Matériau biosourcé : un nouveau pas vers la neutralité carbone de son entreprise ?

Ilo Rakotonavahy
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Nouvelle tendance : “le biosourcé”, mais qu’est ce que c’est au juste ?  Le biosourcé est un terme qui désigne tout ce qui est produit à partir de matières premières renouvelables. Dans une démarche de réduction des émissions carbone d’une entreprise, c’est une alternative tangible aux produits dérivés du pétrole, du gaz naturel et du charbon, moins respectueux de l’environnement. Loin d’être inutile face aux challenges ambitieux de neutralité carbone collective des Accords de Paris. Pourquoi et comment l’adopter, les défis que rencontrent les produits biosourcés… Vous comprendrez mieux à la fin de cet article ! 

Qu’est qu’un matériau biosourcé ? 

Un peu d’étymologie ✍️

Pour mieux comprendre le sujet de cet article, commençons par un petit cours d’étymologie sur la racine du mot “biosourcé”. Tout d’abord, “bio” vient du grec “bíos” qui signifie “vie”. Un terme qui débute avec ce préfixe renvoie au vivant. “Sourc-”, lui, vient du latin “sursus” qui renvoie au verbe “surgir”. 

En additionnant les deux racines, on peut comprendre que “biosourcé” désigne les matières, les éléments et autres produits directement dérivés de la nature et fabriqués avec du vivant. Aujourd’hui, le terme de biosourcé s'utilise dans le secteur du bâtiment, en désignant le bois par exemple.

batiment biosourcé

Cette définition rejoint d’ailleurs celle donnée par le Code de l'urbanisme. Une matière biosourcée, c'est “une matière issue de la biomasse végétale ou animale pouvant être utilisée comme matière première dans des produits de construction et de décoration, de mobilier fixe et comme matériau de construction dans un bâtiment.” 

Les matières d’origine biologique font généralement l’objet d’un ou de plusieurs traitements physiques, chimiques ou biologiques au cours du processus de fabrication.

On parle notamment de « plastique biosourcé » ou de «matériau de construction biosourcé», voire de « teneur en matière biosourcée » d’un produit.

Biologique, biodégradable et biosourcé, quelle différence ? 

Des mots qui commencent par la racine “bio-”, il y en a plusieurs. Surtout avec certains raccourcis où beaucoup désigne produit comme étant “bio-”.

Oui, il est parfois difficile de faire la différence entre les différents termes tant ils sont interchangeables. Mais attention à ne pas confondre “biosourcé”, “biologique” et “biodégradable”. 

biosourcé, biologique ou biodégradable

Un produit biosourcé se fabrique à partir du vivant (coton, bois, lin…). Cela ne veut pas dire qu’il est automatiquement biologique ou biodégradable. 

Un produit biologique est issu d’une agriculture qui respecte et protège la nature, ses cycles et sa logique. En France, les produits biologiques sont repérables grâce au label “Agriculture biologique”

Un produit biodégradable est lui un produit qui peut être composté, dégradé par le vivant. Cela ne signifie pas que le produit se dégrade lorsqu’il est seulement jeté dans la nature. Néanmoins, lorsque les conditions de dégradation sont réunies (humidité, chaleur, air,...), le produit se décompose. 

Pourquoi et comment introduire plus de matériaux biosourcés dans votre production

De plus en plus populaire chez les entreprises

Le concept de matériau biosourcé a d’abord fait son chemin dans le secteur du bâtiment. Nécessaire lorsqu'on connaît le bilan carbone du batiment.  Très vite, le label “Bâtiment Biosourcé” a été mis en place par l’Arrêté du 19 décembre 2012 relatif à son contenu et à ses conditions d’attribution par Karibati. 

A titre d'information, Karibati est une entreprise innovante experte des matériaux biosourcés pour le bâtiment. Elle accompagne toute organisation, privée ou publique, qui souhaite innover, se développer, ou mieux construire, grâce aux matériaux biosourcés pour le bâtiment.

Empreinte carbone BTP

L’objectif du label était non seulement de développer l’usage de matériaux renouvelables pour la construction grâce à l’utilisation de matières biosourcées, mais aussi de favoriser l’émergence de solutions techniques innovantes pour le bâtiment et une construction plus durable.

Et de la demande, il y en a eu !

Dans un communiqué, la SCOP indique avoir labellisé 15 produits et que d’autres demandes sont en cours. Le marché affiche lui une croissance annuelle de 15% en volume ! Une tendance que la RE 2020 vient appuyer. 

Réglementation en faveur du bois ou des matériaux biosourcés dans la construction

En plus de répondre à une demande croissante, la tendance du “biosourcé” est renforcée par les dernières réglementations en vigueur, notamment la RE 2020

En 2020, la France passe en effet d’une réglementation thermique à une réglementation environnementale, la RE 2020, plus ambitieuse et exigeante pour la filière construction. L’un des trois axes de la RE vise à décarboner les bâtiments neufs en prenant en compte l’ensemble des émissions du bâtiment sur son cycle de vie, de la phase de construction à la fin de vie. Dans le cadre, le choix des matériaux utilisés pour la construction est primordial. 

Bilan Carbone bâtiment

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a également confirmé l’intérêt d’utiliser ces matériaux dans le secteur du bâtiment. Sont notamment mis en avant la capacité stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles qu’on prête aux produits biosourcés. 

Et ce n’est pas tout. Les matières biosourcées bénéficient de soutiens supplémentaires de la part de l’Etat. En 2018, la filière chanvre a bénéficié par exemple du soutien du programme Pacte pour la rédaction de nouvelles règles professionnelles, d’essais de résistance au feu et la rédaction de guides pédagogiques. Elle a également bénéficié du soutien de l’État pour que les avantages des bétons de chanvre soient mieux pris en compte. 

