La loi climat est-elle assez ambitieuse ?

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màj en février 2026
Sommaire
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La Loi Climat et Résilience adoptée en août 2021 a pour objectif de renforcer l'engagement de la France dans la transition écologique. Toutefois, si le nom de cette loi laisse présager un changement fort et impactant, qu'en est-il dans la réalité ? Que se cache t'il derrière ce texte ? Est-ce que la loi climat et résilience est suffisamment musclée pour répondre à l'ambition de la neutralité carbone d'ici 2050 ? Cinq ans après son adoption, le bilan reste contrasté : certaines mesures avancent, d'autres reculent face aux pressions politiques et sociales. Carbo décrypte.

En résumé

Qu’est-ce que la loi Climat et Résilience ?

Adoptée en 2021, elle vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accélérer la transition écologique. Issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, elle regroupe 305 articles couvrant consommation, logement, mobilité, production et alimentation.

Quels sont ses objectifs principaux ?

objectif européen de réduire de 55 % les émissions de GES d'ici 2030. Elle cherche à transformer nos modes de vie et de production pour atteindre la neutralité carbone en 2050, tout en renforçant la résilience face aux effets du dérèglement climatique. Cependant, en 2024, les émissions n'ont baissé que de 1,8%, bien en deçà du rythme de 6% par an nécessaire pour atteindre cet objectif.

Quelles mesures concrètes sont prévues ?

Elles incluent la fin des passoires thermiques, l’interdiction progressive des véhicules polluants, la promotion du vrac en grandes surfaces ou encore l’option végétarienne quotidienne dans les cantines publiques. Certaines mesures sont immédiates, d’autres étalées jusqu’en 2034 pour accompagner la transition.

La loi est-elle jugée assez ambitieuse ?

Beaucoup estiment qu'elle reste insuffisante : seules 10 % des propositions de la Convention citoyenne ont été retenues, et les mesures les plus contraignantes sont repoussées dans le temps. Le Conseil d'État et le CESE ont souligné ses limites et son manque de cohérence globale. Plus récemment, le Haut Conseil pour le Climat a publié en juillet 2025 un rapport encore plus critique, mettant en avant un « affaiblissement du pilotage » de l'action climatique française.

QU’EST-CE QUE LA LOI CLIMAT ET RÉSILIENCE ?

Son origine

Tout d'abord, la loi climat et résilience est issue des travaux de la convention citoyenne pour le climat. En effet, cette convention résulte du “grand débat national” instauré par Emmanuel Macron suite au mouvement des gilets jaunes. La convention citoyenne pour le climat, mise en place par le président et le Conseil économique, social et environnemental (CESE), s’est déroulée en octobre 2019, avec comme objectif final de réduire nos émissions. Par ailleurs, chacune des propositions se soumet à un référendum, un vote du Parlement ou à son application réglementaire directe. 

🖐 Seulement 10% des mesures proposées par la convention citoyenne pour le climat font parties de la loi climat et résilience. Soit 15 sur 149 en tout.

Par exemple, le gouvernement a exclu de son projet de loi l’interdiction des véhicules polluants en centre ville. Autre exemple, la généralisation du forfait mobilité durable a également été écartée du projet de loi. 

Ainsi, le projet loi climat et résilience fut présenté en février 2021, adopté en juillet 2021 et promulgué en août 2021.

Loi climat

Ses champs d’actions

La loi climat et résilience contient 305 articles.

