Rencontres photo d’Arles : cinq expos pour saisir l’état du monde.

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màj en novembre 2023

Photo à la Une : © Garush Melkonyan. Image extraite de la vidéo Cosmovisión, 2023.

Chaque été depuis 1970, les Rencontres de la Photographie d’Arles fédèrent des dizaines de milliers de visiteurs. Pour cette 54ème édition sous le thème « État de conscience », on vous a sélectionné les 5 expositions les plus écolo-conscientes. 

L’Atlas des Régions Naturelles : le monde en gris

Graçay, Champagne berrichonne, de Eric Tabuchi et Nelly Monnier, 2023 – Atlas des Régions Naturelles

Vous voulez voir des exemples de bâtiments en verre construits entre 1946 et 1975 ? Un aperçu des fermes françaises en plein cœur de l’été ? Des vues de garrigues datant de l’année 2020 ? L’apparence des discothèques installées en milieu rural ? L’Atlas des Régions Naturelles est votre ami. Cette aventure photographique, menée depuis 2017 par le photographe français Eric Tabuchi et la plasticienne Nelly Monnier, compile désormais près de 20 000 images issues de 450 régions naturelles composant le territoire français. L’objectif : capturer de manière égale les différents types de bâtiments (fermes, HLM, complexes agroalimentaires, stations-service…) installés dans ces régions. Au-delà des curiosités architecturales, leur exposition, appelée Soleil Gris, marque aussi par l’omniprésence de ses ciels gris et l’absence complète de présence humaine. De quoi interroger notre désir de soleil à l’heure du réchauffement climatique, tout en plongeant celles et ceux qui regardent ces clichés dans l'ambiance d'un monde post-catastrophe. 

Ici Près [Here Near] : le monde abîmé

Vent. Carte de la direction de la pollution, série La chasse de la Tarasque, France, 2022-2023, de Mathieu Asselin.

Quel est le point commun entre le photographe franco-vénézuélien Mathieu Asselin, la photographe néerlandaise Tanja Engelberts et l'artiste néerlando-taïwanais Sheng-Wen Lo ? En 2022, tous trois sont en résidence artistique à Arles, et tous trois décident de documenter les nuisances écologiques qui menacent la ville et ses alentours. Le premier documente les pollutions générées par une usine de papier appartenant à un groupe indonésien ; la seconde s’intéresse aux infrastructures hydroélectriques et chimiques installées en bordure du Rhône ; le troisième rend hommage aux animaux accidentés de la circulation routière. Autant de manières de documenter l’impact des humains sur leur environnement. 

Les enfants du fleuve : le monde invisible

Mister Harold, série Les enfants du fleuve, Massignieu-de-Rives, 2022, de Yohanne Lamoulère.

Nous sommes en 2020, année covid : la photographe marseillaise Yohanne Lamoulère décide de remonter le Rhône – fleuve largement pollué – sur pas moins de 250 kilomètres, de la mer Méditerranée jusqu’au lac Léman. Comment ? Sur « Anita », une embarcation singulière faite de matériaux de récupération, au bord de laquelle elle documente la vie des habitants du fleuve. Réalisé littéralement à contre-courant (du sud au nord), le projet photographique se compose d’une galerie de portraits de figures atypiques trop souvent invisibles. 

Cosmovisión : le monde futur

Image extraite de la vidéo Cosmovisión, 2023, de Garush Melkonyan.

Connaissez vous les capsules temporelles ? Ces objets scellés pour un certain nombre d’années (voire de décennies, ou même de siècles) visent à traverser le temps pour communiquer avec nos descendants. En 1977, la Nasa s’était fendue – avec une certaine classe – de sa propre capsule temporelle en envoyant deux disques d’or à bord des stations spatiales Voyager. Sur ces disques, une compilation de photos, bruits et paroles venues de la Terre, destinée à être lue – pourquoi pas — par des civilisations extra-terrestres. Inspiré par cette histoire, l’artiste franco-arménien Garush Melkonyan a ainsi décidé de lui imaginer une suite, dans un film intitulé Cosmovisión. Présenté à Arles, son œuvre présente le débarquement, dans un futur proche, de vies extraterrestres guidées par les indications trouvées sur les disques d’or...

Fumée, racine, semence : le monde planté

Œil, de Isadora Romero, série Puis nous apprivoisons le feu, Teotitlán del Valle, Oaxaca, Mexique, 2022.  (cette pierre cérémonielle était probablement utilisée pour broyer le maïs par les premières populations présentes sur le territoire de Teotitlán del Valle)

On ne connaît désormais que trop bien les chiffres désolants de la disparition des espèces animales. En revanche, on connaît moins ceux de la disparition des variétés végétales : 75 % en 20 ans. Descendante de gardiens de semences et fille d’une famille ayant agi pour préserver les semences de pomme de terre, la photographe documentaire équatorienne Isadora Romero retrace l’histoire de cette extinction, les inégalités qui y sont liées, mais aussi des actions de défense des semences par les populations locales en Amérique latine. Une leçon de sauvegarde de notre patrimoine naturel commun.

Millie Servant
Millie est journaliste et rédactrice en chef. Elle défend un journalisme écolo, joyeux, sans anxiété ni techno-solutionisme.
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