde d'azote (N2O) dans l'industrie chimique (-69%).
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Les principaux défis du secteur de l'industrie
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’impact important de ce secteur :
- La mondialisation et la spécialisation géographique de l'industrie favorisent le transport de marchandises entre régions éloignées ;
- L’industrialisation intensive et l’utilisation d’agents chimiques dans certains circuits de production entraînent un appauvrissement de la biodiversité ;
- La majorité des industries sont encore très dépendantes aux énergies fossiles ;
- Etc.
En réponse à ces enjeux, le secteur industriel peut notamment :
- Réduction de la pollution
- Optimisation et relocalisation des chaînes d'approvisionnement
- Réduction de la consommation d'énergie tout au long du cycle de vie (conception, fabrication, commercialisation, utilisation, fin de vie)
- Électrification des procédés industriels
- Développement de l'économie circulaire et du recyclage
Ces leviers s'appliquent à toutes les entreprises industrielles, des TPE artisanales aux ETI régionales et aux grands groupes multi-entités.
💡 L’impact sur l’environnement d’une activité industrielle peut aussi être précisé grâce à l’analyse du bilan carbone d’un produit. L’empreinte carbone d’un produit est la quantité totale de GES générée tout au long de son cycle de vie, depuis la production jusqu’à l’utilisation et au recyclage.
Empreinte carbone du transport
Calculer l’empreinte carbone des transports, c’est comptabiliser les tonnes de gaz à effet de serre émis par :
- la combustion du carburant ou la consommation d'électricité pendant les trajets ;
- le transport et l’extraction du pétrole (pour produire l'essence) ou de l'uranium (pour produire l'électricité) ;
- l'extraction et le transport des matières premières nécessaires à la conception des moyens de transport ;
- la fabrication de ces moyens de transport dans les usines ainsi que leur acheminement dans les lieux d’exercices de l’activité.
📖 Exemple dans le transport : Découvrez comment BANSARD INTERNATIONAL améliore sa stratégie bas-carbone.

Ce bilan carbone est réparti entre le transport routier (voitures, camion, …), ferroviaire, aérien et maritime. Le calcul prend à la fois en compte les transports d’ordre individuel tels que le déplacement domicile-travail d’un individu moyen ainsi que les déplacements liés au transport de marchandises.
Le bilan au niveau mondial et français
Au niveau mondial, le secteur des transports représente 15 à 16% des émissions de GES. En France, selon les données du Citepa, c'est le premier poste d'émissions avec environ 34% du total en 2024, dont 94% proviennent du transport routier. Le baromètre prévisionnel pour 2025 annonce une baisse modeste de -1,4%, principalement due à la diminution des consommations de carburants.
La réduction du bilan carbone de ce secteur n'est pas chose facile. En France, depuis 1990, le secteur des transports est le seul secteur à n'avoir connu aucune réduction de ses émissions, même si la pandémie de Covid-19 a occasionné une baisse marquée mais conjoncturelle en 2020-2021. L'ADEME propose néanmoins divers scénarios à envisager pour décarboner ce secteur. Sobriété, mise en avant de la mobilité durable, transition énergétique… les leviers d'actions ne manquent pas !
🖐 Pour viser la réduction des émissions de gaz à effet liées au transport, il est nécessaire de se tourner vers des transports durables , plus respectueux de l’environnement : vélo, train, covoiturage, …
Empreinte carbone du secteur de la construction
L’empreinte carbone des bâtiments comprend deux volets principaux :
- les émissions carbone liées à la production des matériaux de construction, tels que le ciment ou le béton armé ;
- les émissions carbone liées aux consommations (d’énergie) sur le site.
📖 Exemple dans la construction : Découvrez comment le groupe utb améliore sa démarche RSE en actualisant son bilan carbone.

Au niveau mondial, la construction représente environ 6% des émissions directes de GES. En France, le secteur résidentiel et tertiaire (dont la construction fait partie) devrait connaître une baisse significative en 2025, avec notamment -11,7% au troisième trimestre 2025 selon le Citepa, grâce à une météo hivernale plus clémente réduisant les besoins en chauffage. En 2019, la construction de nouveaux bâtiments était responsable d'environ 60% de l'empreinte carbone du secteur. Pour cause, la construction est aujourd'hui encore (trop) dépendante d'énergies et de matériaux d'origine fossile. L'empreinte carbone du béton s'élève par exemple à 285 (voire 400) kgCO2e par m³.
