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mis à jour en août 2021

Développement durable : une définition simple et accessible au plus grand nombre

Jade Goumard
Sommaire

L’idée nous est tous familière : trouver un type de développement qui ne compromette ni la capacité des générations futures, ni l'environnement. Oui, le développement durable, on en entend souvent parler dans l’actualité, parfois même dans notre quotidien. Mais qu’est-ce que c’est concrètement ? Quelle est sa définition exacte ? Parce qu’il n’est pas toujours facile de répondre à cette question, Carbo vous propose de revenir sur la notion de développement durable avec une définition simple, que vous pourrez expliquer à votre grand-mère, à votre enfant de 3 ans ou à toute votre équipe !

50 secondes pour mieux comprendre le développement durable avec une définition simple.

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987)

En quoi consiste le développement durable ?

Qu’est-ce que ça veut dire durable ? Une définition simple du développement durable

Pourquoi parler de développement « durable » et non pas « soutenable » ? Parce qu’on est Français. Et c’est bien connu, les Français ont une forte tête 😬. Le terme peu attrayant de « durable » est une mauvaise traduction du « sustainable development » évoqué dans le rapport Brundtland. Le problème avec cette traduction est qu’elle vient occulter le double-sens du mot anglais.

  • D’une part, il évoque l’idée de temps : il faut conserver l’habitabilité de la Terre au cours des générations à venir ;
  • D’autre part, la question sociale et le souci d’équité sont induits dans le terme anglais et absents du terme français.

Une question de sens : un développement "durable" ou "soutenable" ?

Dire que le développement est « soutenable » paraît donc plus efficient, car cela sous-entend à la fois une idée de durée mais aussi – et surtout – une idée de justice.

Qu’elle soit entre générations présentes et futures, au sein des générations présentes ou entre les nations, l’équité sociale est pourtant centrale. Mais on peut compter sur l’optimisme des Français pour faire remonter la sémantique du mot au sens initialement conçu.

Développement durable : ne pas compromettre les générations futures

Malgré leurs efforts, les us et coutumes langagiers font que la dimension environnementale prédomine lorsque l’on parle de « développement durable ». Or, la notion de justice est essentielle pour comprendre pleinement ce concept.

Développement durable : une définition simple

Le développement durable est un processus qui concilie progrès social et économique, et protection de l’environnement, dans le but de ne pas compromettre les capacités des générations futures. En une phrase on y retrouve l’idée de durabilité et celle de justice sociale.

Une définition simple qui évolue pour intégrer de nouveaux aspects

Depuis sa conception dans les années 80, la pratique et les tentatives d’application ont permis de faire évoluer la notion. Ce qui est valable chez vous, ne l’est peut-être pas dans la ville voisine. La question des territoires est donc devenue importante : il faut des mesures adaptées aux contraintes locales. Il y a donc une extension de la définition à la question des territoires dont les besoins sont propres. Votre ville peut être bien pourvue en espaces verts, mais le réseau de transports laisse à désirer. Il faut donc appliquer des mesures durables en considérant ces particularités. 

Quand est apparu le développement durable ? Et quelle définition lui est donnée ?

Le tournant 72’ : un développement insoutenable

Un catastrophisme environnemental marque la fin des années 60. Face au développement toujours plus pollueur, accompagné d’une forte croissance démographique, les craintes émergent. En mars 1972 se réunissent des experts de tous bords : scientifiques, économistes, politiciens, démographes ou encore industriels. Ensemble, ils forment le Club de Rome et réfléchissent sur le long terme : quels seront les dangers futurs ? Le rapport Meadows qu’ils rédigent, ou The Limits of Growth, établit l’urgence de la situation. Il faut un ralentissement de la croissance et une modification de notre gestion des ressources naturelles.

📈 L’augmentation fulgurante de la population, qui atteint presque les 8 milliards en 2020, passerait la barre des 10 à l’horizon 2100. 

Stockholm, du 5 au 16 juin 1972. La première Conférence des Nations-Unies sur l’environnement ou plus joliment appelé le Sommet de la Terre, a lieu. C’est une première prise de conscience mondiale. L’humain n’est pas une « créature » neutre, car ses activités se révèlent nocives pour la planète. Durant ce Sommet, tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut modifier le modèle actuel. Dorénavant, le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) se charge de guider les politiques environnementales des pays. Il a le « lead » international sur ce sujet. 

Un deuxième rapport

Le deuxième rapport du Club de Rome, paru en 1974, pointe la nécessité d’un développement “organique”, à visage plus humain. De même, l’organisation évoque aussi un principe des responsabilités communes mais différenciées : les pays en voie de développement ont une part de responsabilité plus faible dans le réchauffement climatique. Les pays développés, ceux du Nord, doivent fournir les efforts nécessaires. 

