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màj novembre 2021

Fast Fashion : peut-on s’en passer aujourd'hui ?

Margaux Achite-Henni
Sommaire

Le textile est la deuxième industrie la plus polluante du monde, après le pétrole. La Fast Fashion séduit les consommateurs par ses petits prix. La Fast Fashion se caractérise par une production de collections en masse, rapide et régulière. Pour rentabiliser le plus possible, les marques réduisent leurs stocks, leurs coûts de production et utilisent des matières de basses qualités. Par conséquent, nous allons voir dans cet article, pourquoi l’industrie textile a un impact néfaste sur  l’environnement et quelles sont les solutions apportées. 

La Fast Fashion, en France et dans le monde

Apparition de la Fast Fashion

Tout d'abord, la Fast Fashion est apparue aux débuts des années 1980, avec des enseignes comme Zara, H&M ou Topshop. En France, vers les années 1990. Les gens cherchaient à orienter leurs achats en fonction de la mode. La mode devait être accessible à tous en termes de prix, rapidement. De plus, l’évolution des technologies a permis aux marques de s’adapter à cette demande.

Quelques chiffres

100 milliards de vêtements sont consommés par an. Cela équivaut à 17 tee-shirts par personnes par an. 

🖐 La production de la fibre d’un tee-shirt émet 250 g de CO2 en moyenne, sa transformation consomme 8 kWh d’énergie en moyenne et son utilisation engendre en moyenne 62,4 litres d’eau et 1,5 kWh d’énergie. Sans compter les moyens de transports qui alourdissent cet impact sur le monde.

En France, il y a 9,2 kg d’achat de textile et de chaussures par individu, par an. Un tiers de ces achats sera recyclé.

Le fonctionnement de la Fast Fashion

En ce qui concerne le fonctionnement de cette industrie, les produits s’inspirent des défilés de mode et des tendances sur les réseaux sociaux. 

Ensuite, il y a la modélisation, la sélection des matériaux, leur fabrication, leur approvisionnement dans différents pays et leur vente à petit prix.

Des marques de Fast Fashion, comme H&M et Zara, peuvent mettre en place ces actions en moins de sept jours. Le chiffre d’affaires d’H&M s’élève à 25 milliards de dollars. La majorité de la sous traitance d'H&M se situe dans des pays à l'étranger.

L’ultra Fast Fashion

L’ultra Fast Fashion est en vogue en France et dans le monde. Ses acteurs sont de nouvelles marques, qui pratiquent la vente en ligne comme Boohoo, Shein ou Asos. Nous sommes très loin de la slow fashion et de la seconde main, les collections s'accélèrent et sont massives. Le digital permet de toucher une cible plus large, notamment les jeunes, dans plusieurs pays. L’ultra Fast Fashion vient faire concurrence aux marques comme Zara ou H&M.

Les conséquences de la Fast Fashion pour notre planète

La conséquence de la Fast Fashion sur la pollution des eaux 

Tout d’abord, nous pouvons remarquer que la Fast Fashion pollue les eaux. 

La matière synthétique la plus produite par l’industrie de la mode est le polyester. 70%  de la production de matière première issue du pétrole provient du polyester. Pourtant,  il s’agit d’une ressource fossile limitée. Ainsi, elle entraîne 31% de la pollution plastique  dans les océans. 

De plus, les microfibres plastiques perdues lors du lavage des vêtements, s'évacuent par les égouts et se jettent dans les océans. Cela équivaut à 500 000 tonnes  par an de microparticules de plastiques relâchées dans les eaux

Avoir un textile coloré a un prix éthique. Une partie de la teinture de nos vêtements se rejette dans nos eaux, lors du rinçage. Elle contient du formaldéhyde, des  phtalates ou des métaux lourds, qui sont des substances nocives pour  l’environnement. 

Une forte consommation d’eau due à la Fast Fashion

Pour concevoir leurs produits, les marques consomment 4% d’eau potable  disponible dans le monde. Le textile est donc la troisième industrie la plus  consommatrice d’eau dans le monde. 

🖐 Il faut notamment 7000 litres d’eau pour fabriquer une paire de jeans, soit la  consommation d’eau d’une personne occidentale pendant 5 ans. Sachant que 2  milliards de jeans sont conçus chaque année. 

La culture du coton, qui a besoin de pesticides et d'eau, peut en être la cause. Par  conséquent, les sols en deviennent de plus en plus dépendants. 

À savoir que la production d’un T-shirt est l’équivalent de 70 douches.

Même après l’achat, un produit de Fast Fashion continue de polluer. En effet, son  entretien équivaut à 12% de la consommation d’eau d’un vêtement en moyenne. 

La Fast Fashion émet des gaz à effets de serre 

L’industrie du textile émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an. 

