FUTURs : « Le jeu permet de créer une porte d’entrée différente sur l’écologie » 

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màj en mars 2024

Et s’il fallait jouer avec l’écologie pour enfin la vivre avec passion ? C’est le pari de FUTURs, un jeu de société dans lequel chacun·e a les cartes en main pour imaginer l’avenir. À l’occasion de l’ouverture des pré-ventes du jeu, on a échangé avec son co-créateur, Niels de Fraguier, pour en savoir plus. 

Niels de Fraguier n’en est pas à son coup d’essai pour attirer de nouveaux publics sur le terrain de l’écologie. Celui qui se définit lui-même comme un « écopreneur » a déjà signé la création de la plateforme collaborative L’écologie pour tous·tes, dans laquelle il compile les contenus utiles à toute personne souhaitant s’initier au sujet. Aujourd'hui, Niels a un nouveau projet : ne plus seulement toucher les curieux, mais susciter la curiosité même chez celles et ceux qui ne portent aucun intérêt préalable à l’écologie. Avec l’illustratrice Mélanie Ramamonjisoa, il imagine donc le jeu de cartes FUTURs, « pour faire de demain un meilleur lendemain ». Produit en France avec le soutien technique du fabricant Ludotopia, il est actuellement en prévente sur la plateforme de financement participatif Ulule. L’écologie aura-t-elle enfin ses parties endiablées, ses moments de suspens, ses retournements de situation et ses remontadas ? Réponse avec Niels de Fraguier.

Tu cherches à faire connaître l’écologie au plus grand nombre. Dans quelle mesure un jeu de cartes permet-il de faire ça ?

Niels de Fraguier : Le jeu permet de créer une porte d'entrée différente sur l’écologie. C’est un divertissement accessible à tous, qui parle à toutes les générations, et qui revient actuellement très fortement à la mode, surtout depuis l’époque des confinements. 

Il a plusieurs avantages. D’abord, il permet de se divertir en investissant un univers qu’on ne connaît pas, dont on a en partie le contrôle, et que l’on s'amuse à faire évoluer.

Ensuite, le jeu permet d’aborder le sujet de l’écologie de façon systémique et holistique, car on y met tous les éléments en interaction les uns avec les autres. Ça permet de montrer comment se forment les différents scénarios d’avenir (dystopique, utopique…). Dans un tel jeu, on peut avoir une multiplicité de déroulements possibles – la partie d’aujourd’hui sera forcément différente de celle jouée hier, comme de celle jouée demain – et donc de futurs possibles.

Enfin, la dynamique d’un jeu invite à être attentif·ve, à développer des émotions, à créer du lien social… et tout ça contribue à créer un moment qui nous rattache aux autres et au vivant. De ces trois points de vue là, le jeu est apparu comme une évidence. Notre pari, c'est que FUTURs va divertir des personnes qui n’ont peut-être aucun intérêt préalable pour la crise climatique, la chute de la biodiversité, les injustices, le manque de bien-être, mais qui, parce que le jeu, les cartes et les règles sont attrayantes, vont se retrouver baignés dans ces sujets. 

FUTURs compte 128 cartes en tout, tu nous les présentes ? 

N. d.F. : Il y a d’abord 88 cartes généralistes qui couvrent les thématiques du climat, de la biodiversité, de la justice sociale et du bien-être. Elles sont réparties selon quatre degrés de couleur : vert foncé, pour représenter la prospérité, vert clair pour la durabilité, orange pour la menace, et rouge pour le danger. 

On a ensuite des cartes bicolores, les cartes « espoir », qui permettent de sauter d'un monde à l'autre : par exemple, de l'individualisme à la collaboration, de l'injustice à l'équité…

Il y a les cartes noires, appelées cartes « vigilance » ou « problématiques », qui correspondent à autant de points d'attention (par exemple, l'extinction de la biodiversité) ou à des problèmes à surmonter (greenwashing, manque de collaboration, dépendance aux énergies fossiles…). 

Enfin, il y a 16 cartes blanches, qui sont des cartes « action ». Ces actions individuelles comme la mobilité, la finance éthique… et les actions systémiques comme l’isolation des logements…

On a aussi des cartes citations comme celle d’Emmanuel Macron avec « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? », ou celle de Patrick Pouyanné qui met l’accent sur la durabilité des dividendes. 

Okay, et comment on joue avec ces cartes ? 