Elle s'articule autour de cinq secteurs pour réduire nos émissions :
SecteurObjectifMesure adoptée (exemple)Mesure rejetée (exemple)
ConsommationNos habitudes de consommation voire de surconsommation, influencées par la publicité, ont un fort impact sur notre environnement. 20% de ventes en vrac dans les grandes surfaces d’ici 2030Interdire la publicité sur les produits les plus émetteurs de GES 
Production et travailPour décarboner notre société, notre appareil productif et de travail doivent changer en profondeur.Participation des citoyens et des entreprises, associations et collectivités locales aux projets EnRCréer une taxe sur les entreprises qui distribuent plus de 10 millions de dividendes annuels
DéplacementsResponsable de 30% des émissions de GES, les déplacements professionnels et personnels doivent être révisés.Zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes agglomérationsRéduire de 10% à 5,5% la TVA sur les billets de trains
LogementComptabilisant 16 % des émissions de gaz à effet de serre national, le parc immobilier français nécessite une réduction par dix des émissions.Obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030 dans les bâtiments neufs et rénovésFixer une température moyenne maximale de 19 °C et renoncer à la climatisation en deçà de 25 °C
Alimentation 24% de nos émissions liées à l’alimentation. Il faut décarboner ce secteur pour un modèle alimentaire durableEvaluation de la performance climat du plan stratégique présenté par la France pour la prochaine PACOption végétarienne quotidien dans les self-services publics

Dans un article détaillé, Reporterre reprend l’ensemble des mesures adoptées, modifiées ou rejetées de la Convention Citoyenne pour le climat.


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Quelle est l'ambition de la loi climat et résilience ?

Les objectifs de la loi climat et résilience

Faisant suite à l’objectif que fixe l’Union Européenne, la loi climat et résilience s’engage à baisser d'au moins 55% les émissions des GES d'ici 2030.

L’objectif de la loi climat et résilience est d’accélérer la transition écologique et lutter contre le dérèglement du climat dû à nos émissions et de résister face à ses effets.

Quel futur pour la loi climat et résilience ?

La loi climat et résilience n’est pas une loi qui se fige dans le temps. Au contraire, la loi climat et résilience est vouée à évoluer au fil des années, pour réduire de plus en plus nos émissions. 

Par ailleurs, quelques mesures de la loi climat et résilience ont été appliquées immédiatement telles que :

  • Menu végétarien hebdomadaire dans tous les établissements scolaires
  • Encadrement des publicités physiques par les maires
  • Arrêt des constructions de centres commerciaux sur des territoires naturels ou agricoles
  • Interdiction de la publicité pour les énergies fossiles (appliquée)

Ainsi, le reste des mesures ont été échelonnées dans le temps. 

loi climat

Les applications de la loi climat et résilience en 2025 :

  • Créer des ZFE dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants — bien que 25-26 ZFE aient été activées au 1er janvier 2025, la suppression de ce dispositif a été votée le 28 mai 2025 par l'Assemblée nationale. Le statut reste incertain suite à la saisine du Conseil constitutionnel.
  • Obliger un audit énergétique pour les logements classés E mis en vente (en cours)
  • Interdire la location des logements classés G (en cours d'application)
loi climat

Les mesures prévues dans la loi climat et résilience pour 2028 :

  • Interdire la location des logements classés F (prévision valide mais assouplissements demandés en 2024)
  • Interdire la publicité sur les véhicules les plus polluants (toujours prévue)

Les mesures prévues dans la loi climat et résilience pour 2030 :

  • Dédier 20% de la superficie des grandes surfaces au vrac (en cours mais progression lente)
  • Interdire la vente des véhicules très polluants (toujours prévue)

Enfin, une dernière mesure est prévue dans la loi climat et résilience pour 2034 :

  • Interdire la location des logements classés E (toujours prévue)

La mise en application des mesures de la loi climat et résilience est donc diluée sur plus 10 ans. Cependant, si certains y voient une transition progressive et douce de la société, d’autres jugent cette politique trop lente et pas assez ambitieuse. De plus, les mesures les plus strictes étant, prévues en fin de calendrier, on pourrait alors reprocher au gouvernement actuel de faire peser les mesures difficiles sur ses successeurs. En 2025, cette critique s'est accentuée avec les demandes d'assouplissement du calendrier émanant du gouvernement lui-même.

S’assurer de l’efficacité de la loi climat et résilience

Des vérifications …

Pour s’assurer de l’efficacité de la loi climat et résilience, le Haut Conseil pour le climat vérifiera chaque année la mise en œuvre des mesures et tous les trois ans l'action des collectivités locales en matière de réduction des GES et d'adaptation au changement du climat.

