Sommaire

Il existe aujourd'hui plusieurs méthodologies pour prendre en compte les flux de CO2 d'un territoire ou d'une organisation tout secteur de d'activité confondu. Que ce soit pour réaliser un bilan GES réglementaire ou complet, deux standards émergent : la méthode Bilan Carbone ® initiée par l'ADEME (en France) et le cadre défini par le GHG Protocol (à l’échelle internationale). Étudions aujourd’hui plus en détail la première.
La Méthode Bilan Carbone ® en bref
Elle a été développée entre 2000 et 2004 par Jean-Marc Jancovici. Officialisée en 2004, elle permet d'estimer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre de toute structure. En 2011, l'ADEME l'a transmise à l'Association pour la transition Bas Carbone pour favoriser son développement. En juin 2025, l'ABC a fusionné avec l'APCC pour créer une structure unifiée regroupant plus de 1 300 organisations.
Les émissions sont réparties en trois scopes :
1. Le premier correspond aux émissions directes (véhicules de l'organisation, chauffage)
2. Le deuxième regroupe les émissions indirectes liées à l'énergie (consommation d'électricité)
3. Le troisième concerne les autres émissions indirectes (matières premières, achats, transports)
Depuis juillet 2022, le scope 3 est obligatoire dans le BEGES réglementaire.
Qu’est-ce que la méthode Bilan Carbone ® ?
Un peu de contexte pour commencer
Avant que la méthode Bilan Carbone ® ne devienne une marque déposée, les entreprises ne disposaient pas de consignes claires pour estimer leur impact environnemental sur le changement climatique.
Entre mi-2000 et fin 2003, une équipe menée par l’ingénieur-chercheur Jean Marc Jancovici a mis en place une méthodologie permettant d’estimer à la fois les émissions directes et les émissions indirectes de gaz à effet de serre de toute structure industrielle ou tertiaire.

Cette mission se déroule pour le compte de l’Agence de la transition écologique, créée en 1991, et de la Mission Interministérielle pour l’Effet de Serre, créée en 1992, avec pour objectif de donner à toutes les entreprises un outil de mesure pour ensuite identifier leurs marges de manœuvre, savoir où elles se situent et agir en fonction. L’idée est vraiment de correspondre à toutes les entreprises, quel que soit le secteur.
Arrivée de la méthode Bilan Carbone®
C'est véritablement l'année 2004 qui marque l'avènement officiel de la méthode Bilan Carbone ®. Depuis, de plus en plus d'organisations ont choisi d'opter pour cette méthode. La réglementation évolue également avec l'article 75 du Grenelle II qui vient généraliser les Bilans GES. Plus récemment, le paysage réglementaire s'est enrichi avec la directive CSRD et ses évolutions : la directive Omnibus adoptée en décembre 2025 a relevé les seuils de reporting obligatoire à 1 000 salariés ET 450 millions € de chiffre d'affaires, excluant environ 80% des entreprises initialement visées.
En 2011, face au succès, l'ADEME choisit de transmettre le Bilan Carbone® à une structure entièrement dédiée pour favoriser son développement et sa diffusion : l'Association pour la transition Bas Carbone (ancienne Association Bilan Carbone). Le 30 juin 2025, l'ABC a franchi une nouvelle étape majeure en fusionnant avec l'Association des Professionnels en Conseil Climat (APCC), créant ainsi une structure unifiée qui regroupe désormais plus de 1 300 organisations engagées pour le climat et réunit l'ensemble de la communauté des professionnels du conseil climat.
La méthodologie bilan carbone®
Pour mesurer les GES définis par le GIEC, l'ADEME utilise un code de calcul fondé sur des facteurs d'émissions physiques ou monétaires. Elle prend en compte l’ensemble des gaz à effet de serre définis par le GIEC. Une méthodologie a spécifiquement été développée pour l’échelle des territoires.