Pour pallier ce problème, des modes de construction durable reposant sur des matières biosourcées sont de plus en plus mis en avant par les gouvernements. L'économie circulaire, avec la réutilisation et le recyclage des matériaux de construction, constitue également un levier majeur de réduction des émissions.
🖐 En France, La RE2020 est le nouveau projet du gouvernement pour cadrer la construction des bâtiments neufs. Son but est la réduction des émissions de gaz à effet liées à la construction de bâtiments.
Elle repose notamment sur l'amélioration de leurs performances thermique et énergétique et sur l'utilisation de matériaux à faible empreinte carbone. Entrée en vigueur progressivement depuis 2022, elle transforme profondément les pratiques du secteur.
Empreinte carbone du tertiaire
Les entreprises de services produisent des émissions de gaz à effet de serre aussi ! En voici quelques exemples parlants.
Bilan carbone des banques
Les émissions carbone des banques sont souvent indirectes de par leurs investissements. Cependant, cela n’enlève rien à leur impact sur l’environnement et le climat.
Dans le cas de la France, le soutien des banques aux énergies fossiles a augmenté de 218 % entre 2005 et 2013 selon Les Amis de la Terre. En 2020 et toujours d’après l’ONG, les trois principales (BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole) restent dans les « 20 plus gros financeurs mondiaux de l’expansion des énergies fossiles ».
BPCE (Banque populaire et Caisse d’Epargne) et le Crédit Mutuel ont un volume moins important à gérer. Elles ont donc moins d’impact sur l’environnement. Mais elles sont également pointées du doigt dans les rapports des Amis de la Terre pour leur investissement dans des projets fortement polluants. D’où l’importance de se tourner vers une banque verte pour une finance plus durable.
La pression réglementaire et sociétale pousse désormais les établissements financiers, qu'il s'agisse de banques régionales (PME/ETI) ou de grands groupes bancaires (multi-entités), à intégrer des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans leurs décisions d'investissement et à développer des produits financiers verts.
💡 La Global Alliance for Banking on Values (GABV) est un réseau de banques indépendantes utilisant la finance pour assurer un développement durable plus respectueux de l’environnement et du climat.
Bilan carbone du numérique
Le bilan carbone du numérique va au-delà des émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation directe du numérique. En effet, l’empreinte carbone numérique est composée de plusieurs facteurs comme :
- Les équipements électroniques
- Le traitement et le stockage des données dans les datacenters
- L’utilisation des réseaux et infrastructures nécessaires pour faire transiter la donnée

Le facteur équipements électroniques ne veut pas seulement dire utilisation directe (i.e. les émissions de CO2e induites lorsque l’on navigue sur un ordinateur). En effet, il prend aussi en compte l’analyse cycle de vie (ACV) du matériel.
Selon l'ADEME (données 2024), le numérique est responsable de 4,4% de l'empreinte carbone française, soit 29,5 millions de tonnes de CO2eq en 2022. Au niveau mondial, le secteur représente 3 à 4% des émissions de GES. Cette part est en forte augmentation, notamment en raison de l'explosion des usages (streaming vidéo, visioconférence, IA générative). Sans action, les émissions du numérique pourraient tripler d'ici 2050.
La répartition des émissions se fait comme suit : 50% pour les terminaux (smartphones, ordinateurs, etc.), 46% pour les datacenters, et 5% pour les réseaux. L'intelligence artificielle générative a notamment entraîné une hausse de 11% des émissions des datacenters en 2023.
Pour toutes les entreprises, des TPE aux groupes multi-entités, la sobriété numérique devient un enjeu stratégique : prolongation de la durée de vie des équipements, optimisation des infrastructures IT, sensibilisation des collaborateurs aux éco-gestes numériques.
🖐 En réponse à ce problème, le green computing est une approche écologique qui vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux ordinateurs et aux serveurs.
Et en France où en est-on ?
