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EN BREF ! La comptabilité carbone (ou Carbon Accounting) peut se définir comme une sous-branche de la comptabilité environnementale. Elle revêt un caractère calculatoire et quantifiable. Il existe plusieurs référentiels de comptabilité carbone tels que le GHG Protocol, la méthodologie Bilan Carbone © ou encore la norme 14064. En France, la méthode la plus communément admise et pratiquée est le Bilan Carbone. Depuis janvier 2025, la version 9 de la Méthode Bilan Carbone®, portée par l'ABC-APCC, propose une approche structurée en trois niveaux de maturité (Initial, Standard, Avancé) pour accompagner toutes les organisations dans leur transition bas-carbone. Découvrez l'essentiel de la comptabilité carbone et comment l'intégrer de façon durable dans votre entreprise.
FAQ : l'essentiel à retenir
Depuis 2010, certaines organisations sont soumises à l'obligation de réaliser un Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) :
- Entreprises de +500 salariés (250 dans les DOM), à renouveler tous les 4 ans
- Collectivités de 50 000+ habitants, à renouveler tous les 3 ans
- Établissements publics de +250 agents
- Services de l'État
En cas de non-respect, les sanctions ont été considérablement renforcées depuis octobre 2023 : 50 000€ d'amende pour une première infraction, jusqu'à 100 000€ en cas de récidive.
La CSRD établissait un cadre plus contraignant en 2025, mais la loi Omnibus a allégé le reporting extra-financier et reporté la date de mise en place... de au moins 2 ans.
L'ADEME et l'ABC-APCC (Association pour la transition Bas Carbone issue de la fusion avec l'APCC en juin 2025) ont développé et publié une méthodologie de quantification des émissions de gaz à effet de serre depuis 2004 : le Bilan Carbone®. La version 9, entrée en application le 1er janvier 2025, structure la démarche en sept étapes et propose trois niveaux de maturité (Initial, Standard, Avancé) adaptés à chaque organisation, qu'il s'agisse de TPE, PME, ETI ou groupes multi-entités. Elle prend en compte l'ensemble des gaz à effet de serre définis par le GIEC pour l'ensemble des flux physiques sans lesquels le fonctionnement de l'organisation ne serait pas possible. Ainsi, les entreprises de toutes tailles et collectivités territoriales peuvent réaliser une évaluation globale de leurs émissions GES (ou BEGES), qu'elles soient directes ou indirectes.
Qu'entend-on par « comptabilité carbone » ?
Enjeux
Le réchauffement climatique, lié à l'accroissement des émissions de gaz à effet de serre, n’est plus une information à prouver. Mais faire le lien entre sa propre activité économique et la fonte des glaces dans les pôles n’a rien d’évident. En effet, l'extraction, la production et la combustion d'énergies fossiles rend possible une grande partie de notre activité économique et la création de nombreux produits.
🖐 Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) représentent près de 85% du mix énergétique mondial.
Il s’agit en somme d’intégrer à sa stratégie d'entreprise, au même titre qu’un bilan comptable financier, les émissions de gaz à effet de serre converties en facteur comptable CO2. Cela permet de quantifier et prévoir les externalités négatives liées à son activité.
D'ailleurs, l'IFRS, la norme de comptabilité à l'échelle mondiale inclut ajourd'hui pleinement le reporting carbone à ses normes.

Comment se calcule le bilan carbone ?
La comptabilité carbone a été popularisée par Jean-Marc Jancovici, et formalisée en France par l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Elle permet de calculer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre d’un acteur économique.
En clair, intégrer votre empreinte carbone à votre comptabilité consiste à :
- Définir les périmètres de mesure de l'empreinte des organisations. 3 scopes de calcul (Scope 1: émission directe de l’entreprise, scope 2 : émissions indirectes liées à la consommation d’énergie; scope 3 : autres émissions indirectes)
- Lister tous les composants de votre activité sur chaque scope. Exemples : produits, consommation d'énergie, intrants, infrastructure, déplacements du personnel, déchets...
- Harmoniser votre comptabilité afin d’exprimer l’ensemble de vos GES en un facteur d’émission unique et commun : le plus souvent le CO2. Par exemple, se retrouve dans les GES le méthane (CH4) qui à un impact 25 fois supérieur au dioxyde de carbone sur le réchauffement climatique. On va ainsi compter chaque kilo de méthane émis comme 25 kg de CO2e. Soit 1kg CH4 = 25 kg CO2e.