En juillet 2025, le Haut Conseil pour le Climat a publié son 7e rapport annuel, intitulé « Relancer l'action climatique face à l'aggravation des impacts et à l'affaiblissement du pilotage ». Ce rapport dresse un bilan sévère : les émissions n'ont baissé que de 1,8% en 2024 contre un rythme requis de 6% annuels. Le rapport épingle un ralentissement inquiétant de la décarbonation, un contexte international défavorable (« backlash »), et l'absence de la 3ème Stratégie Nationale Bas-Carbone et de la 3ème Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, qui privent les collectivités de « boussoles » claires.

Et des sanctions …

La loi climat et résilience compte aussi sanctionner sévèrement ceux qui atteignent l'environnement avec des effets graves et durables et ce de manière intentionnelle. Ainsi, il a été établi trois formes de délits, un délit de mise en danger de l’environnement, un délit de pollution des milieux et un délit d'écocide.

loi climat

La loi climat et résilience dans le viseur

Depuis sa promulgation en 2021, la loi Climat et Résilience a fait l'objet d'évaluations critiques. Le Conseil national de la transition écologique publiait un rapport en janvier 2021 (avant même l'adoption finale).

Tout d'abord, ce rapport approuve les avancées qui font suite à la loi climat et “reconnaît l’intérêt d’une loi globale sur ce sujet”.

Cependant, le compte rendu émet aussi certaines réserves sur la loi climat et résilience. En effet, le Conseil national de la transition écologique juge que l'étude qui accompagne la loi n’est pas d’une qualité suffisante concernant la mesure de ses effets . En somme, cela s’explique par le fait que les parlementaires qui ont vérifié ce support ne sont pas experts sur les impacts potentiels de chaque mesure sur les émissions de GES et la santé, ni sur leurs effets socio-économiques. 

Des mesures insuffisantes

Par ailleurs, seules 10% des propositions de la CCC ont été retenues, ce qui mine la cohérence globale de leurs propositions. En effet, la reprise “sans filtre” de ces propositions s’est dans les faits montrée lapidaire. Ainsi, la loi est insuffisante et ne donne pas un cap net."

Enfin, la loi permet “une baisse insuffisante des émissions de GES", car les actions n'atteindront même pas une baisse d'émissions de 40% d’ici 2030, contrairement à l’objectif initial de la loi climat et résilience. En réalité, selon le Haut Conseil pour le Climat (juillet 2025), les émissions baissent encore plus lentement, avec un risque réel de ne pas atteindre les 55% d'ici 2030.

"Les nombreuses mesures du projet de loi sont en général pertinentes mais restent […] souvent limitées, différées ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine" vient compléter le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) 

Ainsi, le Conseil d’État considère que la loi climat et résilience est “superficielle" avec des “insuffisances notables".

Mise à jour 2026

Cinq ans après son adoption, le bilan de la loi Climat et Résilience apparaît de plus en plus contrasté. Si certaines mesures ont progressé (interdictions de louer des passoires thermiques G, par exemple), d'autres stagnent ou reculen. Les ZFE, présentées comme un pilier de la transition écologique, sont en sursis depuis le vote du 28 mai 2025. Plus gravement, l'année 2024 a marqué un tournant inquiétant : c'est l'année la plus chaude jamais enregistrée globalement, avec +2,2°C en France sur les dix dernières années. Dans ce contexte de dérèglement climatique croissant, la France ralentit sa décarbonation plutôt que de l'accélérer. Le Haut Conseil pour le Climat met en garde contre « l'affaiblissement du pilotage » de la politique climatique.

Pour conclure, vous pourrez compter sur Carbo pour vous raconter la suite des événements. En effet, nous sommes convaincu.e.s (on l’a déjà écrit non ?) que la composante carbone est essentielle pour sauver le climat et qu’il serait dommage de se contenter de débats sur le pouvoir d’achat en ce qui la concerne... Mais pour que la loi Climat et Résilience soit réellement efficace, il faudrait que le gouvernement cesse les reculs et redonne un cap clair à l'action climatique française, conformément à ses engagements européens et aux réalités du réchauffement en cours.

Margaux Achite-Henni
Content Manager chez Carbo
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