L’empreinte carbone du numérique expliquée en 15 minutes

Alise Durand
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Selon une étude commandée par le Sénat, le numérique est responsable de 2,5% du total des émissions de gaz à effet de serre en France (16,9 millions de tonnes de CO2e). Ceci explique peut-être pourquoi le secteur du numérique n’est pas considéré comme un levier pour réduire les émissions carbone par rapport à d’autres secteurs. Pourtant, si nous continuons à ce rythme, les émissions carbone du numérique pourraient tripler d’ici 2040. Mais que prendre en compte lorsque l’on parle d’empreinte carbone numérique ? De quelles manières peut-on la réduire ? Comment le numérique va-t-il évoluer à l’avenir ? Si vous souhaitez vous informer sur l’empreinte carbone numérique et avoir des pistes pour la réduire, alors vous êtes au bon endroit. 🌱

Empreinte carbone numérique

Ouvrir la boîte noire de l’empreinte carbone numérique

Empreinte carbone numérique : le must know

Tout d’abord, lorsque l’on parle d’empreinte carbone d’un secteur, on parle des émissions de gaz à effet de serre (GES) induites par ce secteur. 

Ainsi, appliquée au numérique, l’empreinte carbone désigne la quantité de gaz à effet de serre traduite en dioxyde de carbone (CO2e) émises par les activités liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Concrètement, appréhender l’empreinte carbone du numérique revient à comprendre l’impact exercé par le numérique sur le réchauffement climatique.

Cependant, estimer l’impact carbone du numérique est rendu complexe par la technicité du matériel numérique, la complexité des chaînes de valeur et des réseaux. En tant qu’individu, si je passe 1h à regarder ma série préférée sur Netflix combien de CO2e est-ce que je génère ? La réponse à cette question dépend de plusieurs variables.

Ainsi, il est nécessaire de lever le voile sur les facteurs qui composent l’empreinte carbone numérique et de comprendre que le numérique n’est pas seulement immatériel.

Quels sont les facteurs qui composent l’empreinte carbone numérique ?

Pour réduire son empreinte carbone numérique, il est important de prendre conscience des différents facteurs qui entrent en jeu et de les maîtriser.

empreinte carbone numérique quésaco

L’empreinte carbone du numérique va au-delà des émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation directe du numérique. En effet, l’empreinte carbone numérique est composée de plusieurs facteurs comme :

  • Les équipements électroniques
  • Le traitement et le stockage des données dans les datacenters
  • L’utilisation des réseaux et infrastructures nécessaires pour faire transiter la donnée

Le facteur équipements électroniques ne veut pas seulement dire utilisation directe (i.e. les émissions de CO2e induites lorsque l’on surf sur son ordinateur). En effet, il prend aussi en compte l’analyse cycle de vie (ACV) du matériel. 

La méthode ACV désigne l’ensemble des différentes phases par lesquelles passe le produit depuis le processus de développement jusqu’à la gestion de sa fin de vie. Ainsi, on y trouve les émissions dues à :

  • La fabrication des équipements
  • Sa distribution
  • Son utilisation
  • La gestion de sa fin de vie (déchets)

Globalement, l’ensemble des études s’accordent sur le fait que la plus grosse part de l’empreinte carbone du numérique réside dans la fabrication du matériel. Vient en deuxième la consommation électrique requise pour faire transiter, stocker et afficher la data (20%). Sur ces 20%, 47% des GES sont émis pour stocker la donnée, 28% pour faire transiter la donnée et 25% pour afficher la donnée.

répartition des GES générés par le numérique
Répartition des GES de la consommation électrique générés par le numérique par source d'émission

Finalement, lorsque l’on sait tout ce dont quoi est composée l’empreinte carbone du numérique et si on se place à l’échelle mondiale, alors l’impact de l’univers du numérique devient assez significatif. En effet, avec une part des émissions carbone mondiales estimée à environ 4%, le secteur mondial du numérique émet plus de CO2e que le Japon !

💡 Envie de creuser le sujet ? Découvrez notre article sur l'empreinte carbone par secteur.

