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Dans la grande famille de la RSE, je demande le rapport RSE! Si ce dernier a autant la cote, c’est parce qu’il participe à l’amélioration de la stratégie d’une entreprise. Mine d’informations, il éclaire sur le niveau de transparence et il permet d’évaluer l’impact des activités et la performance. Afin de profiter de tous ces bénéfices, Carbo vous explique comment réaliser votre rapport.
Qu’est-ce qu’un rapport RSE ?
Rapport RSE : définition
Un rapport RSE, comme l’évoque son nom, est un document périodique et officiel, publié par une entreprise. Généralement annuel, il retranscrit les actes et les résultats de l’entreprise en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE).
À l’origine du rapport RSE : une démarche
Le reporting RSE s’inscrit dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises. On parle de RSE pour désigner toutes les mesures sociales, économiques et environnementales qu’un groupe peut mettre en place.

🖐 La RSE est étroitement liée à la notion de développement durable en entreprise.
Est-ce que c'est obligatoire ? Et si oui, pour qui ?
Historiquement, depuis la loi Grenelle II de 2010 en France, les entreprises cotées en bourse et celles dépassant 100 millions d'euros de chiffre d'affaires ou 500 employés devaient obligatoirement produire un document annuel en matière de reporting. Cette obligation a ensuite été renforcée par la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière) issue de la directive européenne NFRD de 2014.
Depuis le 1er janvier 2024, le cadre réglementaire a profondément évolué avec l'entrée en vigueur de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Cette directive marque un tournant majeur dans le reporting extra-financier européen, avec un déploiement progressif :
Vague 1 (exercice 2024, publication 2025) :
- Grandes entreprises d'intérêt public déjà soumises à la NFRD
- Plus de 500 salariés et
- 50M€ de CA net OU 25M€ de total de bilan pour les sociétés individuelles
- Ou 60M€ de CA net OU 30M€ de total de bilan pour les groupes consolidés
Vague 2 (exercice 2027, publication 2028) - après report de 2 ans :
- Grandes entreprises dépassant 2 des 3 critères suivants :
- 250 salariés
- 50M€ de CA net
- 25M€ de total de bilan
Vague 3 (exercice 2028, publication 2029) :
- PME cotées (hors micro-entreprises)
- Certaines petites institutions financières et assureurs captifs
Le report de deux ans pour les vagues 2 et 3 a été officiellement confirmé par la directive européenne "Stop-the-Clock" du 14 avril 2025. Ce délai supplémentaire permet aux entreprises concernées de mieux se préparer aux exigences du nouveau cadre réglementaire.
Le cadre légal a donc considérablement évolué, et environ 50 000 entreprises européennes (contre 11 600 précédemment) seront progressivement concernées par cette obligation.
La directive Omnibus, adoptée le 16 décembre 2025 par le Parlement européen, a profondément revu le périmètre de la CSRD. Les seuils d'application ont été relevés à 1000 salariés (au lieu de 250) et 450M€ de chiffre d'affaires, réduisant ainsi de 80% le nombre d'entreprises concernées. Les PME cotées sont désormais exemptées de l'obligation.
En pratique, la question « qui est concerné» reste pertinente mais ne devrait pas être restrictive ! De nombreuses entreprises non soumises à l'obligation légale choisissent volontairement de publier un rapport RSE pour renforcer leur image, améliorer leurs pratiques et répondre aux attentes croissantes de leurs parties prenantes. Pour les PME non concernées par l'obligation CSRD mais souhaitant structurer leur démarche RSE, la Commission européenne a développé la norme VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs), un cadre volontaire simplifié de reporting de durabilité qui permet de répondre aux demandes des donneurs d'ordre. Les entités du secteur public doivent, elles, publier un rapport développement durable.
Le rapport de durabilité CSRD, le nouveau rapport RSE ?
