Sommaire

Il existe aujourd'hui plusieurs méthodologies pour prendre en compte les émissions de CO2 d'un territoire ou d'une organisation. Que ce soit pour réaliser un bilan GES réglementaire ou complet, deux standards émergent : la méthode Bilan Carbone ® initiée par l'ADEME (en France) et le cadre défini par le GHG Protocol (à l’échelle internationale). Étudions aujourd’hui plus en détail la première.
Qu’est-ce que la méthode Bilan Carbone ® ?
Un peu de contexte pour commencer
Avant que la méthode Bilan Carbone ® ne devienne une marque déposée, les entreprises ne disposaient pas de consignes claires pour estimer leurs émissions de gaz à effet de serre.
Entre mi-2000 et fin 2003, une équipe menée par l’ingénieur-chercheur Jean Marc Jancovici a mis en place une méthode permettant d’estimer à la fois les émissions directes et les émissions indirectes de gaz à effet de serre de toute activité industrielle ou tertiaire, intitulée le « Bilan Carbone ».

Cette mission se déroule pour le compte de l’ADEME, créée en 1991, et de la Mission Interministérielle pour l’Effet de Serre, créée en 1992, avec pour objectif de donner à toutes les entreprises un outil de mesure pour ensuite identifier leurs marges de manœuvre, savoir où elles se situent et agir en fonction. L’idée est vraiment de correspondre à toutes les entreprises, quel que soit le secteur.
Arrivée de la méthode Bilan Carbone®
C'est véritablement l'année 2004 qui marque l'avènement officiel de la méthode Bilan Carbone ®, méthodologie de diagnostic GES développée par l'ADEME. Depuis, de plus en plus d'entreprises ont choisi d'opter pour cette méthode. La réglementation évolue également avec l'article 75 du Grenelle II qui vient généraliser les Bilans GES. Plus récemment, le paysage réglementaire s'est enrichi avec la directive CSRD et ses évolutions : la directive Omnibus adoptée en décembre 2025 a relevé les seuils de reporting obligatoire à 1 000 salariés ET 450 millions € de chiffre d'affaires, excluant environ 80% des entreprises initialement visées.
En 2011, face au succès, l'ADEME choisit de transmettre le Bilan Carbone® à une structure entièrement dédiée pour favoriser son développement et sa diffusion : l'Association pour la transition Bas Carbone (ancienne Association Bilan Carbone). Le 30 juin 2025, l'ABC a franchi une nouvelle étape majeure en fusionnant avec l'Association des Professionnels en Conseil Climat (APCC), créant ainsi une structure unifiée qui regroupe désormais plus de 1 300 organisations engagées pour le climat et réunit l'ensemble de la communauté des professionnels du conseil climat.
La méthodologie de l’ADEME
Pour mesurer les différentes émissions de gaz à effet de serre, l'ADEME utilise un code de calcul fondé sur des facteurs d'émissions physiques ou monétaires. Elle prend en compte l’ensemble des gaz à effet de serre définis par le GIEC. Une méthodologie a spécifiquement été développée pour l’échelle des territoires.

