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Vous vous occupez, de près ou de loin, de la RSE. Et parce que vous voulez cadrer vos missions, il est temps de (re)définir quelques indicateurs RSE clefs. Car oui, ils sont le reflet de votre engagement sociétal, social et environnemental, et vous seront donc très utiles pour mettre en lumière vos actions et bien piloter l’impact de votre entreprise. Voici quelques recommandations qui devraient vous aider à atteindre votre but.
La RSE, pourquoi déjà ?
La responsabilité sociétale (ou sociale) des entreprises, pour une définition courte, cherche à associer mesures sociales et sociétales, réduction des impacts environnementaux et démarches économiques. Elle est donc étroitement liée aux 3 piliers du développement durable.
Pourquoi des indicateurs RSE ?
Indicateurs RSE : pour guider votre stratégie RSE
Les indicateurs RSE permettent de savoir où votre entreprise a mal, ce qu’il faut changer dans vos pratiques et vers quels axes d’amélioration se tourner. En somme, un indicateur permet de mesurer la performance de votre entreprise dans le domaine du développement durable.
Indicateurs RSE : pour mesurer la performance de votre démarche RSE
La mise en place d’indicateurs est essentielle pour mesurer et suivre la démarche RSE de votre entreprise, et ainsi évaluer sa progression. Ainsi, vous pouvez évaluer la performance de votre politique RSE dans la structure et mieux définir la mise en place d’outils pour améliorer votre gestion.

Indicateurs RSE : pour faire évoluer votre politique RSE
Les indicateurs permettent à votre entreprise d’y voir plus clair dans les secteurs de l’économie, du social et de l’environnement. En effet, pour avancer plus vite et de manière éclairée, les indicateurs reflètent la bonne gestion de votre politique RSE.
Quel cadre pour vos indicateurs RSE ?
Les critères ESG
Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) permettent de relier performance financière, stratégie de développement durable et investissement responsable. Ils rendent compte ainsi des agissements d’une société ou d’un secteur dans l'écologie, dans le droit du travail et dans la gouvernance.
Depuis 2024, ces critères ESG structurent le reporting extra-financier via les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) de la directive CSRD. Cette harmonisation européenne facilite la comparaison des performances ESG entre entreprises et renforce la transparence vis-à-vis des investisseurs et parties prenantes.
Les labels et certifications
Le label RSE permet de garantir la qualité de la démarche RSE mise en place par l’entreprise. Il existe plusieurs types de labels : les généralistes, les sectoriels et les thématiques, selon le type d’organisation et la thématique souhaitée.
Les labels sont donc des indicateurs fiables de la propension d’une entreprise à devenir plus responsable et à agir sur ces sujets.
En 2026, plusieurs labels RSE se distinguent comme références en France et à l'international :
- B Corp : certification internationale qui a renforcé ses exigences en 2025 avec une structure autour de 7 piliers (gouvernance, climat, droits humains, équité, environnement, inclusion, action collective)
- Label Engagé RSE (AFNOR) : plus de 220 organisations labellisées, avec reconnaissance européenne via Responsibility Europe
- LUCIE : premier label RSE français aligné sur l'ISO 26000, indépendant et reconnu
- EcoVadis : plateforme d'évaluation (non certifiante) avec 75 000 entreprises évaluées mondialement, référence pour les chaînes d'approvisionnement
- Positive Company : label français créé en 2019 avec approche progressive adaptée aux PME
- PME+ : label spécifique aux PME fournisseurs de la distribution (180 entreprises)

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Le bilan carbone
Le bilan carbone est la première brique de la RSE car il permet de réaliser un diagnostic des pratiques de l’entreprise. Mesurer la consommation d’énergie et les émissions de GES grâce au bilan carbone aide à la mise en œuvre d’une politique environnementale.
Une fois le calcul de votre bilan carbone effectué, ce sera bien plus simple puisque les grands axes d’amélioration auront été déterminés au préalable.
Choisir ses indicateurs RSE
Les indicateurs sont des chiffres, des montants, des données qui reflètent vos engagements. Bien choisir ses indicateurs RSE c’est aussi pouvoir manier ses outils pour progresser dans sa démarche mais aussi faire preuve de transparence dans ses actions.
Des indicateurs SMART
Cette méthode, associée aux Key Performance Indicators (KPI) ou indicateurs de performance, permet de bien identifier quel indicateur choisir :
- Spécifique : l’objectif défini doit être clair et compris par l’ensemble des collaborateurs et des parties prenantes.