Pour avoir plus d'information sur les facteurs d'émissions, retrouvez notre guide complet sur l'utilisation de la base carbone.
La comptabilité carbone est-elle vraiment différente de la comptabilité « classique » ?
La comptabilité carbone (ou Carbon Accounting) s'inscrit dans une démarche plus large de comptabilité extra-financière. Plus précisément, c'est une comptabilité qui ne s’appuie pas sur des données à valeurs monétaires. En effet, des données telles que la santé d’un employé, la qualité d’un terrain ou de l’atmosphère ne sont pas mesurées dans un bilan comptable traditionnel bien que potentiellement essentielles à l’activité d’une entreprise. Cela s’explique par le fait qu’on ne rémunère pas la nature pour ce qu'elle nous offre. Établir une comptabilité extra-financière signifie valoriser un attribut qui n’a aujourd’hui pas de prix, afin de mesurer les externalités négatives ou positives d’une activité sur l’environnement ou la société.
Plus spécifiquement, dans le cadre de la comptabilité carbone, il s’agit d’attribuer un coût exprimé en valeur CO2, contenu des activités humaines sur les émissions de gaz à effet de serre et a fortiori le changement climatique.
Dans une comptabilité traditionnelle, afin de pouvoir dégager un profit, on analyse les gains et les pertes financières.
Les fondamentaux de la comptabilité appliqués à votre trajectoire bas-carbone
Dans le code de la comptabilité carbone, on étend la logique aux émissions de carbone. Il s’agit de trouver une réponse comptable au fait que le profit financier se produit grâce à l’émission de CO2e et au réchauffement du climat.
Une fois que l’on mesure la quantité d'émissions carbone émise (lors d'un bilan BEGES par exemple) par son activité lors d’un exercice-n, on est en capacité d’estimer un niveau acceptable d’émission pour ses activités. Par exemple, la solution Carbo propose à ses clients de se comparer aux autres entreprises de son secteur afin d'objectiver ses émissions et son impact carbone. Objectivement, une entreprise qui produit aura un impact bien supérieur à une entreprise de services, il est donc essentiel de se comparer aux entreprises de son secteur.
L’entreprise peut ainsi entamer une trajectoire bas carbone pour l’exercice n+1, afin de réduire ses émissions et son empreinte carbone. Cette trajectoire peut s’appliquer en amont de l’exercice (on limite ou adapte certaines de ses activités afin de ne pas entamer son capital CO2e) ou en aval (on amortit ses émissions par la participation à des projets de compensation carbone). Les deux démarches sont souvent menées en association. En effet, la stratégie recommandée est d'opter en premier lieu pour des actions de réduction avant d'engager des projets de compensation d'impact carbone.
💡 Une fois votre premier bilan carbone publié, vous n’avez plus qu’à mettre à jour vos données et le tour est joué. De façon trimestrielle, semestrielle ou annuelle, à vous de choisir à quelle fréquence suivre vos progrès.

Comptabilité carbone : démarche volontaire ou obligatoire ?
Depuis 2010, la loi « Engagement National pour l'Environnement » (ou Grenelle II) oblige un certain nombre d'acteurs publics et privés à publier leur bilan GES. Ils doivent le publier a minima tous les 4 ans pour les entreprises privées et 3 ans pour les structures publiques. Depuis le décret du 1er juillet 2022 (applicable depuis janvier 2023), le bilan GES inclut désormais les scopes 1, 2 et les émissions indirectes significatives du scope 3 pour les entreprises soumises à la déclaration de performance extra-financière. On parle parfois de « bilan carbone simplifié » lorsque seuls les scopes 1 et 2 sont inclus.
Sont soumis à cette obligation, les acteurs suivants :
- Les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM)
- Les collectivités de plus de 50 000 habitants
- Les services de l’Etat
- Les établissements publics de plus de 250 agents
Les acteurs qui ne respectent pas la loi s'exposent désormais à des sanctions renforcées depuis octobre 2023 : une amende de 50 000€ pour une première infraction, pouvant atteindre 100 000€ en cas de récidive.
L’ADEME recommande également d’inclure l’ensemble des scopes 1, 2, 3 dans son bilan carbone. En effet, très souvent les émissions indirectes (scope 3) représentent 75% des émissions réelles d’une activité. Se limiter à un bilan GES (BEGES) réglementaire ne permettrait donc pas d’appréhender l’ensemble de son impact environnemental.

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TPE, PME, ETI : pourquoi aller au-delà de la réglementation ?