La méthode Bilan Carbone ® de l’ADEME propose une évaluation globale des émissions de gaz à effet de serre. C'est-à-dire que celles-ci soient directes ou indirectes. On inclut donc les émissions GES de scope 1, 2 et 3.
Pour rappel, le scope 1 comptabilise les GES émis directement par l'entreprise (ex : émissions des véhicules de l’entreprise). Le scope 2 correspond aux émissions indirectes en lien avec l'énergie (ex : consommation d’électricité). Enfin, le scope 3 désigne les émissions indirectes restantes (ex : empreinte carbone des matières premières utilisées ou encore achat de produits électroniques ou mobilier de bureaux). Plus l’estimation de votre empreinte carbone gagne en précision, plus l’impact de vos actions sera important.
Dès que c’est possible, on estime une émission de CO2 sur la base de facteurs d'émissions physiques. C’est-à-dire qu’on mesure la quantité de CO2 émise par une unité consommée. Si et seulement s’il est impossible de connaître les quantités X de produits, il est possible de d’estimer l’empreinte carbone d’un produit / service, à partir de son prix. Cette estimation est néanmoins moins précise que celle basée sur des facteurs d'émissions physiques.
🖐 Intéressé par le sujet ? Découvrez comment calculer votre bilan carbone !
La méthode bilan carbone expliquée en 5 étapes
La méthode Bilan Carbone ® comprend 5 étapes clés :
- Entamer le bilan,
- Définir son périmètre,
- Collecter et exploiter les données,
- Définir et mettre en place le plan d’actions,
- Restituer et communiquer son bilan carbone.
Les détails sont à retrouver sur le site de l’Association transition Bas Carbone mais on s’occupe de vous synthétiser la démarche.
1/ Choisir la bonne formule d’accompagnement
Réaliser un Bilan Carbone conforme aux recommandations de l’ADEME est une procédure structurée qui demande une certaine rigueur. Selon l’ampleur et la typologie de vos objectifs, vous pourrez évaluer s’il vaut mieux poursuivre la procédure en interne ou plutôt l’externaliser.
Piloter le projet en interne
En interne, pour aborder ce nouveau chantier, il vous faut impérativement nommer un porteur de projet dédié qui s’occupera de piloter l’organisation de votre bilan carbone, interne ou externe. Votre pilote s’occupe ensuite de monter une équipe pour l’épauler. Il en aura besoin !
Ensuite, mettez au clair vos objectifs et motivations. C’est votre “pourquoi faire un bilan carbone” qui vous permettra d'aiguiller vos indicateurs de réussites en conséquence.
Mener cette procédure en interne est une option envisageable pour les ETI, les entreprises de plus de 500 salariés, les structures multi-entités et les grands groupes. Leur bilan carbone est obligatoire et demande la création d'un département ou d'un pôle dédié. Cependant, pour les TPE et PME, cette approche reste plus complexe à mettre en œuvre en raison des ressources limitées.

Faire appel à un prestataire externe
Vous pouvez aussi décider d’externaliser la réalisation de votre bilan carbone auprès d’un prestataire bilan carbone. Les petites structures privilégient souvent cette formule car elles souhaitent réaliser un bilan carbone précis et à moindre coût.
De nombreux cabinets se sont spécialisés dans la méthode du bilan carbone pour proposer de réaliser un calcul d’émissions ou de structurer la stratégie RSE de leur client par la mise en place d’actions et d’outils.
L’accompagnement fourni est souvent de qualité. Cependant, les plans d’actions et les méthodes de quantification peuvent parfois manquer de flexibilité. À cela, il faut ajouter le coût économique de la prestation, souvent onéreuse pour une cabinet de conseil.
Utiliser un logiciel bilan carbone
De plus en plus de logiciels Bilan Carbone se développent en France s'inspirant de la méthode Bilan Carbone ®. Ces logiciels s'adaptent aux besoins et donc aux budgets de toutes les entreprises, des TPE aux structures multi-entités, rendant le bilan carbone beaucoup plus accessible.
Carbo est l’un d'eux et fournit un outil de calcul qui prend en compte l’ensemble des émissions directes et indirectes liées à l’activité de votre entreprise. L’outil appuie sa méthode sur celle de l’ADEME. En effet, les émissions de CO₂e que nous prenons en compte dans le calcul de votre Bilan Carbone sont issues du GHG Protocol et de la norme ISO 14064.