La méthode Bilan Carbone ® de l’Agence de la transition écologique propose une évaluation globale des émissions de gaz à effet de serre. C'est-à-dire que celles-ci soient directes ou indirectes. On inclut donc le scope 1, 2 et 3.
Pour rappel, le scope 1 comptabilise les GES émis directement par l'entreprise (ex : liées aux véhicules de l’entreprise). Le scope 2 correspond aux émissions indirectes en lien avec l'énergie (ex : consommation d’électricité). Enfin, le scope 3 désigne les émissions indirectes restantes (ex : empreinte carbone des matières premières utilisées ou encore achat de produits électroniques ou mobilier de bureaux). Plus l’estimation de votre empreinte carbone gagne en précision, plus l’impact de vos actions sera important.
Dès que c’est possible, on estime une émission de CO₂ sur la base de facteurs physiques. C’est-à-dire qu’on mesure la quantité de CO2 émise par une unité consommée. Si et seulement s’il est impossible de connaître les quantités X de produits, il est possible d’estimer l’empreinte CO2 d’un produit / service, à partir de son prix. Cette estimation est néanmoins moins précise que celle basée sur des facteurs physiques.
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La méthode expliquée en 5 étapes
Elle comprend 5 étapes clés :
- Entamer la récolte de données,
- Définir son cadre,
- Collecter et exploiter les datas,
- Définir et mettre en place le plan d’actions,
- Restituer et communiquer sur sa démarche.
Les détails sont à retrouver sur le site de l’ABC mais on s’occupe de vous synthétiser la démarche.
1/ Choisir la bonne formule d’accompagnement
Réaliser un Bilan Carbone conforme est une procédure structurée qui demande une certaine rigueur. Selon l’ampleur et la typologie de vos objectifs, vous pourrez évaluer s’il vaut mieux internaliser la procédure en interne ou plutôt l’externaliser.
Piloter le projet en interne
Pour aborder ce nouveau chantier, il vous faut impérativement nommer un porteur de projet dédié qui s’occupera de piloter l’organisation. Votre pilote s’occupe ensuite de monter une équipe pour l’épauler. Il en aura besoin !
Ensuite, mettez au clair vos attentes chiffrées et vos motivations. C’est vos ambitions qui vous permettront d'aiguiller vos indicateurs de réussite en conséquence.
Mener cette procédure au sein même de votre structure est une option envisageable pour les ETI, les entreprises de plus de 500 salariés, les structures multi-entités et les grands groupes. Leur bilan carbone est obligatoire et demande la création d'un département ou d'un pôle dédié. Cependant, pour les TPE et PME, cette approche reste plus complexe à mettre en œuvre en raison des ressources limitées.

Faire appel à un prestataire externe
Vous pouvez aussi décider d’externaliser à prestataire bilan carbone sa réalisation. Les petites structures privilégient souvent cette formule car elles souhaitent qu'il soit précis et à moindre coût.
De nombreux cabinets se sont spécialisés dans la méthode du bilan carbone pour proposer de réaliser un calcul de CO2 ou de structurer la stratégie RSE de leur client par la mise en place de recommandations et d’outils.
L’accompagnement fourni est souvent de qualité. Cependant, les trajectoires de décarbonation et les méthodes de quantification peuvent parfois manquer de flexibilité. À cela, il faut ajouter le coût économique de la prestation, souvent onéreuse pour une cabinet de conseil.
Utiliser un logiciel dédié
De plus en plus de logiciels Bilan Carbone se développent en France s'inspirant de la méthode Bilan Carbone ®. Ces logiciels s'adaptent aux besoins et donc aux budgets de toutes les entreprises, des TPE aux structures multi-entités, rendant l'exercice beaucoup plus accessible.
Carbo est l’un d'eux et fournit un outil de calcul qui prend en compte l’ensemble des flux directs et indirects liés à l’activité de votre entreprise. L’outil appuie sa méthode sur celle de l’Agence de la transition ecologique. En effet, les émissions de CO₂e que nous prenons en compte dans le calcul de votre Synthèse Carbone sont issues du GHG Protocol et de la norme ISO 14064.