Aujourd'hui, mesurer son bilan carbone n'est pas aussi coûteux et difficile à mettre en place que l'on pourrait le croire. Quelle que soit la taille de votre organisation (TPE, PME, ETI, groupes multi-entités) et quelles que soient vos activités*, que vous soyez une* organisation de production de produits ou de services, des aides financières sont proposées par l'État via l'ADEME, via des organisations privées ou des financements publics pour la transition écologique. Le dispositif Diag Décarbon'Action de Bpifrance, par exemple, peut couvrir jusqu'à 40% des coûts d'accompagnement pour les entreprises éligibles. De plus, à l'instar de Carbo, de nombreux outils destinés aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux ETI et structures multi-entités permettent d'intégrer facilement et à moindre coût (humain et financier) une comptabilité carbone.
Anticiper la loi, se démarquer
Les petites et moyennes entreprises ainsi que de nombreuses ETI ne sont pas tenues légalement de présenter leur bilan carbone à l'ADEME. Cependant, la Stratégie Nationale Bas Carbone, menée par le Ministère de la transition écologique, prévoit une neutralité carbone à l'horizon 2050. Pour répondre à cet objectif, le cadre légal pourrait s'étendre à l'ensemble des acteurs de l'économie française dans les années à venir. Le message est clair : participer à la transition plutôt que subir les foudres du climat.
Par ailleurs, même si la loi Omnibus (adoptée le 16 décembre 2025) a relevé les seuils CSRD à 1 000 salariés ET 450 M€ de chiffre d'affaires (exemptant environ 80% des entreprises initialement visées), les organisations non soumises peuvent adopter volontairement la norme VSME (Voluntary reporting standard for SMEs) pour structurer leur reporting ESG et répondre aux attentes de leurs parties prenantes.
Accéder à de nouveaux marchés
En outre, si la loi n'exige pas toujours de fournir un bilan GES réglementaire, certains acteurs privés peuvent tout de même l'exiger de leurs partenaires. C'est le cas notamment des entreprises de plus de 500 salariés et des grandes ETI qui sont, comme vu précédemment, contraintes de fournir un bilan carbone. Il n'est pas rare que dans le cadre d'un appel d'offre, des entreprises demandent à leurs fournisseurs de présenter un bilan carbone. La capacité d'une petite ou moyenne structure à fournir ces données est alors déterminante dans la contractualisation du partenariat.
🖐 Sur la plateforme Carbo, on vous propose d'exporter vos données d'émissions carbones sous plusieurs formats (GHG Protocol, par scopes, BEGES pour l'ADEME) pour répondre à tous vos enjeux.
Faciliter son financement
La même logique s'applique en situation de levée de fonds. Les investisseurs et notamment les fonds d'investissement passent en moyenne 10 à 15% de leur temps dans l'analyse des critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) d'un projet d'organisation. De cette analyse dépendent différents labels comme l'ISR (Investissement Socialement Responsable) dont sont friands les investisseurs. Cette exigence concerne autant les startups et PME en croissance que les ETI cherchant à lever des fonds significatifs.

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Renforcer son image de marque
De façon générale, l’engagement et la transparence d'une politique de développement durable est fortement appréciée voire récompensée par les tiers: des sous-traitants aux clients. Établir une comptabilité carbone témoigne du sérieux de la démarche et prouve la volonté de réduction son impact environnemental. Cela permet également de simplifier ses démarches pour l’obtention de labels environnementaux (B-Corp, NF…) ou des certifications ISO (ISO 9001, ISO 45001, ISO 14000...) mais également d’attirer des nouveaux talents au sein de son entreprise !
🖐 L'engagement RSE est devenu un critère de choix majeur pour les candidats, particulièrement auprès des jeunes générations qui privilégient les organisations démontrant leur impact positif.
Embarquer son équipe dans sa démarche de développement durable
Qui s’en charge ?
Les grandes entreprises sont la plupart déjà en mesure de structurer un pôle RSE. Il est néanmoins plus difficile d'identifier le porteur de projet dans les plus petites entreprises. Elles ont rarement vocation (ni la capacité) à dédier une personne à temps plein sur le sujet.
Dans les petites et moyennes structures, les dirigeants délèguent souvent cette mission à une autre personne de l'entreprise qui aura alors une double casquette (parfois de manière volontaire). Dans les ETI et groupes multi-entités, la démarche peut être coordonnée au niveau central avec des relais opérationnels dans chaque filiale ou business unit. Le porteur de projet est souvent issu des pôles RH, marketing, communication, opérations, finance… L'enjeu est alors de s'équiper d'un outil qui puisse répondre aux besoins des différents métiers de l'entreprise et s'adapter à la complexité organisationnelle.
