Huit fictions positives (et cools) sur l’environnement

Adrien
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Augustine Dabout Agreenculture carbo

Il est parfois difficile d’envisager le futur en dehors des dystopies technologiques qui irriguent nos séries, films et livres... Mais certains courants artistiques prennent volontairement le contre-pied en proposant des mondes alternatifs plus verts et plus lumineux. Le mouvement Solarpunk en fait partie : tour d’horizon en 8 œuvres de fiction.

Les utopies existent depuis près de cinq siècles, et pourtant les œuvres de science fiction les plus visibles, celles qui imprègnent nos esprits et notre quotidien, se montrent bien pessimistes…, à l’image du Cyberpunk qui propose une vision noire, lugubre et tourmentée de l’avenir. Contre cette omniprésence de récits dystopiques, un genre optimiste, écolo et engagé a émergé au début des années 70 sous l’impulsion d’Ursula K. Le Guin, autrice américaine de science-fiction et de fantasy qui fut aussi prolifique qu’engagée.

Le nom de ce courant, le Solarpunk, apparaît assez tardivement, dans les années 2000. Plus qu’un genre littéraire, c'est désormais une dynamique globale à la croisée de la fiction spéculative, de l’art, de la mode et de l’activisme. Son esthétique et ses valeurs sont palpables dans une foultitude d’objets et de secteurs, depuis la bande dessinée et l'illustration à l'architecture et l'urbanisme, en passant évidemment par l'industrie cinématographique. La symbiose qui émane de ses univers est totale et transversale, à l’image des courants Arts & Craft et de l’Art Nouveau de la fin du XIXème, souvent considérés comme les principales sources d’inspiration esthétique du Solarpunk. Vous vous demandiez pourquoi vous aimez les œuvres de Miyazaki et du studio Ghibli n’est-ce pas ?

Dans solarpunk, il y a solar.

Les œuvres Solar Punk proposent des univers harmonieux et utopistes empreints de valeurs écologiques. La nature y est souvent majestueuse et omniprésente, et en symbiose totale avec l’humanité.

À tendance mystique et souvent porté sur les cultures animistes, l’univers des œuvres puise son inspiration dans divers foyers philosophiques, piochés aux quatre coins du globe, allant du taoïsme aux pratiques ancestrales amérindiennes, en passant par la mythologie scandinave, la psychanalyse ou encore l’hindouisme.

Dans solarpunk, il y a punk.

Utopiste et optimiste... oui. Naïf et simpliste... non ! ****

Le mouvement ne s’appelle pas “Punk” pour rien et s’inscrit dans une dynamique contestataire évidente. Comme toute œuvre de science fiction qui se respecte, le cadre idyllique initial de chaque histoire sera perturbé par une menace, facilement assimilable à des références contemporaines. L’aspect critique de ses œuvres ne s’arrête pas à la philosophie environnementaliste, mais s'attaque aux injustices sociales, aux disparités culturelles et économiques et va jusqu’à s'immiscer dans les questions de genre. La notion de lutte est donc toujours présente, mais toujours en faveur de valeurs positives : l’inclusion, le partage et le respect de la nature.

Les détracteurs du courant Solar Punk lui reprocheront son côté kitch, voire fleur bleue, probablement à cause de ses univers très fantaisistes. C’est pourtant mal comprendre la démarche de ce mouvement, dont le but n’a jamais été de prétendre à un certain réalisme, ni de proposer des solutions concrètes et pragmatiques aux problèmes contemporains. La vocation du Solar Punk est avant de stimuler un imaginaire tout en donnant un cap et un cadre à notre progressisme.