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Toujours développer une expertise interne
Que vous décidiez ou non de poursuivre la procédure de manière internalisée, il est important de développer l’expertise de votre équipe au travers de formations bilan carbone et de sensibilisation interne. Vous allez vite comprendre que la méthode Bilan Carbone ® est transverse. La collecte se fait dans plusieurs départements de votre structure à la fois. Mieux vaut qu'un maximum de personnes comprenne les enjeux de développement durable.
Vous pouvez également former votre équipe de façon plus spécifique sur les bases scientifiques de la comptabilité carbone, l’historique et les évolutions à attendre en termes de réglementations liées à l’environnement, les engagements volontaires possibles dans le secteur de l’organisation, etc.
2/ Définir votre périmètre d’étude
Définir le Scope
Une fois les ambitions définies, le porteur de projet, votre accompagnateur, et votre équipe peuvent ensemble passer à l’étape suivante : définir le périmètre de votre démarche.
Le cadre d’étude peut être vaste et dépend de nombreux paramètres propres à votre entreprise, sa taille, son secteur et à ses activités. L’enjeu est de définir un cadre qui vous corresponde suffisamment pour refléter au mieux votre réalité et vos objectifs, mais aussi suffisamment générique pour faire correspondre plus facilement vos données collectées avec les facteurs d’émissions présents sur la Base Empreinte.

Par exemple, un magasin de bricolage (TPE/PME) prendra en compte les flux de CO2 liés aux déchets, notamment les emballages des produits vendus ou encore le transport des produits des fabricants jusqu'aux locaux. Une ETI dans le secteur du bâtiment prendra plutôt en compte ceux de la voiture du patron pour visiter les clients et surveiller les chantiers, cux liés à l'usage du béton, mais aussi potentiellement ceux de ses filiales. Pour une structure multi-entités dans l'industrie, le périmètre s'étendra à l'ensemble des sites de production et à la chaîne logistique complexe entre les différentes entités du groupe.
Définir vos périmètres d’actions
Armé de votre cartographie, définissez vos périmètres organisationnel, opérationnel et temporel.
Le cadre temporel indique la durée de la mission mais aussi sa fréquence : est-ce que vous comptez réaliser votre synthèse tous les ans ? Tous les deux ans ?
En France, la loi indique que les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 dans les DOM) doivent réaliser leur bilan GES réglementaire (scopes 1 et 2, et scope 3 depuis juillet 2022 avec dérogations) tous les 4 ans. Les entreprises de 50 à 500 salariés ayant bénéficié d'aides publiques doivent quant à elles publier un Bilan Climat Simplifié tous les 3 ans. Cependant, en termes d'efficacité et de précision et de suivi nous vous conseillons de faire une synthèse carbone au même rythme qu'un bilan comptable, c'est-à-dire une à deux fois par an.