ESSAI GRATUIT
Calculez gratuitement l'impact carbone de vos Opérations, sans engagement ni limite de temps !
Toujours développer une expertise interne
Que vous décidiez ou non de poursuivre la procédure en interne, il est important de développer l’expertise de votre équipe au travers de formations bilan carbone et de sensibilisation interne. Vous allez vite comprendre que la méthode Bilan Carbone ® est transverse. La collecte se fait dans plusieurs départements de l’entreprise à la fois. Mieux vaut qu'un maximum de personnes comprenne les enjeux de développement durable.
Vous pouvez également former votre équipe carbone de façon plus spécifique sur les bases scientifiques de la comptabilité carbone, l’historique et les évolutions à attendre en termes de réglementations liées à l’environnement, les engagements volontaires possibles dans le secteur de l’organisation, etc.
2/ Définir votre périmètre d’étude
Définir le Scope
Une fois les objectifs définis, le porteur de projet, votre accompagnateur, et votre équipe peuvent ensemble passer à l’étape suivante : définir périmètres de votre démarche Bilan Carbone.
Le périmètre d’étude peut être vaste et dépend de nombreux paramètres propres à votre entreprise, sa taille, son secteur et à ses activités. L’enjeu est de définir un périmètre qui vous corresponde suffisamment pour refléter au mieux votre réalité et vos objectifs, mais aussi suffisamment générique pour faire correspondre plus facilement vos données collectées avec les facteurs d’émissions présents sur la Base Empreinte.

Par exemple, un magasin de bricolage (TPE/PME) prendra en compte les émissions liées aux déchets, notamment les emballages des produits vendus ou encore le transport des produits des fabricants jusqu'aux locaux. Une ETI dans le secteur du bâtiment prendra plutôt en compte les émissions de la voiture du patron pour visiter les clients et surveiller les chantiers, celles liées à l'usage du béton, mais aussi potentiellement les émissions de ses filiales. Pour une structure multi-entités dans l'industrie, le périmètre s'étendra à l'ensemble des sites de production et à la chaîne logistique complexe entre les différentes entités du groupe.
Définir vos périmètres d’actions
Armé de votre cartographie, définissez vos périmètres organisationnel, opérationnel et temporel.
Le périmètre temporel indique la durée de la mission mais aussi sa fréquence : est-ce que vous comptez réaliser votre bilan tous les ans ? Tous les deux ans ?
En France, la loi indique que les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 dans les DOM) doivent réaliser leur bilan GES réglementaire (scopes 1 et 2, et scope 3 depuis juillet 2022 avec dérogations) tous les 4 ans. Les entreprises de 50 à 500 salariés ayant bénéficié d'aides publiques doivent quant à elles publier un Bilan Climat Simplifié tous les 3 ans. Cependant, en termes d'efficacité et de précision et de suivi nous vous conseillons de faire un bilan carbone au même rythme qu'un bilan comptable, c'est-à-dire une à deux fois par an.

Le périmètre le plus complexe à définir est le périmètre organisationnel. surtout lorsque votre organisation A possède des parts dans une entreprise B.
Une étape parfois complexe
En effet, on rencontre souvent deux principaux obstacles :
- la longueur de la chaîne de valeur. Surtout dans le cas où une entreprise A sous-traite à une entreprise B qui elle-même à une entreprise C etc.
- la diversification des activités de l’entreprise, selon le secteur. Par exemple, il est parfois difficile de faire le bilan complet d’une banque lorsque cette dernière prête à des particuliers mais aussi à des entreprises, investit, spécule etc.
Selon le cas particulier, il existe deux possibilités :
- soit le périmètre est proportionnel à la part du capital, donc à hauteur de la participation financière ;
- soit on prend uniquement en compte les installations financées (“contrôle financier”) ou sous contrôle direct de l’organisation B (contrôle opérationnel).
Par défaut, le périmètre organisationnel « contrôle opérationnel » doit être utilisé. Sinon, il faut le justifier. Par exemple, un fond d’investissement qui possède des parts dans une start-up donnée peut justifier de se limiter à un périmètre fondé sur la part du capital.
3/ Collecter et exploiter vos données
Les données à collecter
La méthode Bilan Carbone ® repose sur les données d’activité de votre organisation et sur une banque de facteurs d’émission (FE) permettant de convertir les données d’activité en tonnes de CO2 équivalent.
Le travail de collecte de données consiste à recueillir les données pertinentes de votre activité ainsi que les facteurs d'émission correspondants. Depuis février 2023, l'ADEME met à disposition la Base Empreinte®. Cette base unique offre non seulement des facteurs d'émission carbone, mais aussi des indicateurs multicritères (pollution de l'eau, stress hydrique, occupation des sols) pour une vision environnementale plus systémique.