La technologie y est “low tech”, voire spirituelle, prenant la forme d’une source d'énergie vitale, quasi divine, capable de générer de la matière (le mana ? la Forêt d’Avatar ? ça vous parle ?). Le Solar Punk entre donc clairement en résonance avec notre époque, et ça n’est pas pour rien qu’il a le vent en poupe. Il reste une source d'inspiration infinie, teintée de sagesse et de justesse sans être, paradoxalement, si utopique que cela... Regardez autour de vous, un grand nombre d’initiatives s’aligne déjà sur cette dynamique : permaculture, DIY, autosuffisance, éco-villages, réensauvagement, fablabs... Retour sur huit œuvres qui ont marqué le courant et les esprits.

Nausicaä de la Vallée du Vent - 1984 (film d’animation japonais)

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Dans un monde futuriste et post-apocalyptique, la nature a repris ses droits depuis plus de mille ans. Les humains sont au bord de l’extinction après s’être auto-éradiqués par la pollution et la course au progrès. La biosphère, elle, a évolué et s’est renforcée. Une forêt gigantesque et mouvante, protégée par des insectes géants (les Ômus), dégage des spores mortels pour les êtres humains.

Fidèles à eux-mêmes, les humains survivants se font la guerre, et entreprennent d’éradiquer la forêt et les Ômus. Mais c’est sans compter sur La Vallée du Vent, un village paisible et immunisé des spores, et Nausicaa, fille du roi Jill, qui chercheront à rétablir un climat de paix entre les humains et entre les humains et la nature...

Black Panther - 2018 (film américain)

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Vous connaissez le topo non ? En version très courte : Wakanda est une ville futuriste aussi verte et isolée qu’avancée sur le plan des technologies -notamment grâce à l’exploitation du vibranium, un métal conférant des pouvoirs immenses. Elle connaît des secousses politiques et des guerres internes qui menacent son propre équilibre ainsi que l’ordre mondial. T’Challa, le prince héritier, se doit d’assumer son rôle de souverain attendu et celui de super-héros.

Si cette œuvre s’inscrit dans le courant connexe de l’afro-futurisme, son esthétique et la place donnée à l’environnement et aux inégalités sociales permettent d’y voir une œuvre de Solarpunk. En particulier la présence de « l'herbe-cœur », qui augmente les capacités physiques de celui qui l’ingère.

Walkaway, Cory Doctor - 2019 (roman de science-fiction canadien)

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Au milieu d’un 21ème siècle marqué par la surveillance, les inégalités, la pollution et le changement climatique, Hubert, Seth et Natalie décident de rejoindre les Walkaway, une communauté alternative qui s’est lancée dans une migration territoriale, sociale et technologique, s’efforçant d’élaborer les bases d’un monde meilleur.

C’est l’histoire d’une utopie qui fonctionne : celle de groupes d’individus qui utilisent la technologie pour s’auto-organiser et vivre en autarcie, en “pillant” les ressources abandonnées par les conglomérats et en générant et imprimant en 3D ce dont ils ont besoin. Walaway n’est pas uniquement un roman, c’est une chronique d’un avenir possible. Cory Doctorow, journaliste et auteur, spécialisé dans les cultures makers et les révolutions industrielles dépeint, dans ces 380 pages, une épopée communautaire et sociétale, qui sera soutenue, entre autre, par Edward Snowden et William Gibson.

Avatar - 2009 (film de science-fiction américain)

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L’histoire d’Avatar est celle de la confrontation entre deux mondes : d’un côté les Na’vis, peuple à la croisée des cultures amérindiennes et des elfes, vivant en osmose parfaite avec l’esprit de la forêt - de l’autre côté les Humains, très proches de ce que nous sommes aujourd’hui.

Le monde des Na’vis se voit menacé par celui des Humains qui, sans surprise, continuent leur expansion territoriale en colonisant Pandora, la terre originelle des Na’vis . L’ordre du monde bascule lorsque Jake (Humain) rencontre Neytiri (Na’vis).

S’il son environnement pro-technologie rend difficile l’assimilation d’Avatar au courant Solar Punk, le film s’en rapproche néanmoins par sa défense de valeurs écologiques et d’une forme de sagesse environnementaliste.