Le cadre le plus complexe à définir est le périmètre organisationnel. surtout lorsque votre organisation A possède des parts dans une entreprise B.
Une étape parfois complexe
Ainsi, on rencontre souvent deux principaux obstacles :
- la longueur de la chaîne de valeur. Surtout dans le cas où une entreprise A sous-traite à une entreprise B qui elle-même à une entreprise C etc.
- la diversification des activités de la structure, selon le secteur. Par exemple, il est parfois difficile de faire la synthèse carbone complète d’une banque lorsque cette dernière prête à des particuliers mais aussi à des entreprises, investit, spécule etc.
💡Bon à savoir : l'ACV (Analyse du Cycle de Vie) est une méthode complémentaire au bilan carbone qui permet de cartographier l'ensemble des impacts environnementaux d'un produit ou service, de sa fabrication à sa fin de vie. l'ACV est particulièrement utile pour démêler les émissions imbriquées dans une longue chaîne de valeur, en attribuant à chaque maillon sa part de responsabilité.
Selon le cas particulier, il existe deux possibilités :
- soit le périmètre est proportionnel à la part du capital, donc à hauteur de la participation financière ;
- soit on prend uniquement en compte les installations financées (“contrôle financier”) ou sous contrôle direct de l’organisation B (contrôle opérationnel).
Par défaut, le périmètre organisationnel « contrôle opérationnel » doit être utilisé. Sinon, il faut le justifier. Par exemple, un fond d’investissement qui possède des parts dans une start-up donnée peut justifier de se limiter à un cadre fondé sur la part du capital.
3/ Collecter et exploiter vos données
Les données à collecter
La méthode Bilan Carbone ® repose sur les données d’activité de votre organisation et sur une banque de facteurs d’émission (FE) permettant de convertir les données d’activité en tonnes de CO2 équivalent.
Le travail de collecte de données consiste à recueillir les données pertinentes de votre activité ainsi que les facteurs d'émission correspondants. Depuis février 2023, l'ADEME met à disposition la Base Empreinte®. Cette base unique offre non seulement des facteurs d'émission carbone, mais aussi des indicateurs multicritères (pollution de l'eau, stress hydrique, occupation des sols) pour une vision environnementale plus systémique.

C’est la phase qui vous demandera le plus de temps. Mais il existe des bonnes pratiques pour vous simplifier la tâche au maximum. On vous conseille :
- de ne pas le faire seul ! Vos collègues seront d’une aide précieuse et ont toute la donnée nécessaire entre leurs mains. N’hésitez pas à les faire participer en leur demandant de compléter eux-mêmes le questionnaire.
- de fournir l’ensemble des données nécessaires, voire plus, pour une synthèse carbone complète et conforme à la Méthodologie Bilan Carbone ;
- d’anticiper le temps de récolte des données, surtout lorsque ces dernières devront être collectées auprès d’acteurs externes (fournisseurs par exemple) ;
- désigner des personnes référentes pour chaque poste d’émission principal ;
- de documenter et d’archiver ces données en prévision de vos futures démarches.
Et ensuite ?
Lorsque votre phase de collecte est terminée, il est d’usage de faire un point de mi-parcours et de tenir au courant votre comex. À nouveau, il est important de sensibiliser en continu les référents de vos différents services pour faciliter le renouvellement de votre engagement.
Pour aller plus loin, notamment en amont de votre renouvellement, vous pouvez mettre en place un processus de collecte périodique des données d’activité, enrichir la cartographie de vos flux avec les données tout juste récoltées ou encore évaluer les risques et les opportunités qui se présentent à vous liés à la réduction de vos émissions de GES.

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4/ Préciser votre plan d’action et vos indicateurs de suivi
Un plan d'action, c’est une série de recommandations à votre équipe technique que le pilote proposent en cohérence avec le profil et les objectifs de l’organisation.
Pour ceux qui sont à l’aise avec le principe des « OKR » (objectives & key results), sachez que c’est assez similaire.
🏭 Identifiez vos postes élmetteurs les plus carbonés pour concentrer vos actions sur ce qui a le plus d’impact ;
🧑🏭 Vous désignez le(s) porteur(s) de l’action ;
📊 Vous définissez les indicateurs de suivi et de résultat.
Pour chaque action, n’oubliez pas de préciser le budget, le calendrier, les détails de la mission, les aides que vous pouvez attendre, les freins que vous devez anticiper.
Lorsque vous renouveler votre exercice de comptabilité carbone, vous devrez indiquer l’évolution potentielle de ces indicateurs mais aussi :
- Analyser l’évolution des indicateurs de suivis des actions de réduction des émissions de CO2 ;
- Actualiser votre vision de transition bas carbone, en s’appuyant sur l’évolution des risques et opportunités de transition identifiés en étape 4 ;
- Analyser la période entre les deux exercices et en déduire des modifications du ou des plans d’actions en cours.
💡 L’ADEME et les fédérations professionnelles françaises ont produit une série de guides sectoriels pour aider les entreprises dans leur démarche.
5/ (Bien) communiquer sur votre bilan carbone
Dans le guide de l’ABC, vous retrouverez une partie dédiée à la synthèse et la restitution par écrit de votre méthode Bilan Carbone ®. Ce n’est pas une étape obligatoire mais écrire une synthèse et un rapport d’amélioration peut vous aider lorsque vous chercherez à renouveler votre exercice de comptabilité carbone.