Petit état des lieux de l’empreinte carbone numérique en France

L’empreinte carbone et l’impact environnemental du numérique en quelques chiffres

Une étude de l’ARCEP montre qu’en 2020 en France :

  • Le secteur du numérique a produit 20 millions de tonnes de déchets
  • L’empreinte carbone du numérique était de 16,9 Mt (millions de tonnes) de CO2e

Si on compare ces 16,9 Mt de CO2 aux 663 Mt de CO2e que représentent l’empreinte carbone de la France en 2020, on arrive au constat suivant : le numérique est responsable de 2,5% de l’empreinte carbone de la France.

En France, le numérique n’est pas soumis à la même vigilance que d’autres secteurs en termes d’impératifs énergétique et climatique. D’un côté, ce n’est pas surprenant dans la mesure où il a moins d’impact à ce jour que des secteurs comme le transport ou l’industrie. Mais d’un autre côté, il faut agir dès maintenant si on veut limiter son impact à long terme.

Bonne nouvelle : l’empreinte carbone du numérique devient tout de même un sujet d’attention croissant. On sait maintenant que si rien n’est fait pour la réduire, les émissions de GES du numérique pourraient augmenter de manière drastique.

Qu’en est-il de la régulation ?

Ainsi, les institutions publiques s’emparent de plus en plus de la question. Quelles sont alors les différentes lois régulant le numérique et ses émissions carbone ?

régulation numérique

Promulguée en 2020, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire), qui concerne un grand nombre de secteurs, pose les bases en termes de limitation des déchets. Au niveau du numérique, cette loi propose entre autre de :

  • Communiquer au consommateur l’équivalent de sa consommation internet et mobile en gaz à effet de serre. Par exemple, si la consommation d’un abonné est de 20 Go de data, l’opérateur devra lui indiquer l’équivalent en émissions de GES.
  • Lutter contre l’obsolescence programmée en obligeant les vendeurs d'équipements à afficher un indice de réparabilité des produits.
  • Mettre l’économie circulaire au cœur des instances publiques. Ces dernières doivent désormais acquérir des biens issus du réemploi ou de la réutilisation, ou comportant des matières recyclées, dans des proportions fixées entre 20 et 100% selon le type de produit.
  • Faciliter les gestes de tri en apposant un logo unique sur tous les équipements électroniques qui peuvent être triés.

Le Gouvernement a aussi adopté en novembre 2021 la loi REEN visant à réduire l’empreinte environnementale en France. Voici quelques mesures phares :

Faire prendre conscience de l’impact du numérique
Sensibiliser dès le plus jeune âge à l’école.
Limiter le gaspillageMettre fin à l’obligation de fournir des écouteurs lors de l’achat d’un smartphone.
Usages numériques vertueuxLes opérateurs de communications électroniques devront publier des indicateurs clés récapitulant leurs engagements en faveur de la transition écologique.
Stratégie numériqueA partir de 2025, les communes de plus de 50 000 habitants devront élaborer une stratégie numérique responsable.

Par ailleurs, selon la feuille de route Numérique et Environnement de février 2021 du Ministère de la Transition énergétique, les datacenters installés en France doivent respecter depuis 2022 un ensemble de bonnes pratiques en matière d'éco-conception et de consommation énergétique pour limiter les impacts du numérique et la pollution numérique.

Comment réduire les impacts de l’empreinte carbone du numérique en entreprise ?

D’abord, comment calculer l’empreinte carbone du numérique ?

L’empreinte carbone et la consommation d’énergie du numérique sont assez compliquées à appréhender vous allez le voir.

Tout d’abord, l’origine de l’énergie est un facteur essentiel et pas toujours bien appréhendé. Ainsi, l’intensité de CO2e émise par un réseau d’électricité chinois est bien supérieure à celle de la France. Si un équipement est fabriqué en Chine, son intensité carbone sera supérieure à un équipement fabriqué en France. Aussi, selon Gilles Babinet, conseiller sur les questions numériques, l’empreinte d’un utilisateur Netflix variera suivant qu’il regarde son film depuis un flux provenant d’un hébergement français ou chinois. Cette différence s’explique par le fait que le mix énergétique n’est pas le même d'un pays à l’autre. En France, la production d'électricité provient à 40% du nucléaire, une énergie peu carbonée, contrairement à la Chine dont la production électrique provient à environ 65% du charbon.