- Mesurable : l’indicateur doit être quantifié ou quantifiable pour pouvoir être atteint.
- Atteignable : l’indicateur doit être à la fois ambitieux et à la portée de vos collaborateurs.
- Réaliste : dans la période, dans les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs. Il faut pouvoir engager l’ensemble de l’entreprise.
- Temporellement défini : une date de début et une date de fin pour mieux délimiter son périmètre.
Environnementaux
Les indicateurs environnementaux portent sur la stratégie de réduction des émissions des gaz à effets de serre. Il s’agit par exemple d’utiliser les ressources naturelles de manière responsable et durable, de favoriser la bonne gestion des déchets, en limitant la production, notamment de ceux qui sont dangereux pour l’environnement ou de favoriser la diversité biologique.
Voici les indicateurs environnementaux que vous pouvez utiliser pour votre entreprise :
- le nombre d’émissions des gaz à effets de serre des entreprises
- les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre
- la part de production et de fabrication en France
- l’empreinte carbone des salariés, de l’entreprise et des produits/services
- le détail des émissions par scope (1, 2 et 3) pour une vision complète de l'impact carbone
- la part d’émissions de gaz à effet de serre compensées
- le nombre de kilomètres parcourus en un an
- la part de déchet recyclé ou non et les modalités de sa gestion
- la part d’emballage en carton, plastique et la part de recyclage
- les mesures visant à limiter la production de déchets
- les mesures visant à réduire la pollution numérique des données
- la consommation énergétique
- la consommation en eau
- les indicateurs de circularité (taux de réemploi, recyclage, éco-conception)
- les indicateurs de biodiversité (protection des écosystèmes, restauration des habitats naturels)

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De gouvernance
Les indicateurs de gouvernance impliquent la lutte contre la corruption, le respect de la transparence de la rémunération des dirigeants, la relation entre les actionnaires, la direction et le conseil d’administration. Voici quelques exemples d’indicateurs à mettre en place :
- les mesures mises en place pour progresser vers plus de transparence
- l’organigramme de gouvernance et les détails
- les ressources alloués à la RSE
- la composition de l’équipe RSE (ou casquette RSE)
- le partage dans la prise de décision et le management
- la répartition du capital social
- la transparence fiscale et conformité réglementaire
- les mécanismes de lutte contre la corruption et l'évasion fiscale
- la politique de rémunération des dirigeants et écarts de salaires
Sociaux
Les indicateurs sociaux ont pour objectif de rendre compte des démarches liées à l'égalité des chances et la diversité, l'hygiène et la sécurité sur le lieu de travail qui doit être garantie, le droit du travail et la formation du personnel. Ainsi les indicateurs sociaux peuvent être les suivants :
- le nombre de salariés total et le type de contrat en CDI, CDD, etc
- le nombre de femmes et d’hommes
- l'indice de formation et le nombre de salariés formés
- l’indice de satisfaction de qualité de vie et de santé au travail
- l’écart de rémunérations entre les femmes/hommes pour le même poste (l’index egapro du ministère permet aux entreprises de mesurer, en toute transparence, les écarts de rémunération entre les sexes et de mettre en évidence leurs points de progression.)
- le taux de féminisation de l’équipe par statut
- le nombre d’embauche et de licenciement
- le taux d’absentéisme
- les parts d’investissement responsable
- les partenaires sociaux
- le nombre de jours télétravaillés
- le taux d’ancienneté
Achats responsables
Les indicateurs d’achats responsables permettent de satisfaire et fidéliser les clients grâce à des indicateurs représentatifs de la qualité de service. Ces indicateurs sont rayonnants pour l’écosystème car ils impliquent des données pour les fournisseurs, les investisseurs et les consommateurs. Vous pouvez donc utiliser les données suivantes :
- le pourcentage d’exportation et d’importation pour la production d’un produit
- la liste des pays d’importation/la répartition géographique de l’entreprise
- le nombre de fournisseurs respectueux de l’environnement et leur label
- la part des produits/services responsables
- la part des ventes et achats responsables

Mettre en valeur ses indicateurs RSE
Dans votre rapport RSE
Un rapport RSE, comme l’évoque son nom, est un document périodique et officiel, publié par une entreprise. Généralement annuel, il retranscrit les actes et les résultats de l’entreprise en matière de responsabilité sociale des entreprises.