Un Rapport du nom Brundtland ou la définition claire et simple du développement durable

L’Organisation des Nations-Unies décide en 1983 de créer une Commission mondiale pour l’environnement et le développement (CNUED). C’est à ce moment-là qu’apparaît la définition de « développement durable », qui induit une réflexion sur le modèle de développement actuel. Il faut penser un processus qui intègre la nature, et qui soit crédible auprès des pays du Nord et du Sud.

Développement durable définition simple : création de la notion

La Première ministre norvégienne de l’époque, Gro Harlem Brundtland, prend la tête de la rédaction du rapport « Notre Avenir à Tous ». Les fondements du concept de développement durable y sont inscrits. Le développement durable est alors défini.

« Un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

 citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987)

Il y a ainsi l’idée de ne pas compromettre les générations futures en surexploitant les services écosystémiques. C’est la responsabilité de la société actuelle : préserver un accès égal aux ressources naturelles. L’auteur allemand du Principe de responsabilité s’exprime à ce sujet : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre ». Autrement dit, tout membre de la société doit pouvoir avoir un accès à la même qualité des ressources naturelles comme l’eau, l’air ou le sol. 

Un Agenda 21 et la définition du développement durable

Le Sommet de la Terre de 1992 établit une base d’action pour le siècle suivant. Des conventions sont décidées, signées et ratifiées. La plus importante est la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), et elle met tout le monde d’accord (elle a été ratifiée par 197 pays). L’ensemble des pays du monde s’entendent pour dire qu’il faut modifier la sombre trajectoire écologique entamée. Il faut réduire les risques induits par les changements climatiques, et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il en va de ce fameux principe de responsabilité.

À partir de ce Sommet, les fameuses « COP », pour Conférence des Parties, débutent. Tous les ans, les pays signataires de la CCNUCC se réunissent et établissent des objectifs communs, pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Développement durable définition simple : frise chronologique

Surtout, c’est durant ce Sommet que se concrétise l’idée de développement durable.  L’Agenda 21 établit un programme d’action selon 27 principes.

👉 En France, on parle non pas d’Agenda 21, mais d’Action 21.

Quels sont les 3 piliers du développement durable ?

Le pilier environnemental

Intégrer la nature au développement, incite à la modération de nos activités : il ne faut pas aller plus vite que la musique, et laisser le temps aux ressources naturelles de se régénérer. Surexploiter un service écosystémique revient à risquer son épuisement. A long terme, c’est un coût écologique mais aussi financier car il faudra investir davantage pour trouver des alternatives (comme l’énergie renouvelable).

Développement durable : pilier environnemental

Le pilier social

Réfléchir à l’aspect social du développement, est assurer une justice entre les personnes. Vous avez autant le droit à une éducation et à la santé, ou l’accès à des biens et services primaires (eau, air ou sol de qualité) que votre voisin. La thèse du développement durable et plus particulièrement du pilier social, est de garantir une répartition équitable des richesses.

Développement durable : pilier social

Le pilier économique

La dimension économique du développement s’attarde sur les externalités négatives des activités humaines. Prenons le cas suivant : imaginez une entreprise qui déverse ses polluants chimiques dans une rivière. Or, ce bien commun que représente la rivière, est également utilisé par un agriculteur pour l’entretien de ses terres. L’entreprise produit donc des externalités négatives. Son activité émet des substances nocives qui génèrent des dégâts environnementaux et sociaux et qui, par conséquent, gênent l’activité de l’agriculteur. Dans le cadre d’un modèle de développement durable, l’entreprise est responsable : il est de son devoir d’inclure l’externalité dans le prix des biens et services qu’elle propose. 

Développement durable : pilier économique

L’idée de cette dimension parmi les piliers du développement durable est d’intégrer aux activités économiques les coûts environnementaux. Les entreprises ont la possibilité de de calculer leur impact environnemental et social, et de la diminuer.

Exemples pratiques de développement durable

La définition du développement durable à l’échelle d’un Etat

L’Accord de Paris en 2015 établit un Agenda 2030 qui expose 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) à atteindre. L’eau, la pauvreté, la paix, la prospérité économique ou l’énergie sont autant de grands axes qui constituent une feuille de route à suivre pour les pays.

En conséquence, le centre de Yale a développé un indice de performance environnemental, l’EPI (Environmental Performance Index) pour calculer la vitalité de l’écosystème d’une nation selon 32 critères, et parmi 180 pays du monde. Avec un score de 82.5, le Danemark est en tête de liste. Les examens environnementaux de l’OCDE l’attestent : la qualité de vie et la satisfaction de la population y sont élevées, tout comme son avancée concernant la décarbonation de son économie. Mais comme tout bon élève, des marges d’amélioration restent possibles. L’examen constate une exposition encore trop élevée de la population urbaine à des particules nocives pour la santé, et une part trop importante du charbon dans sa production énergétique. 