C’est la phase qui vous demandera le plus de temps. Mais il existe des bonnes pratiques pour vous simplifier la tâche au maximum. On vous conseille :
- de ne pas le faire seul ! Vos collègues seront d’une aide précieuse et ont toute la donnée nécessaire entre leurs mains. N’hésitez pas à les faire participer en leur demandant de compléter eux-mêmes le questionnaire.
- de fournir l’ensemble des données nécessaires, voire plus, pour un bilan complet et conforme à la Méthodologie Bilan Carbone ;
- d’anticiper le temps de récolte des données, surtout lorsque ces dernières devront être collectées auprès d’acteurs externes (fournisseurs par exemple) ;
- désigner des personnes référentes pour chaque poste d’émission principal ;
- de documenter et d’archiver ces données en prévision de vos futures démarches.
Et ensuite ?
Lorsque votre phase de collecte est terminée, il est d’usage de faire un point de mi-parcours et de tenir au courant votre comex. À nouveau, il est important de sensibiliser en continu les référents de vos différents services pour faciliter le renouvellement de votre bilan carbone.
Pour aller plus loin, notamment en amont du renouvellement de votre bilan carbone, vous pouvez mettre en place un processus de collecte périodique des données d’activité, enrichir la cartographie de vos flux avec les données tout juste récoltées ou encore évaluer les risques et les opportunités qui se présentent à vous liés à la réduction de vos émissions de gaz à effet de serre.

SIMULATEUR
Découvrez les aides disponibles pour financer les démarches RSE de votre entreprise !
4/ Préciser votre plan d’action et vos indicateurs de suivi
Un plan d'action, c’est une série de recommandations à votre équipe technique que le pilote proposent en cohérence avec le profil et les objectifs de l’organisation.
Pour ceux qui sont à l’aise avec le principe des « OKR » (objectives & key results), sachez que c’est assez similaire.
🏭 Identifiez vos postes d’émissions les plus carbonés pour concentrer vos actions sur ce qui a le plus d’impact ;
🧑🏭 Vous désignez le(s) porteur(s) de l’action ;
📊 Vous définissez les indicateurs de suivi et de résultat.
Pour chaque action, n’oubliez pas de préciser le budget, le calendrier, les détails de la mission, les aides que vous pouvez attendre, les freins que vous devez anticiper.
Lorsque vous renouveler votre bilan carbone, vous devrez indiquer l’évolution potentielle de ces indicateurs mais aussi :
- Analyser l’évolution des indicateurs de suivis des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
- Actualiser votre vision de transition bas carbone, en s’appuyant sur l’évolution des risques et opportunités de transition identifiés en étape 4 ;
- Analyser la période entre les deux exercices et en déduire des modifications du ou des plans d’actions en cours.
💡 L’ADEME et les fédérations professionnelles françaises ont produit une série de guides sectoriels pour aider les entreprises dans leur démarche.
5/ (Bien) communiquer sur votre bilan carbone
Dans le guide de l’Association transition Bas Carbone, vous retrouverez une partie dédiée à la synthèse et la restitution par écrit de votre méthode Bilan Carbone ®. Ce n’est pas une étape obligatoire mais écrire une synthèse et un rapport d’amélioration peut vous aider lorsque vous chercherez à renouveler votre bilan carbone.