Depuis 2024, la directive CSRD a transformé le paysage du reporting extra-financier en remplaçant la DPEF par le rapport de durabilité. Ce nouveau cadre apporte des changements majeurs :
- Normes ESRS obligatoires : 12 normes transversales harmonisées au niveau européen (European Sustainability Reporting Standards)
- Double matérialité : prise en compte à la fois de l'impact de l'entreprise sur l'environnement/société ET de l'impact des enjeux de durabilité sur la performance financière de l'entreprise
- Format numérique obligatoire : publication au format électronique unique européen (xHTML avec balisage XBRL), facilitant ainsi la comparabilité et l'exploitation automatisée des données
- Certification externe systématique : vérification obligatoire par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant, élevant le reporting extra-financier au même niveau d'exigence que le reporting financier
- Périmètre élargi : passage de 11 600 à environ 50 000 entreprises concernées en Europe
Le rapport de durabilité CSRD n'est donc plus simplement un "nouveau rapport RSE" mais un dispositif réglementaire complet qui structure désormais le reporting extra-financier européen, avec une ambition claire : contribuer à la neutralité carbone de l'Europe d'ici 2050 dans le cadre du Pacte Vert.
Pourquoi faire un rapport RSE ?
Un souci de transparence sur les activités

C’est aujourd’hui une évidence, les consommateurs aiment savoir ce qui se cache dans les coulisses. A juste titre, les rapports RSE informent les clients des conséquences qu’ont leur achat. En éclairant les conditions dans lesquelles le produit a été fait, l’entreprise est transparente. Cela a un effet bénéfique pour l’entreprise et pour le consommateur. La première va améliorer son produit pour que celui-ci ait le moins d’impact possible et pour qu’il plaise au consommateur. Le consommateur, de son côté, sera content d’effectuer un achat responsable.
Les rapports RSE permettent de répondre à la question : «Que fait ce groupe pour respecter ses engagements en faveur du développement durable?»
Les nombreux scandales liés au manque de transparence l’ont montré ; la transparence est le sujet à la mode.
💡 En France, 68% des consommateurs déclarent qu'ils consommeraient davantage les produits ou services d'une entreprise ayant un fort engagement RSE, selon une étude de la CCI France.
Pour vos collaborateurs internes
D’une le reporting RSE permet d’améliorer le fonctionnement et la stratégie de votre entreprise. D’autre part, il peut être source de motivation pour vos salariés. Il contribue également au sentiment d’appartenance à un groupe qui prend des engagements en faveur du développement durable et qui sait les tenir.
Selon le Baromètre RSE 2024, 92% des Français considèrent que la RSE doit être un sujet important pour les entreprises, et 70% des salariés jugent l'engagement de leur entreprise insuffisant en la matière. Plus révélateur encore : 75% des actifs pourraient fonder leur choix d'une entreprise sur le critère RSE. Le rapport RSE devient donc un outil stratégique pour l'attractivité et la rétention des talents.
De plus, selon le Baromètre de l'Engagement des Marques 2025 (Cision), 88% des professionnels du marketing et de la communication considèrent désormais la RSE comme un moteur de performance marketing, soit une progression de 8 points par rapport à 2023. Toutefois, 69% d'entre eux jugent les engagements de leur entreprise encore insuffisants.
Pour vos parties prenantes
Le rapport RSE permet à vos parties prenantes de prendre conscience de l’impact de certaines mesures. Cela s’inscrit dans une démarche de transparence, utile à la prise des décisions. Ainsi, il est plus simple d’évaluer les conséquences (moyen et long terme) des activités sur la société, l'économie et sur l’environnement.
L’image publique est aujourd’hui influencée par la bonne gestion de tout ce qui touche à l'environnement et aux ressources humaines.
🖐 Aujourd’hui, les investisseurs consultent le rapport RSE avant de collaborer avec l’entreprise. C’est un moyen pour eux de juger de l’activité et de l’engagement du groupe. Ces investisseurs peuvent également faire appel à des agences de notation extra-financière pour évaluer vos engagements et actions.
Comment construire un rapport RSE ?
Vous l’avez compris, le rapport RSE concerne les activités économiques, les actions liées à l’environnement et les démarches liées aux salariés. Pour chacune de ces catégories, il est essentiel de définir des indicateurs RSE pertinents et mesurables pour suivre vos progrès et démontrer l'efficacité de vos actions. Nous vous proposons quelques thématiques que vous pourrez intégrer dans votre reporting RSE (cette liste est non exhaustive).