Communiquer en externe comme en interne
Cependant, sans compter la synthèse, nous vous conseillons de communiquer les résultats avec la méthode bilan carbone. De façon générale, il est essentiel en matière d’image et de réputation de communiquer sur les mesures RSE entreprises. L’avantage est double, non seulement car il booste votre marque employeur mais cultive également la confiance avec vos clients.
Au-delà de la conformité réglementaire, en 2026, le synthèse carbone complète (incluant le Scope 3) devient un véritable atout compétitif : il est désormais indispensable pour répondre aux appels d'offres des grands groupes, sécuriser les financements bancaires et démontrer votre performance ESG auprès des investisseurs. Les donneurs d'ordre, banques et partenaires exigent de plus en plus cette transparence carbone.
Communiquer avec vos équipes sur le bilan carbone de l’entreprise est un atout en interne. En effet, une entreprise transparente auprès de ses salariés accroît leur engagement dans l’organisation. C’est important pour mobiliser les équipes dans le projet.
Rester transparent
L’enjeu maintenant est de rester transparent et juste pour éviter de tomber dans la case Greenwashing. Il n’existe pas de communication parfaite mais le mieux reste de baser cette communication sur les résultats chiffrés en les accompagnant de mesures précises, concrètes et quantifiables.
N’ayez pas peur de partager votre exercice de comptabilité CO2, même si vous le trouvez décevant. Le calcul des émissions de gaz à effet est la meilleure façon de débuter son engagement en tant qu’entreprise. Quelque soit vos postes d’émissions mis en avant, le plus important reste la façon dont vous allez passer à l’action et suivre vos performances.
🖐 Pour apprendre à partager efficacement sur vos engagements, on vous invite à lire notre article sur la communication rse.

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Pourquoi faire confiance à la méthode Bilan Carbone ®
Les autres méthodes de comptabilité carbone existantes
Le GHG Protocol
Le GreenHouse Gas Protocol ou GHG Protocol, par exemple, propose également des outils compatibles avec ceux du GIEC pour la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle des nations. De même, le GHG Protocol prend en compte les émissions GES directes et indirectes.
La seule grande différence serait que le the famous GHG Protocol est un protocole reconnu à l’internationale. Conséquence directe : la majorité des outils proposés sont en anglais. Pour ceux moins à l’aise avec la langue de Shakespeare, il vaut mieux opter pour la méthode Bilan Carbone ®. In fine, d’un point de vue méthodologique, les deux méthodologies se valent.