Communiquer en externe comme en interne
Cependant, sans compter la synthèse, nous vous conseillons de communiquer les résultats avec la méthode bilan carbone. De façon générale, il est en effet essentiel en matière d’image et de réputation de communiquer sur les mesures RSE entreprises. L’avantage est double, non seulement car il booste votre marque employeur mais cultive également la confiance avec vos clients.
Au-delà de la conformité réglementaire, en 2026, le bilan carbone complet (incluant le Scope 3) devient un véritable atout compétitif : il est désormais indispensable pour répondre aux appels d'offres des grands groupes, sécuriser les financements bancaires et démontrer votre performance ESG auprès des investisseurs. Les donneurs d'ordre, banques et partenaires exigent de plus en plus cette transparence carbone.
Communiquer sur le bilan carbone de l’entreprise est un atout en interne. En effet, une entreprise transparente auprès de ses salariés accroît leur engagement dans l’organisation. C’est important pour mobiliser les équipes dans le projet.
Rester transparent
L’enjeu maintenant est de rester transparent et juste pour éviter de tomber dans la case Greenwashing. Il n’existe pas de communication parfaite mais le mieux reste de baser cette communication sur les résultats chiffrés en les accompagnant de mesures précises, concrètes et quantifiables.
N’ayez pas peur de partager votre bilan carbone, même si vous le trouvez décevant. Le calcul des émissions de gaz à effet est la meilleure façon de débuter son engagement en tant qu’entreprise. Quelque soit vos postes d’émissions mis en avant, le plus important reste la façon dont vous allez passer à l’action et suivre en direct vos émissions.
🖐 Pour apprendre à partager efficacement sur vos engagements, on vous invite à lire notre article sur la communication rse.

EBOOK
Découvrez le guide complet pour réaliser le bilan carbone de son entreprise !
Pourquoi faire confiance à la méthode Bilan Carbone ®
Les autres méthodes de comptabilité carbone existantes
Le GHG Protocol
La méthode Bilan Carbone ® n’est pas la seule méthode de quantification des émissions de gaz à effet de serre. Le GreenHouse Gas Protocol ou GHG Protocol, par exemple, propose également des outils compatibles avec ceux du GIEC pour la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle des nations. De même, le GHG Protocol prend en compte les émissions GES directes et indirectes.
La seule grande différence serait que le the famous GHG Protocol est un protocole reconnu à l’internationale. Conséquence directe : la majorité des outils proposés sont en anglais. Pour ceux moins à l’aise avec la langue de Shakespeare, il vaut mieux opter pour la méthode Bilan Carbone ®. In fine, d’un point de vue méthodologique, les deux méthodologies se valent.