👍 Carbo : un logiciel bilan carbone simple et robuste, pour une prise en main immédiate.

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Tout le monde s’implique dans la comptabilité carbone !
Traditionnellement, tous les salariés sont impliqués dans les objectifs financiers de leurs organisations. Il en va de même lorsqu’une comptabilité carbone est mise en place : chaque employé va pouvoir participer activement à la mesure du bilan carbone et suivre les objectifs associés. Avec Carbo, par exemple, la collecte de données employés (transport, repas,...) se fait directement auprès des salariés qui répondent à un questionnaire de 10 minutes (top chrono !). Ensuite, nous répartissons les postes d'émissions en fonction des rôles occupés au sein de l'entreprise. Le marketing remplira par exemple les données liées au site internet. Pour ce qui relève de la consommation d'énergie, ce sera plutôt la personne en charge des bureaux,.. Chacun est donc embarqué dans l’aventure bas-carbone et peut suivre l’avancée du BEGES de l’entreprise.
Nous pensons que l’engagement de l’entreprise vers des actions de réduction a plus de sens si chacun des collaborateurs est engagé et si les décisions sont prises par les intéressés.
Charles Edouard Girard, président Homeexchange
Comptabilité carbone : le témoignage d'OLVEA
Pour mieux comprendre ce qu’est une comptabilité carbone regardons de plus près l’exemple d'OLVEA.
Génèse du projet : identification du besoin

- Existe depuis 100 ans
- Basé à Fécamp, en Normandie
- 13 entités juridiques
- Fournisseur, producteur et exportateur d'huiles végétales et d'huiles de poisson riches en oméga-3 au niveau mondial. Ils livrent les secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmaceutique, et de la cosmétique
OLVEA est une entreprise industrielle familiale existant depuis 100 ans à Fécamp en Normandie. Elle produit des huiles végétales et de poisson riches en oméga-3. Elle les exporte au niveau mondial, dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmaceutique, et de la cosmétique.
Ils possèdent des filiales dans plusieurs pays comme le Burkina Faso, le Maroc, le Kenya et la Mauritanie. En plus, du sourcing d’huiles, ils possèdent une unité d’éco-raffinage pour la filtration et la transformation des huiles.
L’engagement dans la lutte contre le dérèglement climatique est aujourd’hui une évidence chez OLVEA. Tous les collaborateurs sont impliqués et se sentent en règle générale assez concernés.
Le recours à la méthodologie bilan carbone est donc apparu comme une évidence.
Une comptabilité carbone riche d’enseignements
Réaliser sa comptabilité carbone est un élément fondamental de toute démarche RSE. Cependant, le simple calcul de son empreinte carbone ne suffit pas à engager sa transition bas-carbone.
Ainsi, en mesurant son empreinte carbone, OLVEA a acquis une compréhension fine de son impact environnemental. Apolline Boulaire, Chargée de mission RSE chez OLVEA, témoigne :
"Les résultats nous ont aidés à mieux comprendre nos émissions dans les scopes 1 et 2. Car on a eu des données chiffrées pour une vision plus claire. Ils ont également été essentiels pour orienter notre trajectoire bas-carbone."
L'intérêt de l'analyse du scope 3
L’analyse du scope 3 est venue renforcer la nécessité de conduire des analyses de cycle de vie. C'est également une demande de certains de nos clients. Certains clients ont mentionné le fait que nous nous faisions accompagner et qu'ainsi notre démarche semblait plus fiable. Notre travail avec Carbo est donc reconnu.
Le fait de se faire accompagner aide à aller vers une harmonisation des méthodes de calcul. En effet, cela permet d'adopter des méthodes reconnues et des standards fiables. Réaliser son bilan carbone à la main est un bon point de départ pour structurer le processus. Plus nous avons d'informations et de données, plus nous pouvons avancer dans la bonne direction. Si tout le monde calcule son bilan carbone, il sera plus facile de travailler ensemble. Donc notre conseil est de réaliser votre bilan carbone. Ensuite, il est bénéfique d'en parler autour de vous pour essayer d’embarquer un maximum de monde."
Cet exemple illustre comment une ETI avec une structure multi-entités et une implantation internationale peut s'engager avec succès dans une démarche de comptabilité carbone structurée.
Pour retrouver le témoignage complet d'OLVEA et de d'autres organisations qui vous ressemblent, nous avons une page témoignages dédiée.
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