Sommaire

ISO 20400, la norme internationale d'orientation achats responsables fête ses 9 ans en 2026. Connaissez-vous les subtilités de cette norme et ses principaux objectifs ? Carbo vous explique tout.
Qu’est-ce que la norme ISO 20400 ?
Définition de la norme ISO 20400
Publiée en 2017 par l’Organisation internationale de normalisation (ISO), la norme ISO 20400 est une réglementation internationale relative aux achats responsables. Elle s’inscrit dans le cadre de la norme ISO 26000. Cette dernière définissait le périmètre de la RSE, responsabilité sociétale des organisations.
Avant d’en savoir plus, faisons le point sur l’ISO.
🖐️ L’Organisation internationale de normalisation (International Organization for Standardization, ISO) est une fédération mondiale d’organismes nationaux de normalisation, eux-mêmes comités membres de l’ISO.
Mais qu'est-ce qu'une norme ? Voici la définition officielle :
« Document établi par consensus et approuvé par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats garantissant un niveau d'ordre optimal dans un contexte donné. »
Organisation internationale de normalisation
Objectifs de la norme ISO 20400
Toute organisation a un impact sur l’environnement, un impact social. La norme ISO 20400 incite les entreprises à prendre en compte ces enjeux dans leur chaîne d’approvisionnement et dans leurs processus d’achat.
L'ISO 20400 a pour but d’accompagner les organisations internationales dans cette démarche d’achats responsables.
Mais qu’entend-on par achat responsable ? Selon l’Afnor, l’Association française de normalisation qui représente la France auprès de l'Organisation internationale de normalisation :
« Un achat responsable se dit d'un achat de biens ou de services auprès d'un fournisseur ou d'un prestataire sélectionné pour minimiser les impacts environnementaux et sociétaux, et favoriser les bonnes pratiques en termes d'éthique et de droits humains. »
Association française de normalisation
En clair, quand l’acheteur choisit des biens ou des services dont le cycle de vie a un faible impact sur l’environnement, et que le fournisseur s’engage pour des pratiques éthiques, il s’agit d’un achat responsable.
D’où viennent les produits ? Qui les a fabriqués ? Dans quelles conditions ? En quoi sont-ils faits ? Quel est le bilan carbone du transport des produits ? Leur fabrication préserve-t-elle les ressources et la biodiversité, etc.
Cette norme ISO 20400 propose de choisir un produit non pas uniquement en fonction de son prix, mais en fonction du « coût du cycle de vie ».
Concrètement, la norme fournit des bonnes pratiques, des lignes directrices à mettre en œuvre pour intégrer les principes de la RSE et le développement durable dans le processus d’achat des organisations.

Qui est concerné par la norme ISO 20400 ?
La norme ISO 20400 s’adresse aux entreprises et organisations de toute taille, secteur public ou privé, quelle que soit leur localisation ou leur domaine d’activité, qui sont engagées dans une stratégie RSE.
💡 Comme toutes les normes ISO, il s’agit d’un engagement volontaire de la part des organisations. La norme 20400 ne se substitue pas à la législation. Elle n’est pas soumise à certification, c’est une norme de recommandation.
A quels besoins répond la norme ISO 20400 ?
Harmoniser les processus d’achats responsables
Dans un contexte de crise climatique, les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la protection de l’environnement. Ils vont faire davantage attention à l’engagement des entreprises et leur transparence quant à l’origine des produits.
Selon une enquête CCI France, 74% des Français recommanderaient une entreprise engagée en matière de RSE, et 68% consommeraient davantage ses produits ou services. De plus, 74% des Français tiennent compte des critères de durabilité avant de se décider pour l'achat d'un produit, selon le Baromètre du Retail Durable d'Odoxa. Ces chiffres témoignent de l'évolution des attentes consommateurs et de l'importance croissante de l'engagement RSE comme critère d'achat.
👉 Avant la norme ISO 20400, il n’y avait pas de règles communes quant à la stratégie d’achats responsables. Chaque organisation définissait ses propres objectifs. Cela créait en conséquence de nombreuses disparités dans la mise en pratique de cette politique.
Pour y remédier, une quarantaine de pays et d’organisations internationales dont l’ONU, l’OCDE ou encore la Commission européenne, ont demandé la création de lignes directrices communes pour le processus d’achats responsables.
Cette norme ISO 20400 permet une harmonisation des processus d’achats responsables, en dressant une série de principes généraux qui s’adaptent à chaque secteur d’activité.