La norme ISO 14064
On parle d’ISO en référence à l’International organization for standardization qui fournit des standards de qualité à l’échelle internationale. La famille ISO 14000 est l’ensemble des normes qui se rapportent au management environnemental.
La norme ISO 14064 fournit au secteur industriel et au gouvernement un ensemble d'outils pour développer des programmes axés sur la réduction des émissions de GES.
Elle se découpe en trois parties :
- Les objectifs et la conception du projet
- La quantification des émissions GES
- Les consignes pour vérifier et valider ces estimations
Transparence, cohérence et crédibilité… la norme ISO 14064 poursuit des objectifs similaires à la méthode Bilan Carbone ®. De même que pour le GHG protocol, la norme ISO 14064 est reconnue à l'internationale. Cependant, c'est une procédure qui peut s'avérer lourde pour les TPE, PME et certaines ETI, pour lesquelles le bilan carbone se montre plus accessible.
Les évolutions récentes de la méthode Bilan Carbone
En 2025, l'Association pour la transition Bas Carbone a lancé une nouvelle version majeure de la méthode Bilan Carbone®, structurée en trois niveaux de maturité pour accompagner toutes les organisations :
- Le niveau Initial accompagne les organisations dans une première comptabilisation de leurs émissions et un plan de transition simple ;
- Le niveau Standard vise une comptabilisation exhaustive et un plan de transition structuré mobilisant l'ensemble des parties prenantes ;
- Le niveau Avancé s'adresse aux organisations les plus expérimentées, intégrant le Bilan Carbone® comme un outil de pilotage stratégique.
Cette version 2025 introduit également un système d'évaluation des bilans carbone, permettant de vérifier la qualité méthodologique et la pertinence des plans de transition, ainsi qu'une estimation affinée des incertitudes pour guider au mieux les actions de décarbonation.
Les limites de la méthode Bilan Carbone
La méthode Bilan Carbone® offre crédibilité et conformité légale, avec un accès gratuit à la Base Empreinte® de l'ADEME. Toutefois, elle présente des limites importantes.
Un bilan souvent imprécis
Les émissions indirectes (Scope 3) restent difficiles à mesurer précisément. En effet ,sans accès aux bilans carbone des fournisseurs, clients ou partenaires, les entreprises doivent recourir à des moyennes sectorielles ou facteurs monétaires, générant une forte marge d'incertitude. Un fournisseur peut émettre bien plus ou moins que la moyenne appliquée.
Le problème des émissions évitées
La méthode ne valorise pas forcément les choix bas-carbone. Par exemple, acheter du matériel reconditionné (3x moins émetteur) ou proposer des solutions décarbonées n'est pas comptabilisé positivement. Pour comparer l'impact réel de deux options, il faut compléter avec une Analyse de Cycle de Vie (ACV).
Ce qu'il faut retenir
Tout bilan carbone reste une estimation. Pour gagner en précision, il faudrait généraliser l'obligation à toutes les entreprises sur les 3 scopes. Plus les bilans se multiplient et sont publiés, plus les données s'affinent - créant un cercle vertueux de transparence et de fiabilité.
Respectez les étapes sans les précipiter, tirez profit des ressources libres d’accès et automatisez au maximum à l’aide de logiciels bilan carbone. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur la méthode Bilan Carbone ®. Il ne vous reste plus qu’à passer à l’action et le transmettre autour de vous. N’oubliez pas : la neutralité carbone est un objectif collectif !
FAQ : l'essentiel à retenir sur la Méthode Bilan Carbone ®
La méthode Bilan Carbone® a été développée entre 2000 et 2004 par Jean-Marc Jancovici pour l'ADEME. Officialisée en 2004, elle permet d'estimer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre de toute activité. En 2011, l'ADEME l'a transmise à l'Association pour la transition Bas Carbone pour favoriser son développement. En juin 2025, l'ABC a fusionné avec l'APCC pour créer une structure unifiée regroupant plus de 1 300 organisations.
La méthode évalue les émissions sur trois scopes :
1. Le scope 1 correspond aux émissions directes (véhicules de l'entreprise, chauffage)
2. Le deuxièle scope aux émissions indirectes liées à l'énergie (consommation d'électricité)
3. Le scope 3 aux autres émissions indirectes (matières premières, achats, transports)
Depuis juillet 2022, le scope 3 est obligatoire dans le BEGES réglementaire.
Trois options s'offrent à vous :
- Piloter le projet en interne avec une équipe formée (plutôt pour les grandes structures)
- Faire appel à un prestataire bilan carbone externe
- Utiliser un logiciel bilan carbone
Cette dernière solution est accessible pour toutes les tailles d'entreprises, des TPE aux grands groupes, et combine autonomie, précision et budget maîtrisé. Le programme Diag Décarbon'Action offre également un accompagnement financé pour les entreprises de moins de 500 salariés.
La démarche comprend :
- choisir votre formule d'accompagnement (interne, externe ou logiciel)
- définir vos périmètres organisationnel et opérationnel
- collecter et exploiter vos données d'activité
- établir votre plan d'actions de réduction
- restituer et communiquer vos résultats de manière transparente.