Répartition des émissions carbone à l’échelle du territoire
En France, la répartition sectorielle des émissions carbone concerne des secteurs similaires à l'empreinte carbone mondiale. D'après les dernières données du Citepa publiées en janvier 2026, les émissions territoriales françaises s'établissent à 369 Mt CO2eq en 2024 (soit une baisse de 1,8% par rapport à 2023 et de 32% par rapport à 1990). Pour 2025, le baromètre prévisionnel du Citepa estime les émissions à 363,4 Mt CO2eq, soit une baisse limitée de -1,6%.
La répartition sectorielle en 2024 était la suivante :
- Les transports (34%)
- L'agriculture (20%)
- L'industrie manufacturière (17%)
- Le résidentiel et le tertiaire (16%)
- L'énergie et la production d'électricité (9%)
- Autres secteurs (4%)

De même que pour l’empreinte carbone globale, cette répartition reste une estimation de la réalité qui comporte quelques approximations. Entre autres, il faut noter qu’un secteur comme l’industrie respecte de nombreuses normes en France. Mais il peut se fournir en produits et matières premières à l’étranger. On parle ici de pollution délocalisée. Si l’on prend en compte ces émissions carbone indirectes, le bilan carbone de l’industrie est plus important.
Un élément majeur à souligner : le secteur des transports est le seul à n'avoir connu aucune réduction de ses émissions entre 1990 et 2024, même si la pandémie de Covid-19 a occasionné une baisse marquée mais conjoncturelle en 2020-2021. Tous les autres secteurs ont significativement réduit leurs émissions, avec des baisses particulièrement importantes dans l'énergie et l'industrie manufacturière.
Les dynamiques sectorielles
Pour 2025, les dynamiques sectorielles montrent des évolutions contrastées selon le baromètre du Citepa :
- Industrie manufacturière et construction : -3,4% (meilleure performance)
- Agriculture : -1,8% (réduction du cheptel bovin)
- Transports : -1,4% (baisse consommation carburants)
- Bâtiments : forte baisse au T3 2025 (-11,7%) grâce à une météo clémente
Décarboner ces différents secteurs est un défi de taille auquel le gouvernement doit faire face. Mise en avant du “Made In France”, de matières biosourcées, de labels agricoles, d’un bilan GES obligatoire, etc. Des actions sont d’ores et déjà mises en place. Cependant, il y encore du chemin à parcourir !
La France s'est fixée des objectifs ambitieux pour respecter l'Accord de Paris. Le projet de Stratégie Nationale Bas-Carbone 3 (SNBC-3), publié en décembre 2025, rehausse l'objectif de réduction à -50% des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990 (contre -40% précédemment). Cela représente un objectif de 4,41 t CO2eq par habitant en 2030, et 0,98 t CO2eq par habitant en 2050 pour atteindre la neutralité carbone (soit -90% par rapport à 1990).
Le constat est sans appel : le rythme actuel de réduction (-1,6% prévu en 2025) est très en deçà du rythme nécessaire d'environ -5% par an pour respecter la trajectoire 2030. L'année 2026 doit être une année de passage à l'action selon le gouvernement.
💡 Le BEGES (Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre) est obligatoire pour :
- Collectivités de plus de 50 000 habitants : tous les 3 ans
- Entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM) : tous les 4 ans
- Établissements publics de plus de 250 agents : tous les 3 ans
Répartition de l’empreinte carbone des Français
Avoir une idée globale de la situation est nécessaire. Cependant, nous pouvons agir à toutes les échelles pour viser la réduction de notre empreinte carbone. C’est pourquoi il est également pertinent de connaître le bilan carbone d’un individu en France.
Selon les données de l'INSEE et du SDES publiées en octobre 2025, l'empreinte carbone d'un Français s'établit à 8,2 tonnes de CO2eq par an en 2024, soit le niveau le plus bas jamais enregistré depuis 1990. Cette empreinte a significativement baissé par rapport à 2018 (11,2 t CO2eq), grâce à la fois à des efforts de réduction et à une révision méthodologique complète en 2025. Pour respecter l'Accord de Paris, un Français vise la réduction de ses émissions à 0,98 tonne par an d'ici 2050, avec une étape intermédiaire à 4,41 tonnes en 2030 : c'est-à-dire une baisse de 90% d'ici 2050 par rapport à 1990.