Une opportunité pour les organisations
Les bénéfices sont multiples pour l’organisation. Le texte officiel de l’ISO les rappellent dès l’introduction :
« Les achats responsables représentent une opportunité d’apporter une valeur ajoutée à l’organisation en améliorant sa productivité, en évaluant sa valeur et ses performances, en facilitant la communication entre les acheteurs, les fournisseurs et toutes les parties prenantes, tout en encourageant l’innovation. »
Organisation internationale de normalisation
Tout en répondant aux attentes des consommateurs, les entreprises engagées dans le processus d’achats responsables peuvent notamment améliorer la réputation de leur marque, renforcer les relations avec les fournisseurs, augmenter leur chiffre d’affaires ou encore réduire leurs coûts.
« Le principe de la norme permet aux organisations, PME comme grands groupes, d'obtenir un avantage concurrentiel en favorisant leur notation extra-financière, en facilitant le benchmarking et en leur permettant de mieux répondre aux appels d'offres internationaux. "
Annie Sorel, vice-présidente de l'ObsAR, Les échos, juin 2020.

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Achats responsables : la France précurseuse
Les entreprises françaises ne déméritent pas sur le podium de la RSE. Selon la 6e édition de l'étude EcoVadis et Médiateur des entreprises (octobre 2025), la France se classe au 3e rang mondial en matière de RSE avec un score global de 60,4 sur 100 en 2024, derrière la Finlande et la Suède. En ce qui concerne spécifiquement les achats responsables, la France avait obtenu un score de 50,8 en 2024, soit une progression de 2,7 points depuis 2022. Les grandes entreprises françaises ont particulièrement progressé avec une hausse de 7,3 points en deux ans, témoignant d'un engagement accru sur les chaînes d'approvisionnement.
Elle se positionne ainsi parmi les leaders européens et montre que l'adoption de la norme ISO 20400 et du label RFAR porte ses fruits.
Label « relations fournisseur et achats responsables »
En France, il existe un label garantissant la bonne application de la norme ISO 20400. Lancé en 2012, le label « Relations fournisseur responsables » (RFR) s’appelle aujourd’hui label « Relations fournisseurs et achats responsables » (RFAR).
Ce label distingue les entreprises ou entités publiques ayant fait preuve de relations durables et équilibrées avec leurs fournisseurs. Il est à la base de l’ISO 20400.
La France a en effet pris l’initiative de proposer à l’ISO, la création d’une norme internationale sur la base de la norme française et prenant en compte l’existence du Label relations fournisseur responsables. Après plusieurs années de travaux, est née la norme internationale ISO 20400.
Selon les données 2025, le label RFAR arrive en tête des référentiels socles pour construire la maîtrise des risques RSE, cité par plus de 40% des répondants, juste devant la norme ISO 20400. Plus de 100 organisations étaient labellisées RFAR en 2024, incluant de grandes entreprises comme EDF, La Banque Postale, GRDF, Sodexo ou encore le Ministère des Armées.
🖐️ A l’origine, ce label était réservé aux grandes entreprises et entités publiques compte tenu de l’impact de leurs achats. Les TPE et PME ont ensuite souhaité accéder au label.
Comment se procurer la norme ISO 20400 ?
Référence du texte
Le texte de la norme ISO 20400 est disponible à l’achat en anglais ou en français, sur le site de l’ISO ou celui de l’AFNOR.
Il existe de nombreuses formations Achats responsables, RSE et norme ISO 20400. Par exemple, l'AFNOR propose une formation dédiée, tout comme PECB qui offre une certification ISO 20400 Lead Manager. Ces formations permettent notamment de donner les outils pour définir et déployer une stratégie d'achats responsables.
Les formations permettent aux entreprises de comprendre comment adapter les process de leur organisation en s’appuyant sur la norme ISO 20400.
Autre apport de la formation : savoir adopter les bonnes pratiques pour améliorer la traçabilité de la chaîne d’achat.

