Ces romans à (re)lire cet été pour rêver d’écologie

Juliette Mantelet
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Lecture 5 min
Augustine Dabout Agreenculture carbo

Envie de vous évader cet été, de partir vers d’autres mondes, tout en réfléchissant un peu au nôtre ? Bonne nouvelle : voici une sélection de romans écolos dans lesquels plonger pour repenser la relation que nous entretenons avec notre environnement. Avec plus ou moins de profondeur, teinté d’humour ou d'accents fantastiques, il y en a pour tous les goûts. De quoi revenir en septembre avec le teint hâlé et un nouveau regard sur le monde !

Dans la forêt : un roman d’apprentissage apocalyptique

Dans la forêt (Éditions Gallmeister) est un roman d’apprentissage paru aux États-Unis en 1996 et qui, malgré une histoire plutôt sombre, donne espoir. Son autrice, Jean Hegland plonge le lecteur dans un monde post-apocalyptique dans lequel la civilisation telle que nous la connaissons s’effondre. Plus d’essence ni de transports, des pénuries alimentaires, des pannes d’électricité… cette réalité fait étrangement écho à la nôtre en 2022. Et une question qui parcourt le récit : de quoi sommes-nous capables si l'on nous prive de tout confort ? S’ouvre un huis-clos en pleine forêt, captivant et poétique, où l’on suit Nell et Eva, deux sœurs abandonnées à des kilomètres du reste de la civilisation, obligées de trouver de quoi se nourrir et se soigner dans les richesses de la forêt.

Ce retour forcé à l’essentiel, dans lequel tout est à réapprendre pour survivre dans cette forêt refuge, donne espoir. L’espoir que l’on peut éviter l’effondrement annoncé, grâce au dépouillement, en quittant nos villes surpeuplées, nos téléphones, nos ordinateurs, et en nous reconnectant avec autrui, avec la nature et tout ce qu’elle a à nous offrir. Un roman en forme d’ode à la résilience, et un guide de survie qui pourrait s’avérer un jour bien utile…

La fonte des glaces : l’humour pour parler d’écologie

Pour se refroidir un peu pendant cet été 2022 qui s’annonce anormalement chaud, quoi de mieux que de plonger dans l’univers blanc immaculé des manchots empereurs ? C’est cette balade que nous offre le roman de Joël Baqué, sélectionné pour la première édition du Prix du roman d’Écologie en 2018. Joël Baqué, lui, a choisi l’humour pour parler de la fonte des glaces. Et ça marche ! 

La fonte des glaces (Éditions P.O.L.), c'est l’histoire d’un déclic, celui de Louis, charcutier à la retraite, jusqu’à alors passionné de rillettes et fana de sa trancheuse à jambon trois vitesses, qui va tomber amoureux d’un Manchot empereur empaillé, et qui, par ce coup de foudre, va se retrouver - après moult péripéties loufoques - militant de la lutte contre le dérèglement climatique. De Toulon à l’Antarctique, du jambon à l’action, des manchots aux chasseurs d’iceberg, on s’attache à Louis et ses compagnons plumés, et on sourit devant cette critique virulente, et pas aussi délirante qu’elle n’en a l’air, de la mollesse de notre société qui nous met un bon coup de pied aux fesses. Greenwashing, emballement médiatique et folie des réseaux sociaux, exploitation de la nature sans limite, course au profit, tout y passe ! “L’aveuglement et l’injustice humaine sont sans limites : des croquettes élaborées par des nutritionnistes pour le chien, la fonte des glaces pour le Manchot empereur !”.

Le chant de la Tamassee : le polar écologiste

Comme son nom l'indique, Le chant de la Tamassee (Éditions Seuil), du romancier américain Ron Rash, parle de la puissance de la Tamassee, rivière de Caroline du Sud. Une rivière qui prend et ne rend pas. Dans un petit village de Caroline du Sud, Ruth, une petite fille de 12 ans, vient de mourir noyée, emportée par les flots tumultueux de la Tamassee lors d’un pique-nique en famille. Ron Rash raconte à travers le regard de Maggie, photographe locale, le combat qui commence alors entre les militants écologiques, la famille de touristes meurtrie, et les élus de la ville. Et au-delà, cet éternel combat entre les intérêts de l’humain, toujours plus destructeurs, et ceux de son environnement. Pour récupérer le corps de la fillette, il faudrait installer un barrage amovible et perturber son cours naturel en le détournant. Et ainsi porter atteinte à cette rivière protégée par une loi fédérale, dernier cours d’eau libre de l’État… Les militants écologistes luttent, aussi, pour éviter que cette exception d’un temps à la protection du cours d’eau ne devienne alors la règle et la rivière, la proie des promoteurs. Ron Rash ne tranche jamais d’un côté ou de l’autre, il nous laisse nous forger notre propre avis, plonger dans l’âme humaine, et nous demander sans cesse ce que l’on ferait, nous, si le corps de notre fille reposait au fond d’une rivière. La rivière devient le personnage central de ce roman poétique, et Le chant de la Tamassee un hymne puissant à la nature et sa protection. “C’est agréable de savoir qu’il existe dans le monde quelque chose qui n’est pas dénaturé. Quelque chose qu’on ne peut ni acheter ni couper en morceaux pour que quelqu’un en tire de l’argent.”

Blackwater : la saga fantastique

Pour les amateurs·trices de fantastique, impossible de passer à côté de la saga littéraire de l’année, Blackwater (Éditions Monsieur Toussaint Louverture), écrite par le maître de la science-fiction, Michaël McDowell, scénariste du film Beetlejuice ! Cette saga fut publiée originellement en 1983 et vient de sortir en France pour la première fois dans une superbe collection aux couvertures dorées et gaufrées. Dans Blackwater, la nature s’anime, prend vie, réclame ce qui lui est dû face aux attaques de l’Homme. Le premier tome s’ouvre sur une catastrophe naturelle comme nous risquons d’en vivre de plus en plus : la crue gigantesque de deux rivières, la Perdido et la Blackwater, qui a mis la petite ville de Perdido en Alabama et ses scieries à l’arrêt, sous des mètres d’eau boueuse. Et ceux qui s’en sortent le mieux, ce sont bien sûr les plus riches du village, qui ont l’argent pour reconstruire usines et maisons. Apparaît alors mystérieusement, au milieu de cette débâcle aquatique, Elinor Dammert, une jeune femme aux cheveux couleur des flots de la Perdido. Elle devient vite le personnage central, qui semble se nourrir des forces de la rivière, et qui la défend bec et ongle face à des projets de digues pharaoniques. Ça nous rappelle La Forme de l’eau de Guillermo del Toro, ça parle de ségrégation, de féminisme, et c’est absolument addictif !

De quoi remplir efficacement sa valise estivale en privilégiant, cela va sans dire, les librairies indépendantes ! 

Juliette Mantelet
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