L'empreinte carbone moyenne d'un Français s'élève à 8,5 tonnes de CO2eq. La répartition par poste de consommation est la suivante (SDES-Insee, Chiffres clés du climat Édition 2025 🙂 :
- Déplacements : 24% (2,1 t CO2eq/hab)
- Alimentation : 23% (2,0 t CO2eq/hab)
- Habitat (chauffage, électricité) : 21% (1,8 t CO2eq/hab)
- Équipements : 13%
- Administration, santé, éducation : 10%
- Autres services (sports, loisirs…) : 9%
Derrière cette empreinte environnementale, le transport reste certainement la première source d'émissions carbone : 24% des émissions de l'empreinte carbone des Français et 34% des émissions territoriales.
Les émissions importées
Il est important de noter que l'empreinte carbone française intègre 50% d'émissions importées en 2024, c'est-à-dire liées à la consommation de produits fabriqués à l'étranger. Cela souligne l'importance pour les entreprises, quelle que soit leur taille (TPE, PME, ETI, groupes multi-entités), de prendre en compte l'ensemble de leur chaîne de valeur dans leur stratégie de décarbonation.
Une analyse de l’empreinte carbone par région de France permet aussi de comprendre quels modes de vie peuvent avoir un impact plus important !
Grâce à notre plateforme de bilan carbone, Carbo accompagne les entreprises de toutes tailles dans leur démarche de décarbonation. Notre méthodologie rigoureuse et nos outils permettent d'identifier précisément les postes d'émissions principaux et les leviers d'action prioritaires, que vous soyez une TPE, une PME, une ETI ou un groupe multi-entités.
Conclusion
Connaître l’empreinte carbone par secteur est un moyen efficace pour mieux visualiser la répartition des émissions carbone à l’échelle mondiale, nationale mais aussi individuelle. Mais la prise de conscience de cette empreinte carbone n’est que le début d’une démarche environnementale.
L’étape suivante est bien sûr de passer à l’action, à l’échelle individuelle ou à l’échelle de son entreprise. Pour les entreprises, estimer son empreinte carbone revient à calculer son bilan carbone en prenant en compte l’ensemble des émissions internes et externes de gaz à effet de serre de son entreprise.
Pour aller plus loin et mieux comprendre où votre entreprise se situe, il faut donc réaliser le bilan carbone de votre entreprise. Ça tombe bien ! Carbo est là pour vous accompagner dans cette démarche.
Sur notre plateforme, les différentes rubriques vous aideront à mieux comprendre quels sont vos postes d'émissions carbone principaux. Et par ricochet vos leviers d'action prioritaires. Dans un contexte réglementaire profondément transformé par la directive Omnibus de décembre 2025, et face à l'urgence climatique (2024 étant l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec un budget carbone +1,5°C qui sera épuisé avant 2030), mesurer et réduire ses émissions n'est plus une option mais une nécessité stratégique.
Même si votre entreprise n'est pas soumise aux obligations CSRD, la pression des investisseurs, des banques et de vos donneurs d'ordre reste forte. Le reporting volontaire devient un avantage concurrentiel pour maintenir votre position dans les chaînes de valeur et accéder aux financements verts.

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FAQ : Empreinte carbone par secteur
En France, le secteur qui émet le plus est celui des transports, représentant environ 34% des émissions territoriales de gaz à effet de serre en 2024-2025. C'est le seul secteur à n'avoir connu aucune réduction de ses émissions depuis 1990. Le baromètre du Citepa prévoit une baisse modeste de -1,4% en 2025.
Au niveau mondial, le secteur de la production d'énergie (électricité et chaleur) est le plus émetteur avec 34% des émissions totales de GES, suivi de l'industrie (24%). Le Global Carbon Budget 2025 indique que les émissions fossiles atteignent un nouveau record de 38,1 Gt CO2 en 2025 (+1,1% vs 2024).
Depuis décembre 2025, la directive Omnibus a radicalement modifié le paysage : seules les entreprises de >1000 salariés ET >450 M€ CA restent soumises à la CSRD. Le BEGES français reste obligatoire pour les >500 salariés (scopes 1-2-3), avec amendes jusqu'à 100 000€. Les entreprises exemptées adoptent le standard volontaire VSME.