Carbo a développé une méthodologie rigoureuse pour vous permettre de mesurer le bilan carbone de votre utilisation du numérique et notamment les gaz à effet de serre induits par l’utilisation des données. Le principe de calcul est le même pour un site internet, une application mobile, une application SaaS, ou une API mais les informations demandées sont différentes selon le support.

En fait, Carbo vous demande de fournir des informations qui sont regroupées en 3 catégories :

  • Appareils (exemple : combien d’utilisateurs utilisent activement votre application ?)
  • Réseau (exemple : votre site diffuse-t-il des vidéos ?)
  • Datacenter (exemple : comment / où hébergez-vous votre serveur ?)

Grâce à ces informations et à la méthode de calcul développée par Carbo qui repose sur des bases de données solides comme celles de l’ADEME, on peut calculer la consommation d’énergie et d’électricité liée au support (site, application, SaaS ou API) numérique qu’utilise votre entreprise. 🤠

bilan carbone numérique

Mesurez votre bilan carbone numérique avec Carbo.

Ensuite, la checklist de la sobriété numérique

Pour atteindre la sobriété numérique, les entreprises ont un grand rôle à jouer, et beaucoup à gagner ! En effet, faire baisser l’empreinte carbone numérique au sein de son entreprise est un moyen de limiter ses coûts et de se démarquer de la concurrence. 

La transition numérique compte sur vous 😉 Et chez Carbo, on a décidé de vous aider à vous engager ou poursuivre sur cette voie durable en vous donnant de l’inspiration pour réduire l’empreinte carbone numérique de votre entreprise.

checklist réduire empreinte carbone numérique

Au niveau de l’utilisation des équipements

  • Questionner les besoins en interne

Est-il nécessaire d’avoir un ordinateur ou une tablette suffit ? Est-il nécessaire d’avoir des imprimantes à tous les étages ?

  • Choisir des équipements labellisés ou certifiés

Le site de l’ADEME répertorie près de 100 labels environnementaux dans toutes les catégories et notamment le multimédia pour vous guider.

  • Allonger la durée de vie des équipements au bureau

Dans la mesure où une grande part de l’impact environnemental du numérique est directement lié à la phase de fabrication des équipements, cette action est un levier important pour réduire l’empreinte carbone du numérique et de son entreprise.

  • Activer la mise en veille automatique de sa box en cas de non utilisation
  • Ne pas laisser les appareils allumés en permanence
  • Optimiser la taille des fichiers transmis
  • Nettoyer régulièrement ses boîtes mail
  • Réduire les qualités d’image et de vidéo si possible
  • Utiliser des mots clés précis et cibler sa demande sur le web

Cette action permet notamment de limiter la sollicitation des serveurs du moteur de recherche et donc de limiter la consommation d’énergie.

  • Vider régulièrement le cache des ordinateurs
  • Privilégier la fibre plutôt que le cuivre
  • Stocker uniquement le nécessaire sur le Cloud pour alléger les data centers

🖐 Le Cloud désigne l’ensemble des réseaux, serveurs, unités de stockage… auquel les usagers se connectent via Internet. Il permet de stocker des données (hébergement de photos, de vidéos, de musique, de fichiers divers) et l’usage d’applications, de services, de logiciels (streaming vidéo, suites bureautiques connectées). Le Cloud permet ainsi d'utiliser des ressources sans les posséder.

  • Inciter au bon usage des appareils et outils informatiques pour éviter les pannes
  • Éveiller les consciences en interne sur les questions d’usage et de consommation

Au niveau des data centers et des réseaux

data centers
  • Privilégier les forfaits à durées limitées adaptées aux activités

Aujourd’hui, la plupart des forfaits téléphoniques sont illimités en termes d’accès à Internet. Ainsi, nous ne sommes pas incités à l’utiliser de manière économique et responsable. A contrario, le prix des forfaits à durées limitées varie en fonction des usages de l’utilisateur et incite alors à optimiser la consommation du forfait.