Le développement durable en entreprise

La RSE, quésaco ?

RSE ou DD ? DD ou RSE ? Les entreprises sont des acteurs incontournables de l’économie. La première conférence internationale qui évoquait justement l’importance du secteur privé dans la question du développement durable portait fièrement le nom de « Business, the global sustainability agent ». Elles ont une Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). En bref, la RSE est une déclinaison du développement durable, en entreprise. 

👉 En dehors de la France, on ne parle pas de « DD appliqué » à l’entreprise mais bien plutôt de CSR : « Corporate Social Responsability ». Cette appellation est proche de la notion de RSE car elle signifie qu’une entreprise doit non seulement se soucier de sa performance économique et financière, mais aussi de ses impacts environnementaux et sociaux.

Les 3 piliers du développement durable appliqués aux entreprises

Le développement durable appliqué aux entreprises reprend les 3 piliers évoqués plus haut :

  • La protection du milieu dans lequel est implantée l’entreprise est évidemment essentielle, et se réfère au pilier environnemental ;
  • Traiter de manière égalitaire ses employés et s’assurer des bonnes conditions de travail, correspond au pilier social ;
  • Le pilier économique internalise les externalités produites par l’entreprise en question. Il l’incite à être attentif aux conséquences du processus de production.

La part des entreprises dans l’économie et la société est importante. Lorsqu’elle établit une stratégie RSE, l’entreprise sensibilise et influence ses employés, et par extension les citoyens. À leur tour, ils peuvent modifier leurs gestes quotidiens dans une perspective écologique.

La notion de croissance durable

La date du 26 avril 1986 vous est-elle familière ? Ce jour correspond à la prise de conscience globale du caractère fébrile de nos sociétés. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a introduit l’idée de menace qui pèse sur nos modes de vie. Les conséquences ont été désastreuses tant en termes écologiques, que sanitaires et économiques. Des maladies sont survenues quelques temps après en raison des radiations, qui ont également contaminé l’écosystème local. Le livre La Société du risque d’Ulrich Beck repose sur cette crainte d’avenir catastrophique, et du risque du déclin de l’économie si nous ne concevons pas de nouveau modèle de croissance.

Le juste milieu de la croissance durable

La croissance économique a toujours été perçue de manière positive, comme associée à l’idée de progrès. Dans cette optique, l’idée de décroissance se définit par un effondrement du système. Mais face à la problématique environnementale et au risque encouru dans la poursuite du mythe de la croissance infinie, il faut un juste milieu. Ce milieu (juste ou non, selon les avis) se trouve dans le concept de « croissance durable ». L’économie y est repensée pour que chaque décision soit prise avec un risque quasi-zéro. L’enjeu est d’améliorer des conditions de vie et de la consommation des plus pauvres, tout en réduisant l’empreinte écologique globale.

Le développement durable et sa définition au niveau citoyen

Parce que le développement durable n’est pas uniquement réservé aux États ou aux entreprises, vous avez aussi la possibilité d’agir. Tout le monde peut être un acteur dans la lutte contre le changement climatique. Il existe divers moyens d’action pour préserver la biodiversité et gérer consciencieusement les ressources naturelles (eau, air, sol) que nous utilisons dans la vie de tous les jours. Vous connaissez peut-être déjà certains de ces gestes et les mettez en pratique. Vous pouvez par exemple, limiter votre utilisation de déchets plastiques : à bas les sacs et les gobelets plastiques, et privilégiez des récipients ou des cabas réutilisables, l’achat de produits en vrac ou en grand format. Trier, prendre le vélo quand cela vous est possible, aller vers des biens de consommation plus responsables, etc. Vous avez plusieurs manières d’agir en toute écocitoyenneté.

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Carbo vous propose également de calculer via l’application citoyenne, votre propre empreinte carbone afin de mesurer votre impact. Vos déplacements sont peut-être bas en émission de carbone mais qu’en est-t-il de votre consommation ? Ou inversement, vous aimez beaucoup voyager mais consommez peu ? Bref, vous avez la possibilité de connaître l’impact de votre quotidien sur la planète, et de le réduire.

Le développement durable à la portée de tous

Les piliers du développement durable concernent les États et les entreprises, acteurs économiques incontournables qui ont une portée importante sur la population. Mais ce n’est pas uniquement à l’échelle internationale ou à l’échelle d’entreprises que les principes de développement durable peuvent être appliqués. En tant que citoyen, votre pouvoir d’achat et vos actions ont un impact significatif sur la planète. Tout le monde est en capacité de modifier ses pratiques, pour une gestion pérenne des services écosystémiques. C’est au nom de ce principe de responsabilité, comme évoqué par Hans Jonas, que nous nous devons d’agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. 

Jade Goumard
Content Manager chez carbo
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