La catégorie sociale
La catégorie sociale comprend les démarches liées aux conditions de travail et d’emploi. Toute la politique de la société concernant le domaine social peut entrer dans le rapport.
On peut indiquer l’effectif total des salariés, les embauches, les licenciements, les évolutions liées aux rémunérations. L’entreprise peut aussi communiquer sur le temps de travail, la santé, les formations possibles et le nombre total d’heures consacrées, l'égalité de traitement, etc.
La catégorie sociétale
Vous pouvez indiquer l’impact économique de l’activité de votre société (l’emploi dans la région, la ville), les partenaires sociaux, les partenariats, les actions de mécénat, les fournisseurs... Cette catégorie comprend aussi les mesures en faveur des consommateurs (santé, sécurité, dialogue), lutte contre la corruption, etc.
Il s’agit en somme d’informer sur l’impact financier de l’entreprise et sur les relations avec les prestataires, les sous-traitants et toute organisation qui a un intérêt pour l’activité.
La catégorie environnementale
Dans cette catégorie, les moyens, les actions et les objectifs de l’entreprise liés à l’environnement sont concernés. On peut citer par exemple la gestion des déchets, l'utilisation durable des ressources, l'impact sur le changement climatique, la protection de la biodiversité…
Le bilan carbone
Le bilan carbone de l’entreprise peut être un élément intéressant à inclure dans votre rapport RSE. Si la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité sont généralement au cœur des préoccupations, les motivations associées pour passer à l'action sont multiples !
Le bilan carbone permet en effet de :
- ⭐ renforcer son image de marque : une entreprise éco-responsable qui fait son bilan carbone rassure ses consommateurs et ses clients. Les chiffres précis et détaillés et les analyses tangibles et certifiées sont utiles. Ce sont des éléments significatifs d’une démarche de développement durable à communiquer à son écosystème.
- 💪 construire un avantage concurrentiel : Le Bilan Carbone Entreprise est un outil efficace pour sortir du lot. Les clients, partenaires et investisseurs l'apprécient beaucoup.
- 💸 dépenser moins et mieux : de nombreuses initiatives de réduction des émissions de GES peuvent se traduire par une baisse des coûts de fonctionnement et une amélioration de la qualité des produits / services.
- 🔍 prendre du recul : le bilan carbone fournit le niveau d'analyse nécessaire pour apprécier l’impact de son activité et engager la réduction des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre.
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Miser sur la forme : clé d’un rapport RSE réussi
Si vous avez décidé de produire des documents de 600 pages police 12 interligne 1 sans mise en forme, gare à vous ! La forme est aujourd’hui très importante car elle contribue à la bonne digestion de l’information. Le grand public doit pouvoir lire et comprendre le rapport. Il doit être accessible pour tous.
Attention : avec l'entrée en vigueur de la directive CSRD, le format numérique (xHTML avec balisage XBRL) devient obligatoire pour les entreprises concernées. Cette exigence technique vise à faciliter la comparabilité des données et leur exploitation automatisée par les parties prenantes. Cela ne doit toutefois pas empêcher de créer également une version "grand public" attractive et engageante pour communiquer plus largement sur vos engagements RSE.
Se faire plaisir sur la mise en page

La mise en page est toute aussi importante que le contenu car elle rend les données vivantes. Vous pouvez transformer vos données chiffrées en infographies et les informations importantes sous la forme de vidéo. Vous pouvez aussi valoriser vos témoignages clients ou vos actions grâce à des photos, etc.
Les possibilités sont infinies !
L’importance du récit
Tout est affaire de storytelling ! Bien raconter son histoire pour mieux la faire connaître c’est la recette. On aime les histoires de progrès, d’amélioration et de succès. En complément de données chiffrées par exemple, cela donne du relief au reporting RSE. Vous pouvez en plus susciter des émotions en racontant un récit, ce qui marque les consciences.
Faire participer les clients et les consommateurs
Ne partez pas dans du trop compliqué et faites participer vos parties prenantes. En effet, le but du rapport RSE est d’informer en marquant les consciences. Le lecteur aime être embarqué dans l’aventure et être impliqué !