Depuis le 1er janvier 2024, les grandes entreprises soumises à la directive CSRD doivent publier un rapport de durabilité conforme à la CSRD plutôt qu'un simple rapport RSE. Ce rapport suit les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) et intègre le principe de double matérialité, c'est-à-dire l'analyse des impacts de l'entreprise sur l'environnement ET des risques ESG sur l'entreprise.
Toutefois, suite à l'adoption de la directive Omnibus en décembre 2025, les seuils d'application de la CSRD ont été relevés : seules les entreprises de plus de 1000 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 450 millions d'euros sont désormais concernées. Les PME non soumises peuvent adopter la norme volontaire VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs) pour structurer leur reporting de durabilité.
Par exemple, l’entreprise Bergamotte intègre ses indicateurs dans son rapport RSE. Ils sont renforcés par des labels MPS, un score EGAPRO ou une certification FSC.
Dans votre déclaration extra-financière
Application française du reporting extra-financier, la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière) a été remplacée en 2024 par le rapport de durabilité dans le cadre de la directive CSRD qui a remplacé la DPEF depuis 2024. Ce nouveau cadre permet aux sociétés d'identifier leurs enjeux prioritaires ESG selon une analyse de double matérialité et de dégager des engagements auxquels elles seront obligées de répondre avec transparence et rigueur.
Par exemple, les entreprises peuvent s'inspirer des pratiques d'investisseurs comme Demeter qui intègrent systématiquement des indicateurs d'impact ESG dans leurs rapports annuels. En souhaitant promouvoir les critères ESG, ces acteurs développent les démarches d'investissement responsable pour atteindre une performance durable.
🖐 Un reporting extra financier est un document servant à « communiquer sur les implications sociales, environnementales, sociétales de ses activités ainsi que sur son mode de gouvernance » selon le ministère de la transition écologique. Le reporting est le nom générique de rapportage des entreprises européennes et internationales.
Le suivi des indicateurs RSE en interne
Le must serait que les indicateurs prennent autant de place dans les décisions que les autres metrics. Pour que les indicateurs RSE soient pleinement intégrés par l’équipe, vous pouvez faire preuve de créativité et par exemple :
- faire un dashboard au bureau qui permet de suivre l'évolution des data impact
- faire un point mensuel sur ces indicateurs avec toute l’équipe (et un point formation pour les nouveaux collaborateurs)
- intégrer les indicateurs dans les séminaires : choix collectif et en collaboration par exemple
- organiser des animations pour améliorer les actions RSE et donc améliorer à la fois les indicateurs et les résultats
- identifier des « ambassadeurs » RSE selon les pôles d’activités, chargés de piloter et d’analyser ses indicateurs
Il existe également des outils digitaux et plateformes de pilotage RSE qui facilitent le suivi en temps réel : tableaux de bord automatisés, collecte de données simplifiée, visualisation des progrès. Ces solutions permettent de gagner en efficacité et de professionnaliser votre démarche RSE.
🖐 Suite à la directive Omnibus de décembre 2025, les seuils ont été relevés (1000+ salariés, 450M€ de CA), exemptant environ 80% des entreprises initialement visées. Les PME non concernées peuvent adopter la norme volontaire VSME, devenue le standard de référence pour structurer leur démarche RSE.
FAQ - L'essentiel à retenir
Les indicateurs RSE permettent de mesurer l’impact de votre entreprise sur les plans social, environnemental et économique. Ils vous aident à identifier les axes d’amélioration, à piloter votre stratégie et à valoriser vos engagements auprès de vos parties prenantes.
On distingue généralement trois volets : environnement (émissions de CO₂, consommation d’énergie), social (égalité, formation, bien-être au travail) et gouvernance (transparence, éthique). Le choix dépend de votre secteur et des enjeux prioritaires pour vos parties prenantes.
Il est essentiel de partir de vos objectifs stratégiques et des attentes de vos parties prenantes. Les indicateurs doivent être mesurables, pertinents et alignés sur vos engagements RSE. Mieux vaut quelques indicateurs bien suivis qu’une liste trop large et difficile à piloter.
La régularité est clé : un suivi trimestriel ou semestriel permet d’identifier rapidement les progrès et les points de vigilance. L’important est de garder une cohérence dans la mesure pour pouvoir comparer les résultats dans le temps et ajuster vos actions.
La transparence est essentielle. Partagez vos indicateurs dans vos rapports, sur votre site ou auprès de vos collaborateurs. Mettez en avant vos réussites mais aussi vos axes d’amélioration : c’est cette honnêteté qui crédibilise votre démarche et inspire confiance.