N. d.F. : La version qui sort aujourd’hui est fournie avec un livret présentant trois modes de jeu au choix. Ces règles sont inspirées de jeux existants : nous avons repris des mécanismes de jeu qui fonctionnent déjà pour qu’il soit simple et rapide de commencer à participer. L’idée de proposer plusieurs règles, c’est non seulement de s’assurer qu’aucune lassitude ne s’installe, mais de permettre aux joueurs de s'amuser dans des configurations très variées. Certaines règles correspondent à des jeux en équipe, d’autres en individuel ; certains modes sont compétitifs, d’autres collaboratifs... On peut aussi jouer de 2 à 18 joueurs, et dans tous les environnements : entre collègues, entre amis, en famille, etc. 

Sur le site du jeu, il y aura 4 autres modes de jeu pour varier les plaisirs et, à terme, des règles alternatives créées par les joueurs et que ceux-ci pourront partager à la communauté en les soumettant via un formulaire.  

Le but du jeu, c’est de construire un avenir radieux ? 

N. d.F. : Globalement, le jeu récompense toujours l’impact positif. Mais on peut aussi jouer en utilisant des rôles : celui de citoyen, de scientifique, d’indigène… Mais aussi d’individus qui veulent continuer à exploiter le vivant pour leurs intérêts privés…. C’est alors les citoyens contre les bandits, en quelque sorte. 
Le jeu est vraiment un système vivant dans lequel toutes les associations de cartes ne sont pas écrites au préalable. Les joueurs sont amenés à débattre des combinaisons et des résolutions possibles : est-ce qu’une carte « finance verte » annule une carte « dépendance aux énergies fossiles », ou pas ? 

Le jeu porte sur l’écologie, mais le terme n’apparaît jamais dans son nom ni dans ses règles. Pourquoi ? 

N. d.F. : Le fait de ne pas mentionner l'écologie, c'est une ligne assez difficile à tenir quand on est convaincu de l’importance de ce sujet. Mais c’est essentiel, parce que ce terme peut refroidir ou bloquer quelqu’un qui n'y est pas déjà sensible. Or tout le but du jeu c’est d'initier les néophytes en douceur. Donc on a choisi le nom de FUTURs, avec l’idée que les futurs sont multiples et que c'est à chacun de les inventer. 

Le célèbre jeu du Monopoly a été créé pour dénoncer le système des monopoles. Ta démarche est un peu similaire : faire manipuler des concepts aux joueurs sans qu'ils ne s'en rendent compte...

N. d.F. : C’est un peu ça, en effet. FUTUR.S est un jeu qui dit : « Aujourd'hui, on connaît les limites de notre monde, et on peut jouer avec ». Les cartes représentent la donne du monde présent, mais si on mélange ces cartes et qu'on inverse leur ordre, ça nous emmène vers quelque chose qui est beaucoup plus heureux, désirable et prospère. Le jeu est donc à l’image du monde dans lequel on vit : on n’a pas le contrôle sur tout, mais on a des cartes en main et on peut agir pour changer les choses à notre échelle. 

Le designer Buckminster Fuller (inventeur du World Game, un jeu de logistique basé sur une simulation de la distribution des ressources mondiales, ndlr) disait que quand on commence à jouer à un jeu, on comprend, on conçoit et on conceptualise. C'est une pensée que j'ai toujours suivie. 

Des scénarios, des cartes, plusieurs personnes autour de la table, et de l’écologie : Il y a des points communs entre le jeu FUTURs et un atelier de la Fresque du Climat. Quelles sont les différences ?

N. d.F. : FUTURs est un compagnon d’aventure et non un atelier de 2 heures. Il propose une approche beaucoup moins scientifique du sujet : on ne rentre pas forcément dans le détail si l'on en a pas envie. Le point d’entrée d’une fresque, c’est l’envie d’apprendre, alors que pour FUTURs, c’est l’envie de jouer, ni plus, ni moins. 

Ensuite, une fresque s’adresse à quelqu’un qui a déjà de la curiosité sur ces sujets et qui va prendre du temps et de l’énergie à se former. À l'inverse, l’approche ludique permet un travail de conscientisation indolore, sans qu’on s’en rende compte. On a juste les cartes en main, et on les manipule en cherchant à les utiliser à bon escient. 

Enfin, il y a la dynamique : ici, pas de facilitateur, pas de rapport sachant / non-sachant, on est tous joueurs au même niveau, et les échanges s’auto-alimentent. Chacun a quelque chose à apprendre des autres et aux autres. 

FUTURs, le jeu — Actuellement en précommande sur Ulule

Millie Servant
Millie est journaliste et rédactrice en chef. Elle défend un journalisme écolo, joyeux, sans anxiété ni techno-solutionisme.
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