La norme ISO 14064
On parle d’ISO en référence à l’International organization for standardization qui fournit des standards de qualité à l’échelle internationale. La famille ISO 14000 est l’ensemble des normes qui se rapportent au management environnemental.
La norme ISO 14064 fournit au secteur industriel et au gouvernement un ensemble d'outils pour développer des programmes axés sur la réduction des émissions de GES.
Elle se découpe en trois parties :
- Les objectifs et la conception du projet
- La quantification des émissions GES
- Les consignes pour vérifier et valider ces estimations
Transparence, cohérence et crédibilité… la norme ISO 14064 poursuit des objectifs similaires à la méthode Bilan Carbone ®. De même que pour le GHG protocol, la norme ISO 14064 est reconnue à l'internationale. Cependant, c'est une procédure qui peut s'avérer lourde pour les TPE, PME et certaines ETI, pour lesquelles le bilan carbone se montre plus accessible.
Les évolutions récentes de la méthode Bilan Carbone
En 2025, l'Association pour la transition Bas Carbone a lancé une nouvelle version majeure, structurée en trois niveaux de maturité pour accompagner toutes les organisations :
- Le niveau Initial accompagne les organisations dans une première comptabilisation de leurs émissions et un plan de transition simple ;
- Le niveau Standard vise une comptabilisation exhaustive et un plan de transition structuré mobilisant l'ensemble des parties prenantes ;
- Le niveau Avancé s'adresse aux organisations les plus expérimentées, intégrant le Bilan Carbone® comme un outil de pilotage stratégique.
Cette version 2025 introduit également un système d'évaluation des bilans carbone, permettant de vérifier la qualité méthodologique et la pertinence des plans de transition, ainsi qu'une estimation affinée des incertitudes pour guider au mieux les actions de décarbonation.
Les limites de la méthode Bilan Carbone®
Elle offre crédibilité et conformité légale, avec un accès gratuit à la Base Empreinte® de l'Agence de la transition écologique. Toutefois, elle présente des limites importantes.
Un bilan souvent imprécis
Les émissions indirectes restent difficiles à mesurer précisément. En effet, sans accès aux bilans carbone des fournisseurs, clients ou partenaires, les entreprises doivent recourir à des moyennes sectorielles ou facteurs monétaires, générant une forte marge d'incertitude. Un fournisseur peut émettre bien plus ou moins que la moyenne appliquée.

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Le problème des émissions évitées
La méthode ne valorise pas forcément les choix bas-carbone. Par exemple, acheter du matériel reconditionné (3x moins émetteur) ou proposer des solutions décarbonées n'est pas comptabilisé positivement. Pour comparer l'impact réel de deux options, il faut compléter avec une Analyse de Cycle de Vie (ACV).
Pour affiner l'empreinte CO2 de votre organisation, l'Analyse du Cycle de Vie (ACV) est un outil de référence. Cette version approfondie de l'analyse environnementale permet de collecter des données précises sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit ou service : de l'extraction des matières premières jusqu'à sa fin de vie, en passant par sa fabrication, son transport et sa distribution. À chaque étape, l'ACV offre un niveau de granularité que le bilan carbone seul ne peut atteindre. Elle s'inscrit ainsi dans une démarche globale de mobilisation des équipes face au changement climatique, en rendant visible l'impact réel de vos produits tout au long de leur existence. Pour toute organisation souhaitant progresser vers une transition bas carbone structurée, croiser bilan carbone et ACV est la combinaison la plus solide.
Ce qu'il faut retenir
Tout exercice de comptabilité carbone reste une estimation. Pour gagner en précision, il faudrait généraliser l'obligation à toutes les entreprises sur les 3 scopes. Plus les bilans se multiplient et sont publiés, plus les données s'affinent et plus l'analyse est juste. C'est un cercle vertueux de transparence et de fiabilité !
Respectez les étapes sans les précipiter, tirez profit des ressources libres d’accès et automatisez au maximum à l’aide de logiciels. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir, il ne vous reste plus qu’à passer à l’action et le transmettre autour de vous. N’oubliez pas : la neutralité carbone est un objectif collectif ! Cela passe par la mobilisation de toutes les entreprises pour initier le changement.
FAQ : l'essentiel à retenir sur la Méthode Bilan Carbone ®
Trois options s'offrent à vous :
- Piloter le projet en interne avec une équipe formée (plutôt pour les grandes structures)
- Faire appel à un prestataire externe
- Utiliser un logiciel bilan carbone
Cette dernière solution est accessible pour toutes les tailles d'entreprises, des TPE aux grands groupes, et combine autonomie, précision et budget maîtrisé. Le programme Diag Décarbon'Action offre également un accompagnement financé pour les entreprises de moins de 500 salariés.
La démarche comprend :
- choisir votre formule d'accompagnement (interne, externe ou logiciel)
- définir vos périmètres organisationnel et opérationnel
- collecter et exploiter vos données d'activité
- établir votre plan d'actions de réduction
- restituer et communiquer vos résultats de manière transparente.