Cette approche de co-construction avec les parties prenantes est d'ailleurs l'une des tendances RSE majeures pour 2025-2026. Au-delà d'une simple consultation, il s'agit d'impliquer activement clients, employés, fournisseurs et communautés locales dans l'élaboration même des engagements et actions RSE. Cette co-création peut prendre différentes formes : consultations publiques, ateliers collaboratifs, panels citoyens ou plateformes d'échange en ligne. Les entreprises qui adoptent cette approche participative renforcent non seulement la crédibilité de leur démarche RSE, mais limitent aussi les risques de greenwashing et bénéficient d'une meilleure adhésion de leurs parties prenantes.
En 2026, cette co-construction devrait devenir la norme des projets RSE réussis, permettant d'innover collectivement face aux défis complexes du changement climatique et de la transition écologique.
Explorer les possibilités et casser les codes
Le fin mot de l’histoire est que l’originalité fait mouche. Rien ne vous empêche d’être créatif et innovant ! A vous de créer « l’effet waouh » pour marquer les esprits ! Un reporting ne doit plus simplement être le document lu par vos collaborateurs. Les consommateurs et les clients veulent aussi en savoir plus !

L’exemple RSE de WeFiit
Et si vous vous inspiriez de l'entreprise WeFiiT ? Il s'agit d'un cabinet de conseil en Product Management qui réunit plus de 100 consultants à Paris. Dans leur communication RSE, ils présentent leur démarche autour de trois piliers stratégiques : Care (prendre soin), Impact (agir positivement) et Grow (comprendre pour grandir).
Leur approche se distingue par une présentation interactive et pédagogique de leur bilan carbone, accessible directement depuis leur site web. Le témoignage de WeFiiT illustre parfaitement comment une entreprise de conseil peut s'engager concrètement dans la transition bas-carbone, avec transparence et authenticité.
Le cabinet a impliqué 5 personnes dans la collecte de données, réalisée en seulement quelques semaines, démontrant qu'avec les bons outils et un accompagnement adapté, la démarche peut être accessible même pour les PME du secteur tertiaire.
Un rapport RSE inspirant en somme, qui intègre les 3 piliers du développement durable. Un pas de plus vers une démarche plus respectueuse de la planète !
FAQ : l'essentiel du rapport RSE
Le rapport RSE est un document annuel où une entreprise communique ses actions et résultats en matière de responsabilité sociale, environnementale et sociétale. Depuis 2024, il évolue vers le "rapport de durabilité" imposé par la directive CSRD, avec des normes européennes harmonisées.
Depuis 2024, le rapport de durabilité est obligatoire pour les grandes entreprises d'intérêt public de plus de 500 salariés dépassant certains seuils financiers. Suite à l'adoption de la directive Omnibus en décembre 2025, les seuils ont été relevés à 1000 salariés et 450M€ de chiffre d'affaires, réduisant drastiquement le nombre d'entreprises concernées. Les PME cotées sont désormais exemptées.
La DPEF a été remplacée en 2024 par le rapport de durabilité CSRD. Ce dernier est plus exigeant : normes ESRS obligatoires, double matérialité, format numérique (xHTML), certification externe systématique. Initialement prévu pour 50 000 entreprises, le périmètre a été réduit à environ 10 000 entreprises suite à l'adoption de la directive Omnibus en décembre 2025.
Un rapport RSE comprend trois grandes catégories : sociale (conditions de travail, formation, égalité), sociétale (impact économique local, relations avec les parties prenantes) et environnementale (émissions GES, gestion des déchets, biodiversité). Le bilan carbone est un élément central du volet environnemental.
Même facultatif, le rapport RSE améliore votre image de marque, renforce la confiance des investisseurs et des consommateurs (68% consommeraient davantage d'une entreprise engagée selon une étude CCI 2024), et motive vos collaborateurs. C'est un avantage compétitif croissant, d'autant que 88% des professionnels considèrent la RSE comme un moteur de performance marketing (Baromètre 2025).
Misez sur une mise en page attractive avec infographies, vidéos et photos. Racontez votre histoire (storytelling), impliquez vos parties prenantes et soyez créatif. Le format doit être accessible et engageant, pas simplement un document administratif dense.