Le travail de production massif des fibres synthétiques comme le polyester, nécessite  l’extraction de pétrole. Cette extraction contribue au réchauffement climatique et émet  trop de CO2. 

Les transports des vêtements sont également générateurs de gaz à effet de serre. Les  marques produisent dans des pays où le travail est moins bien rémunéré, comme au Bangladesh et  au Pakistan. Donc le transport des produits s'effectue sur de longues distances.  Comme il se doit d'être rapide, l’avion est le moyen le plus utilisé (et le plus polluant). 

Par exemple, un jean fait 1,5 fois le tour de la terre, entre son champ de coton et son  magasin de vente. 

La mode touche aussi la biodiversité

La Fast Fashion n'épargne pas nos amis les animaux.

La culture du coton consomme des pesticides ce qui est néfaste pour la biodiversité

Pour transformer les matières premières en tissus, diverses substances sont utilisées,  telles que la cire, la graisse, l’huile et la colle. Lorsque le tissu se lave pour enlever  ces substances, elles vont être rejetées dans les eaux. Elles ne sont pas  biodégradables. Les petits organismes peuvent confondre ces particules en plastique  avec de la nourriture. 

Ensuite, pour blanchir nos jeans préférés, les entreprises utilisent de l’eau javel. Du chlore se libère dans les sols, l’eau et l’air. Les animaux et les plantes vont alors le consommer, il peut finir dans nos assiettes.

Un impact sur l’environnement après la production du vêtement 

Enfin, la mode nous pousse à faire plus d’achats que nécessaire. 

Voici quelques chiffres pour mesurer notre rôle et notre impact sur l’environnement : 

Les vêtements provenant de Fast Fashion sont en moyenne portés 4 fois. 60% des consommateurs déclarent ne plus aimer leurs vêtements après ces 4  fois. Nous ne portons que 30 % des vêtements que nous possédons. Dans les pays d'Europe, 4 millions de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés par an. Seulement 20% sont recyclés.

🖐 La Chine produit 26 millions de tonnes de déchets vestimentaires par an.

Les marques aussi font du gaspillage vestimentaire, en incinérant leurs produits  invendus pour ne pas à avoir à payer leur stockage. Les tissus s'empilent aussi dans des décharges géantes, la plupart finissent leurs vies dans la mer. 

🖐 200 millions de tonnes de déchets textiles sont jetés dans les océans par la Chine chaque année.

Les solutions pour les entreprises et les particuliers

Guide pour les marques contre la Fast Fashion

Pour que les entreprises soient plus responsables face à l’environnement, il existe différentes solutions. Il s’agit du phénomène de la Slow Fashion.

Elles peuvent réduire la distance entre les lieux de fabrication et les lieux de vente (consommation en France), pour minimiser l’impact des transports entre les pays.

Concernant la production des produits, il est possible d’utiliser le travail des matières et des fibres recyclables, naturelles, locales, qui consomment peu de ressources, pour fabriquer les vêtements.

Pour augmenter la qualité, donc le fait que le vêtement sera durable, les prix augmentent souvent. Dans l'objectif qu’ils restent abordables, il faut réduire les stocks, la production et les intermédiaires dans le processus. Pas besoin de 6 collections par saison pour être à la mode.

Faire un bilan carbone de son entreprise, comme le propose Carbo, permet de situer les améliorations à mettre en place, pour réduire son impact négatif sur l’environnement.

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Passez la seconde pour être éthique et à la mode

Pour être un consommateur responsable nous pouvons se poser certaines questions. Avant d’effectuer l'achat d'un vêtement, vérifions la manière dont il est conçu (mode éthique), notre besoin, s'il est local, s’il sera durable dans le temps en termes de qualité et de goûts.

D’autre part, les vêtements de seconde main sont généralement moins chers et de meilleure qualité. En plus, le vintage est à la mode ! Dépôts, friperies, plateformes de vente en ligne de seconde main (comme Vinted, ou Vestiaire Collective), vous trouverez forcément votre bonheur, en contribuant à celui de la planète.

Avant de se jeter un vêtement, vous pouvez lui donner une seconde vie, en le transformant par un travail de couture. Cela s’appelle l’upcycling. Il est préférable de donner les vêtements que nous ne voulons plus à nos proches, à des associations ou bien de les vendre, pour éviter le gaspillage.

🖐 Pour finir sur une note positive, en France 40% des consommateurs désirent réduire leur quantité d’achat de vêtements dans un but éthique. 


Vous voulez changer votre mode de consommation de vêtements et être  plus éthique ? Carbo vous propose une application citoyenne qui vous permet de connaître votre impact carbone.

Margaux Achite-Henni
Content Manager chez Carbo
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