Réaliser le bilan carbone de votre entreprise avec Carbo
Les achats responsables constituent un milieu de la RSE. Faire le bilan carbone de son entreprise s’inscrit aussi dans cette initiative. C’est même obligatoire pour les entreprises de plus de 1 000 salariés et ayant un chiffre d'affaires supérieur à 450 millions d'euros (ou un bilan supérieur à 25 M€).
Le bilan carbone permet à l’entreprise d’avoir une vue détaillée de l’impact carbone de ses achats. C'est aussi une aide au diagnostic et à la prise de décision pour atténuer son impact dans le futur. Enfin, une entreprise éco-responsable va avoir une meilleure image auprès du public. En réalisant son bilan carbone, elle pourra ainsi disposer de chiffres détaillés, d’analyses certifiées pour communiquer sa démarche de développement durable.
👉 Pour relever le défi d’atteindre ses objectifs financiers tout en maîtrisant son impact environnemental, il y a Carbo. Un outil 100% web à la fois simple, robuste, pédagogique et abordable pour calculer son bilan carbone.
L'ISO 20400 en 2026 : un référentiel en constante progression
Les achats responsables s'ancrent dans les pratiques
Les achats responsables gagnent du terrain. Selon le 15e baromètre de l'Observatoire des achats responsables (2024), 93% des organisations répondantes ont engagé une démarche Achats Responsables, et 80% considèrent que les achats responsables seront incontournables pour les prochaines années.
Cette étude témoigne d'une maturité croissante du secteur. Le 16e baromètre est actuellement en cours (ouverture du 10 décembre 2025 au 27 février 2026), avec un objectif de 500 participants pour affiner encore davantage la compréhension des pratiques.
Que ce soit dans le secteur public ou privé, plus de la moitié des directions achats ont des objectifs liés au développement durable ou à la RSE. Les entreprises mesurent désormais majoritairement leur scope 3 (70 à 90% de l'empreinte carbone selon les secteurs) et établissent des trajectoires de réduction.
Points d'attention et défis persistants
Si les progrès sont indéniables, un angle mort structurant persiste : la cartographie des risques fournisseurs. Seuls 56% des répondants en disposaient en 2024, alors qu'elle constitue la clé de voûte de la démarche achats responsables, tant sur les aspects réglementaires que normatifs. Un tiers des organisations de plus de 1 000 salariés répondantes n'ont pas de cartographie des risques, chiffre qui monte à 40-45% pour les plus petites structures.
Le manque de ressources des équipes reste leur première difficulté et pourrait ralentir les projets de décarbonation des chaînes d'approvisionnement.
Contexte réglementaire européen
Dans un contexte de renforcement de la réglementation européenne avec la directive CSRD, l'ISO 20400 sert de référentiel méthodologique pour structurer les démarches d'achats responsables. Toutefois, les modifications apportées à la CSRD en 2025 (loi Omnibus) ont réduit d'environ 80% le nombre d'entreprises initialement concernées, recentrant les obligations sur les grandes structures. Pour les PME et ETI exemptées, le standard volontaire VSME devient la norme de référence.
FAQ - L'essentiel à retenir
ISO 20400 est une norme internationale qui fournit un cadre pour intégrer la responsabilité sociétale dans les achats. Elle aide les organisations à orienter leurs décisions vers des pratiques durables et à renforcer leur impact positif sur l’environnement et la société.
Cette norme permet de structurer vos démarches, d’aligner vos achats avec vos engagements RSE et de réduire les risques liés à des pratiques non responsables. Elle favorise aussi la transparence et la confiance auprès de vos fournisseurs et parties prenantes.
Non, c’est une démarche volontaire. Cependant, elle devient un véritable atout compétitif : les entreprises qui l’appliquent anticipent mieux les attentes du marché, répondent aux exigences de leurs clients et se distinguent par leur engagement responsable.
Il s’agit d’intégrer les critères RSE dans vos processus d’achats : définition des besoins, sélection des fournisseurs, suivi des performances. La norme propose des lignes directrices pour chaque étape, afin de rendre vos pratiques plus cohérentes et durables.
ISO 20400 est une norme de recommandations internationales sur les achats responsables. Le label RFAR est une certification délivrée par l'État français, attestant d'une mise en œuvre effective. Ils sont complémentaires : la norme fournit le cadre méthodologique, le label valide les pratiques concrètes.