💡 Envie de creuser le sujet ? Découvrez notre article sur l'empreinte carbone par secteur.

L’importance du biosourcé dans la filière du bâtiment 

Qu'est-ce qu'un isolant biosourcé ?

L’engouement pour le biosourcé est tel qu’on se demande vite quelle grande différence il peut y avoir entre un bâtiment éco-responsable construit avec et sans produit biosourcé. Prenons l’un des exemples les plus populaires : l’isolant biosourcé. 

quel isolant choisir

Dans la construction, les isolants les plus utilisés sont la laine de verre ou de roche, le liège, fibre de bois, chanvre, paille, la ouate de cellulose, ou les matières synthétiques (mousse de polystyrène et polyuréthane).

Un isolant biosourcé est lui défini par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) comme un matériau dont une partie des matières premières est issue de la biomasse végétale et animale. Cela comprend les fibres de bois (hors bois d’œuvre) et les matières recyclées. 

Les isolants biosourcés peuvent être dérivés :

  • du bois ;
  • de la ouate de cellulose issue du papier ;
  • de la laine de coton ;
  • de la plume de canard ;
  • du liège ;
  • de la laine de chanvre ;
  • du lin ;
  • de la laine de mouton ;
  • de la paille ;
  • ou de textile recyclé.

Avantages et inconvénients

Lorsque l’on compare avec un isolant conventionnel, l’isolant biosourcé ne performe pas mieux. En moyenne, les isolants biosourcés ont en effet besoin de 15 cm d’épaisseur supplémentaire pour être aussi efficaces que le polyuréthane, isolant performant disponible sur le marché. 

L’isolant biosourcé a aussi un certain coût. Le prix peut monter jusqu’à 25 € pour un isolant biosourcé en chanvre, lin ou coton de 200 mm d’épaisseur au mètre carré. C’est plus cher que le prix du polyuréthane, à 20€ par mètre carré, déjà considéré comme un matériau cher. 

Enfin, l’approvisionnement des ressources peut limiter les produits biosourcés. Par nature, les isolants biosourcés se fabriquent avec des matières premières renouvelables. Cependant, une pénurie de matières premières rend l’accès difficile aux matériaux biosourcés. Pour pallier à la demande, la France exporte ces matières premières. Des régions montagneuses, voire de l’étranger, dans le cas du bois, exporté en grande partie d’Allemagne. 

isolant biosourcé

Mais rassurez-vous, les avantages du biosourcé en valent la chandelle !

Utiliser un isolant biosourcé, c’est : 

🔋 une dépense énergétique en moins dans la construction : les isolants biosourcés doivent respecter certaines normes pour une empreinte énergétique des plus faibles ; 

💤 une bonne isolation thermique, mais aussi acoustique et phonique ; 

🔥 une protection contre le froid mais aussi contre l’humidité et le feu : ils absorbent beaucoup d’eau ; 

💨 Enfin, une amélioration de la qualité de l’air. 

Pas si mal, non ? 

Une nouvelle tendance pour le secteur du textile 

Bel avenir pour le textile 

Petit à petit, le biosourcé se fait une place au-delà du secteur de la construction. Le textile biosourcé est lui aussi une réalité ! 

C’est important dans le contexte actuel où l'industrie textile est encore très dépendante au pétrole (votre veste de ski par exemple). Industrie qui représente 8% des émissions de GES mondiales. C’est pourquoi certaines marques engagées font désormais le choix du biosourcing ou biosourçage.

textile biosourcé

Exemples de marques et de matériaux 

Produire des tissus à partir de végétaux c’est possible. Des exemples de matières biosourcées, vous en connaissez sûrement dans le textile. 

Nous pouvons notamment citer : 

  • Le coton bio ;
  • Le chanvre ;
  • Le lin ;
  • La fibre de bois ;
  • La paille ;
  • Laine de mouton ;

Pensez-y lorsque vous achetez un vêtement neuf ou de seconde main. 

Pour ce qui est des marques de vêtements, nous pouvons notamment citer l’engagement de Picture Organic Clothing, avec 100 % de matières biosourcées pour sa collection technique, ou encore les vêtements Made in France en lin et en coton de la marque LeMahieu

FAQ : le biosourcé, un nouveau pas vers la neutralité carbone ?

Quels sont les principaux avantages du biosourcé ?

Le biosourcé présente de nombreux avantages par rapport aux méthodes de production industrielle traditionnelles. En effet, il permet de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, de diminuer la consommation d’énergie et d’eau, ainsi que les déchets produits. De plus, il permet de valoriser les déchets organiques en les transformant en nutriments pour les plantes, ce qui permet de réduire considérablement la quantité de déchets environnementaux. Enfin, le biosourcing est une méthode de production plus respectueuse de l’environnement, car elle ne nécessite pas l’utilisation de produits chimiques nocifs pour la faune et la flore.

Quels sont les principaux défis du biosourcé?

L’un des principaux défis du biosourcé est la quantité de matière première nécessaire à la production de produits finis. En effet, pour produire de grandes quantités de produits, il faut souvent utiliser une grande quantité de matière première, ce qui peut entraîner des coûts élevés et une empreinte carbone importante. De plus, le biosourcé nécessite souvent l’utilisation de micro-organismes, ce qui peut présenter des risques pour la santé et l’environnement si les processus de production ne sont pas bien contrôlés.

Ilo Rakotonavahy
Ilo est Content Manager à Carbo. Spécialisée en Relations internationales, elle intègre le master Environmental Policy à Sciences Po. Son projet du moment : rendre les festivals de musique plus durables.
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