Hilda - 2018 (série canado-britannique)

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On fait difficilement un synopsis plus simple : la petite Hilda, enjouée et insouciante, quitte sa forêt enchantée où elle vit avec son renard-cerf pour vivre des aventures à la ville, qu’elle approche avec réticence. Là-bas, elle cherche à maintenir sa communion avec la nature, rencontre de nouveaux amis et continue de fréquenter de mystérieuses créatures (troll de pierre, elfe, bonhomme de bois, esprit…). Inspirée des villages et de la mythologie scandinaves, cette ode à la curiosité et à la sagesse, et une réflexion fouillée sur l’opposition entre monde rural et monde urbain. Fait intéressant : les péripéties d’Hilda ne se déroulent pas dans un monde post-apocalyptique, chose rare lorsque l’on parle de Solar Punk.

Les dépossédés, Ursula K Le Guin - 1974 (roman américain)

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Deux planètes jumelles sont habitées par un même peuple, les Cétiens. L’une d’entre elle, Urras, est une terre d’abondance, de plaisir, de capitalisme. L’autre, Anarres, est marquée par le manque de ressources et une gérance communiste-libertaire.

Alors que chaque planète évolue donc dans sa propre bulle et dans son propre système, l’ouvrage retrace les péripéties de Shevek, un physicien renommé venu d’Anarres et invité à se rendre sur Urras afin de créer des passerelles et de (ré)ouvrir le dialogue entre ces deux planètes, habitée par le même peuple.

Œuvre phare de l’auteure américaine Ursula K Le Guin, Les dépossédés est considéré comme la bible de la culture Solar Punk. L’auteure qualifie elle-même son roman d’”utopie ambigüe”, puisqu’il questionne les conditions d’une société vraiment parfaite, entre monde riche et inégalitaire, et univers pauvre et communautaire. “... Si c'est vers le futur que vous vous tournez, alors je vous dis qu'il faut aller vers lui les mains vides. Vous devez y aller seul, et nu, comme l'enfant qui vient au monde, qui entre dans son propre futur, sans aucun passé, sans rien posséder, dont la vie dépend entièrement des autres gens” peut-on notamment lire dans le roman.

Les Cités végétales, Luc Schuiten - 2010 (dessins et architecture belge)

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L’architecte Luc Schuiten est souvent assimilé au mouvement Solar Punk. Et pour cause : il est de ces créateurs visionnaires adulés par les adeptes de “design fiction” qui stimulent avant tout l’imaginaire par son recours au bio-mimétisme. À travers son travail de dessin de bandes dessinées et de vues architecturales, il défend l’idée de villes futuristes “respirantes”, mieux connectées avec l’extérieur, le climat et le soleil.

À travers son travail, il prône une végétalisation harmonieuse au sein de la ville depuis les années 70’s une approche qui fait échos dans les sphères de l’urbanisme mais également dans les secteurs de l’illustration et de la BD. Sa vision et son travail prend également forme dans les espaces urbains publics et partagés, plus que dans la réalisation d’édifices monumentaux.

Les Contes de Terremer - 2006 (film d’animation japonais)

Carbo media Les Contes de Terremer

À Terremer, monde imaginaire composé d’un archipel d'îles et d'eau, et habité par des humains et des dragons, le jeune Arren, prince du royaume d'Enlad, fuit son royaume après avoir assassiné son propre père. Il fait la rencontre du grand magicien Epervier, puis de Therru, une mystérieuse jeune fille, avec qui il s’efforcera de rétablir l'équilibre du monde, rompu par une sorcière maléfique.

Les Contes de Terremer, réalisé par le studio Ghibli, est une trilogie qui s’appuie sur les récits du même nom écrits par Ursula K Le Guin. Le traitement des paysages et l’omniprésence de la nature et du mystique en font une œuvre fréquemment rattachée au courant Solar Punk.

Adrien
Adrien est journaliste, photographe et entrepreneur. Un touche-à-tout adepte des transitons et mutations en tout genre.
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