  • Collaborer avec des opérateurs qui permettent de surveiller et gérer sa consommation d’énergie
  • Choisir des serveurs Cloud qui construisent eux-mêmes leurs propres serveurs

Par exemple, le fournisseur d’infrastructures d’hébergement web OVHcloud, travaille sur la réduction de ses émissions carbone a plusieurs niveaux et publie ses bilans et ses données de manière assez transparente.

  • S’allier avec des data centers qui utilisent d’anciens bâtiments existants réaménagés

L’entreprise Qarnot, qui fournit des services en matière de Cloud, fonde sa stratégie sur le déploiement de ses serveurs dans des bâtiments existants.

  • Privilégier des data centers utilisant un système de refroidissement moins énergivore
  • Choisir des data centers ayant un mix d’énergies renouvelables

Au niveau du cycle de vie des équipements

  • Privilégier les entreprises utilisant l’éco-conception pour la fabrication des équipements

L’éco-conception des produits et services numériques permet une intégration des aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits, avec pour objectif la réduction de l’impact environnemental à service rendu équivalent ou supérieur.

Pour cela, il est possible de s’aider des certifications et labels obtenus par les fabricants qui attestent d’un respect de critères exigeants en matière d’empreinte carbone.

  • Se fournir chez des fabricants qui donnent des informations sur la durée de vie des équipements
  • Soutenir les initiatives solidaires grâce au don de matériel informatique
  • Choisir des filières de tri des déchets en fin de vie du matériel

Quel avenir pour le secteur du numérique ?

Evolution du numérique dans le monde depuis les années 2000

Depuis les années 2000, le numérique a enclenché de nouvelles mutations. Notre rapport au travail a changé, mais aussi notre rapport au temps ou encore notre rapport à la consommation et même à la sociabilité avec les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, même s’il est présent dans le monde entier, force est de constater qu'il existe des inégalités en termes d’accès au numérique selon les pays du monde. En effet, le taux de pénétration d’Internet par pays montre une fracture numérique depuis les années 2000. Selon une étude de Statista, en 2019, si le taux de pénétration d’Internet au Danemark est à 98%, au Ghana ce taux se situe à 35% seulement.

🖐 Le taux de pénétration d’Internet indique le pourcentage d’individus ayant utilisé Internet dans la population.

Le Nord de l’Europe est la région la plus connectée. A l’inverse, l’Afrique centrale reste la région la plus isolée numériquement. 🌍

Par ailleurs, le numérique a produit des externalités positives depuis son avènement. Une des plus vues et revues, la réduction du transport très consommateur d’énergie grâce au télétravail. Dans la même logique, les appareils qui se mettent en veille automatiquement lorsque personne n’est présent permettent une baisse considérable de la consommation d’énergie. Enfin, les GPS dernière génération ne permettent-ils pas d’éviter les bouchons ?

Mais, même si le numérique a permis la sobriété de certains usages, il a aussi entraîné un boom de nouvelles pratiques très carbonées : streaming, réseaux sociaux, intelligence artificielle …

Prospectives sur le numérique et son impact

L’empreinte carbone du numérique ne fait qu’augmenter. Non seulement les pays ayant un accès facilité au numérique y passent toujours plus de temps, mais aussi parce que d’autres pays sont aujourd’hui en transition vers le numérique.

prospective empreinte carbone numérique

Les études montrent que la croissance du taux d’équipement des ménages est terminée. Cependant, la consommation et les achats liés au numérique suivent plutôt une courbe ascendante dans la mesure où la plupart des équipements sont soumis à l’obsolescence programmée et où les entreprises sortent sans cesse de nouvelles versions alléchantes.

La place du numérique s’observe donc par l’accroissement des usages dans notre vie quotidienne. De plus, les équipements complémentaires connectés au numérique ne font que s’accroître dans le monde. Une grande partie des innovations d’aujourd’hui nécessitent le numérique et les infrastructures qui vont avec pour pouvoir fonctionner. C’est ce qu’on appelle les objets connectés.

Finalement, si l’on veut faire converger numérique et environnement, il est nécessaire de faire prendre conscience aux utilisateurs de l’impact de la consommation du numérique et de faire émerger une régulation environnementale qui pose les bases d’une stratégie numérique durable. 

Alise Durand
Content Manager chez Carbo
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